Nos VILLES durables

autour de VILLES de Marcel Cohen, GALPA, MALESTROIT, WAÏZATA, BOSTON, OSTENDE, ROME, VENISE

  • Villes

    Marcel Cohen

    « En dépit de leur parenté, ces trois livres ne s'aiment pas beaucoup et le donnent à voir », explique Marcel Cohen à propos de ses trois premiers ouvrages, réunis ici pour la première fois. Depuis longtemps indisponibles en librairie, et accueillis très chaleureusement à leur sortie, ces livres n'en forment pas moins une trilogie. Si chacune des villes dont il est question est bien réelle, elle l'est à sa façon et la manière qu'a l'auteur de les aborder oscille entre le reportage, l'hyperréalisme et une forme de rêve éveillé. Nous assistons ainsi, et tout à la fois, aux tâtonnements d'un jeune écrivain qui cherche sa manière, et aux déambulations d'un homme à la poursuite obstinée de lui-même.

  • Les villes de papier

    Dominique Fortier

    • Grasset
    • 9 Septembre 2020

    Qui était Emily Dickinson  ? Plus d'un siècle après sa mort, on ne sait encore presque rien d'elle. Son histoire se lit en creux  : née le 10 décembre 1830 dans le Massachusetts, morte le 15 mai 1886 dans la même maison, elle ne s'est jamais mariée, n'a pas eu d'enfants, a passé ses dernières années cloîtrée dans sa chambre. Elle y a écrit des centaines de poèmes - qu'elle a toujours refusé de publier. Elle est aujourd'hui considérée comme l'une des figures les plus importantes de la littérature mondiale.
     
    À partir des lieux où elle vécut - Amherst, Boston, le Mount Holyoke Female Seminary, Homestead -, Dominique Fortier a imaginé sa vie, une existence essentiellement intérieure, peuplée de fantômes familiers, de livres, et des poèmes qu'elle traçait comme autant de voyages invisibles. D'âge en âge, elle la suit et tisse une réflexion d'une profonde justesse sur la liberté, le pouvoir de la création, les lieux que nous habitons et qui nous habitent en retour. Une traversée d'une grâce et d'une beauté éblouissantes.
    Prix Renaudot essai 2020

  • Je passe ma convalescence à Ostende, immobilisé dans un fauteuil roulant, après avoir été victime d'un attentat. Les travaux qui ont commencé sur le toit du casino bouchent progressivement la vue de ma fenêtre. Le jour n'entre quasiment plus dans l'appartement, mon horizon se scelle, le paysage disparaît irrémédiablement.

    Création aux Bouffes du Nord le 12 janvier 2021.

  • Aurelio Picca est un amoureux de Rome, mais la Rome qu'il aime n'a rien à voir avec celles des guides de voyage et du tourisme de masse : c'est la Rome des bas-fonds, celle où les garçons des rues côtoient les prostituées dans des bars louches, où les malfrats disparaissent dans les ruelles, où les conflits se règlent parfois en assassinats aux yeux de tous.
    Aurelio Picca arpente sa ville et voyage dans ses souvenirs : on lira dans L'Arsenal de Rome détruite le récit de nuits passées dans le quartier de l'EUR, le portrait de quelques criminels qu'il a croisés et avec qui, parfois, il est devenu ami. C'est un ouvrage fourmillant d'anecdotes où se découvre l'envers de la Ville éternelle : une cité brinquebalante, à la fois maîtresse et amante, lumineuse et sale. L'auteur y démontre qu'il a bien mérité son surnom de « Henry Miller des Castelli Romani ».

  • Un jeune homme arrive au creux de l'hiver dans une ville encerclée par la mer pour faire l'inventaire de l'oeuvre d'une traductrice célèbre qui s'y est installée. Les détails du quotidien de cette femme - ses habits en tas sur son lit, un vernis à ongle dans la porte de son frigo, deviennent aussi importants que l' « océan de feuillets manuscrits, piles de lexique et carnets de travail ». Peu à peu le jeune homme, dans sa solitude et sa fascination pour la traductrice, s'associe à elle au point que leurs gestes et pensées se confondent. Vertigineuse expérience intérieure pour lui. Un jour de marée et de pluie de fin du monde termine ce roman dont la lumière douce et floue, l'eau noire et épaisse omniprésente, le ciel en ciment, envoûtent le lecteur grâce à une tension permanente.



