Dominique Garand

  • Vérité ou fiction? Une grande majorité des oeuvres littéraires auxquelles nous sommes exposés tiennent de l'histoire inventée. Pourtant, nous nous arrêtons rarement à questionner la valeur intrinsèque de tels récits relativement à ceux qui sont ancrés dans le réel. Une histoire fictionnelle a-t-elle moins de valeur qu'une « véritable » ou, au contraire, davantage? Et que dire de ces romans semi-biographiques qui brouillent les cartes? L'Inconvénient se penche sur ces questions dans un dossier intitulé « À quoi sert la fiction? » qui fait la part belle aux articles de fond, accompagnés d'un entretien avec Carl Bergeron. Le numéro 66 de la revue poursuit également son travail d'ouverture à la diversité des médiums d'expression culturelle en inaugurant trois nouvelles chroniques, celle de Stanley Péan sur le jazz, celle de Thomas Hellman sur la musique populaire, et enfin celle de Samuel Cantin sur la bande dessinée.

  • Cet hiver, la revue L'Inconvénient propose un dossier sur l'art (presque perdu) du dialogue. Au coeur du dossier, retrouvez des essais entre autres sur la polémique, la notion de dialogue, la tolérance ou quoi dire (ou ne pas dire). Lisez aussi « Crise des médias : pour un retour de l'audace », un entretien avec Marie-France Bazzo. Les chroniques de Julie Mazzieri, Vincent Lambert, Robert Lévesque et Patrick Nicol sont au rendez-vous, ainsi que les rubriques cinéma, série télé et littérature. Dans la rubrique Jazz, découvrez Mary Lou Williams et dans la rubrique BD, de nouveaux aphorismes inédits de Cioran. Du côté de la rubrique Peinture, lisez un retour sur l'événement Pictura : Pleins feux sur la peinture à Montréal, présenté durant les mois de novembre et décembre 2020.

  • Qu'est-ce qui apparaît? Qu'est-ce qui disparaît? Quels papillons? Quelle enfance? Quels fantômes? Qu'est-ce qui ainsi survit et survient? Quel rôle donner à l'écriture dans ce travail sur la lisibilité? Telles sont les questions qui dirigent ce dossier sur le philosophe et historien de l'art Georges Didi-Huberman. « Essayer voir », l'expression de Beckett magistralement reprise dans le titre de l'un essai de ce dernier paru en 2014, était une invitation, un défi qui s'est prolongé dans ce dossier selon l'esprit de liberté qui fait consensus à propos de l'homme. Un entretien exclusif avec Didi-Huberman et des textes de Georges Leroux, Sylvano Santini, Julien Lefort-Favreau, Pierre Lavaud, Alexis Lussier, Vincent Lavoie, Katrie Chagnon, Isabelle Décarie et Ginette Michaud, entre autres, sont réunis sous la direction de Guylaine Massoutre et Manon Plante.

  • La rhétorique de l'engagement, quand elle sous-tend l'affirmation d'un investissement personnel de l'auteur / énonciateur ou s'en démarque, retient notre attention, tant dans ses manifestations que dans ses effets; il s'agit d'en préciser les contours et de l'illustrer au moyen des contextes littéraires qui lui sont favorables, tout en laissant une part aux postures hybrides ou mitigées - celles qui interviennent entre l'engagement et le refus d'adhésion, relevant ainsi du désengagement -, et qui ne sont pas moins importantes dans le jeu de places des énonciateurs. Ces pratiques discursives se nourrissent des thèses que l'écrivain endosse et autour desquelles il souhaite rallier; il reste à voir comment l'écriture se les approprie, misant sur l'argumentatif ou l'ouverture créative, la ferveur ou le décrochage, l'allégeance ou la connivence, à moins que ne s'immisce la subversion. Les auteurs ici rassemblés montrent la complexité de l'engagement littéraire par l'écriture, « en » écriture. L'engagement n'est pas tant un contenu étiqueté et brandi qu'une forme façonnée par une subjectivité en tension dans ce rapport au monde qui tient à s'affirmer.

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