Annick Demouzon

  • La photographie sert de cadre et de révélateur aux quatorze histoires, individuelles ou familiales, qui composent ce recueil où plane une angoisse diffuse. Les situations en sont souvent ordinaires, renvoyant à la vie courante, aux occupations et préoccupations de chacun. Les personnages, du petit enfant au vieil homme, du citadin au paysan, du retraité au vacancier, se rencontrent, fuient, se perdent, se retrouvent, espèrent ou désespèrent, en sachant ou éprouvant, fut-ce confusément, le prix de l'existence. Toujours surprenant, caractérisé par une écriture rapide, nerveuse, déliée, qui court au but, sans s'appesantir, sans tirer à la ligne, le recueil joue sur l'ambiguïté, le décalage, les préjugés du lecteur, sème des fausses pistes et entraîne, par dévoilement progressif, vers une chute inattendue, chaque fois empreinte d'une grande humanité. Quatorze puzzles à reconstituer ; quatorze interrogations drôles, cruelles ou tendres sur la vie.


  • PISSER DANS UN VIOLON
    S'ingénier à provoquer des choses impossibles ou qui ne se produiront pas. Perdre son temps.
    Quand le sentiment d'impuissance prédomine, quand on ne voit plus que des moulins à vent sur la ligne d'horizon, quand personne d'autre que soi n'entend les sirènes mordre les villes ou traverser les campagnes vides, quand les pétitions, les manifestations et les révoltes ne servent plus à rien, quand on brasse toujours le même renfermé.
    Pisser dans un violon jusqu'à la dernière goutte pour abreuver une autre solution, lointaine, imprévisible, pisser dans un violon pour faire tourner la roue, pour découvrir l'interrupteur caché derrière la roche et les portes scellées. Pisser dans un violon pour allumer la mèche et révéler le monde.

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    Au sommaire : 10 textes courts qui ne changeront rien au cours immuable des choses.

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