    Né en 1988, Bruno Pellegrino vit et travaille à Lausanne. Là-bas, août est un mois d'automne est son premier roman, récompensé notamment par le Prix des libraires Payot, les prix Alice Rivaz, Écritures et spiritualités, et le prix François Mauriac de l'Académie française. Avec Aude Seigne et Daniel Vuataz, il a cosigné la série littéraire Stand-by (deux saisons, publiés aux éditions Zoé en 2018 et 2019).

  • Comme dans le précédent volume de Détails, qu'il complète et prolonge, l'auteur explore les mille petits riens sur lesquels nous faisons journellement l'impasse. Qu'il s'agisse des rayures du zèbre, d'une nuit aux urgences d'un hôpital, d'une larve de papillon dans le carnet de travail d'un poète, d'un chalutier arraisonné par un sous-marin ennemi pendant la Première Guerre mondiale, de la vétusté des ascenseurs new-yorkais ou d'une petite fille faisant des pâtés de sable, l'auteur témoigne d'un sens tout à fait unique de l'observation, de l'introspection et de l'Histoire. En faisant du détail, et de faits avérés, un passage obligé, il renverse le point de vue habituel et réveille singulièrement le regard et la pensée du lecteur.

  • "Je sais bien que les objets familiers sont synonymes d'aveuglement : nous ne les regardons plus et ils ne disent que la force de l'habitude. Mais le coquetier, dans le placard à vaisselle, et ne serait-ce que de façon très épisodique, a eu bien des occasions de susciter quelques bouffées de tendresse à l'égard de Marie. Je me dis qu'on ne conserve pas un objet aussi modeste, et aussi défraîchi, pendant soixante-dix ans sans de sérieuses raisons." Marcel Cohen. Prix Wepler- Fondation La Poste 2013

  • Détails ; faits

    Marcel Cohen

    Détails qui s'inscrit dans le prolongement de la trilogie des Faits (publiée entre 2002 et 2010), témoigne une nouvelle fois chez l'auteur, mais sous un angle légèrement différent, du sens tout à fait unique de l'observation, de l'introspection et de l'Histoire. En faisant du détail d'un paysage, d'une situation, d'une oeuvre d'art, l'essentiel, il renverse le point de vue habituel et réveille singulièrement le regard et la pensée de son lecteur.

  • À une terrasse de café, un homme s'interroge sur l'étrange résonance des talons féminins. Un écrivain ne peut travailler que dans sa chambre noire de photographe amateur. Une femme de soldat s'inquiète, contre toute logique, des bonnes nouvelles qu'elle reçoit du front. Un peintre et un saxophoniste new-yorkais échangent leur montre. Une colombe ne quitte le chapeau d'un prestidigitateur que pour disparaître à jamais. Des informations très précises nous renseignent sur l'élevage intensif du porc comme sur la genèse du K. 540 de Mozart.
    Tels sont quelques-uns des thèmes abordés dans ce dernier volume de la trilogie commencée avec Faits (Lecture courante à l'usage des grands débutants) et poursuivie avec Faits, II. De chapitre en chapitre, de fait en fait, le lecteur, pas plus que dans les volumes précédents, ne peut imaginer où le mènera l'auteur. En ce sens, ouvrir Faits, III est bien une aventure. On peut voir dans ces pages denses, souvent réduites au strict énoncé de faits aisément vérifiables, une incapacité, ou une répugnance, à ordonner un récit selon les critères habituels de la narration. La prolifération des thèmes abordés dans les 275 chapitres de cette trilogie, la multiplicité des lectures possibles, les notes en fin de volume, inhabituelles dans des ouvrages littéraires et qui témoignent d'une volonté de regarder notre époque au plus près, font de ces trois livres une entreprise et une aventure littéraires en tout point singulières.

  • Dans Le grand paon-de-nuit, comme dans les deux titres repris dans ce volume, on peut se demander s'il s'agit bien de prose, et non pas plutôt de poésie.
    En lisant ces textes brefs, souvent fulgurants, on se demande même si Marcel Cohen ne nous livre pas des sujets de nouvelles, ou des réflexions, qui ne gagneraient rien à être développés. Chez un auteur qui se contente souvent de rapporter des Faits, comme dans la trilogie du même nom, on touche sans doute là l'essentiel : au fil de ces pages d'un laconisme extrême, ce qui nous captive c'est, finalement, notre rôle de lecteur : peut-être nous revient-il, et à nous seul, d'écrire le volume que nous tenons entre les mains. Le plus important, semble nous dire l'auteur, s'écrit dans le blanc de la page, le lecteur est adulte, et il a toujours raison.

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