Elisabeth Roudinesco

  • Le déboulonnage des statues au nom de la lutte contre le racisme déconcerte. La violence avec laquelle la détestation des hommes s'affiche au coeur du combat féministe interroge. Que s'est-il donc passé pour que les engagements émancipateurs d'autrefois, les luttes anticoloniales et féministes notamment, opèrent un tel repli sur soi ?
    Le phénomène d'« assignation identitaire » monte en puissance depuis une vingtaine d'années, au point d'impliquer la société tout entière. En témoignent l'évolution de la notion de genre et les métamorphoses de l'idée de race. Dans les deux cas, des instruments de pensée d'une formidable richesse - issus des oeuvres de Sartre, Beauvoir, Lacan, Césaire, Said, Fanon, Foucault, Deleuze ou Derrida - ont été réinterprétés jusqu'à l'outrance afin de conforter les idéaux d'un nouveau conformisme dont on trouve la trace autant chez certains adeptes du transgenrisme queer que du côté des Indigènes de la République et autres mouvements immergés dans la quête d'une politique racisée.
    Mais parallèlement, la notion d'identité nationale a fait retour dans le discours des polémistes de l'extrême droite française, habités par la terreur du « grand remplacement » de soi par une altérité diabolisée : le migrant, le musulman, mai 68, etc. Ce discours valorise ce que les identitaires de l'autre bord récusent : l'identité blanche, masculine, virile, colonialiste, occidentale.
    Identité contre identité, donc.
    Un point commun entre toutes ces dérives : l'essentialisation de la différence et de l'universel. Élisabeth Roudinesco propose, en conclusion, quelques pistes pour échapper à cet enfer.

    Historienne, Élisabeth Roudinesco est l'auteur de livres qui ont fait date sur l'Histoire de la psychanalyse en France, Jacques Lacan, Sigmund Freud (Prix Décembre 2014), la famille, etc. Elle est traduite dans le monde entier.

  • Après des décennies de commentaires apologétiques et de dénonciations violentes, nous avons bien du mal aujourd'hui à savoir qui était vraiment Sigmund Freud.Or, depuis la publication des dernières synthèses de référence, de nouvelles archives ont été ouvertes aux chercheurs, et l'essentiel de la correspondance est désormais accessible. L'occasion était d'autant plus belle d'y revenir qu'il restait beaucoup à dire sur l'homme et son oeuvre.Le fondateur de la psychanalyse est d'abord un Viennois de la Belle-Epoque, sujet de l'empire austro-hongrois, héritier des Lumières allemandes et juives. Quant à la psychanalyse elle-même, elle est le fruit d'une entreprise collective, d'un cénacle romantique au sein duquel Freud aura donné libre cours à sa fascination pour l'irrationnel, les sciences occultes, transformant volontiers ses amis en ennemis, à la fois Faust et Mephisto. Penseur de la modernité mais conservateur en politique, il n'aura cessé d'agir en contradiction avec son oeuvre, toujours au nom de la raison et des Lumières.Le voici en son temps, dans sa famille, entouré de ses collections, de ses femmes, de ses enfants, de ses chiens, le voici enfin en proie au pessimisme face à la montée des extrêmes, pris d'hésitations à l'heure de l'exil à Londres, où il finira sa vie.Le voici dans notre temps aussi, nourrissant nos interrogations de ses propres doutes, de ses échecs, de ses passions.Historienne, directrice de recherches à l'Université de Paris-VII. Elisabeth Roudinesco est l'auteur de plusieurs livres qui ont fait date, notamment Histoire de la psychanalyse en France, Jacques Lacan. Esquisse d'une vie, histoire d'un système de pensée, Dictionnaire de la Psychanalyse (avec Michel Plon).

  • La Guerre des étoiles, Titanic, l'imaginaire des contes et légendes, le rêve, le comportement des animaux : c'est en s'immergeant dans l'univers mental des adolescents d'aujourd'hui que la meilleure spécialiste française de la psychanalyse et de son histoire donne corps à une réalité que l'on ne voit pas mais qui n'en détermine pas moins nos manières de vivre.Une grande réussite pédagogique.Historienne, Élisabeth Roudinesco est l'auteur de plusieurs livres qui ont fait date, notamment Histoire de la psychanalyse en France, Jacques Lacan, Dictionnaire de la psychanalyse et Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre (Prix Décembre, 2014).

  • Jacques Lacan continue de faire l'objet des interprétations les plus extravagantes, tantôt idole, tantôt démon. Mais l'époque héroïque de la psychanalyse, elle, a pris fin. Nous vivons l'éclosion des psychothérapies, mille et une façons d'apaiser les souffrances en vertu de pratiques toujours plus réglementées. Rappeler, dans ces conditions, ce que fut la geste lacanienne, c'est se souvenir d'une aventure intellectuelle qui tint une place fondatrice dans notre modernité. Car si Lacan se situa à contre-courant de bien des espérances de l'après-68, il en épousa les paradoxes, au point que ses jeux de langage et de mots résonnent aujourd'hui comme autant d'injonctions de réinstituer la société. Retour sur sa vie, son oeuvre, ce qu'elle fut, ce qu'il en reste, avec pour guide sa meilleure spécialiste.

  • Les changements chez l'adolescent occupe le devant de la scène familiale et sociale. Voici un livre qui donne les conseils pratiques pour faire face à ces transformations. Mais surtout il révèle, en termes clairs, aux parents, aux professionnels et aux adolescents eux-mêmes, tous les mécanismes psychologiques intimes, qui en sont à l'origine.Pourquoi consacrer tant de temps à la cure par la parole quand les médicaments, parce qu'ils agissent directement sur les symptômes des maladies nerveuses et mentales, donnent les résultats plus rapides ? Les théoriciens du cerveau machine n'ont-ils pas en outre réduit en cendre les chimériques constructions freudiennes ? Dans ces conditions, la psychanalyse a-t-elle un avenir ?C'est à ces trois questions qu'Elisabeth Roudinesco répond dans cet essai combatif, informé, résolument critique des prétentions contemporaines à convertir la science en religion et à regarder l'homme comme un automate. Les médicaments ? Chacun sait que la France fait grande consommation de psychotropes pour soigner l'angoisse, la dépression, la folie, les névroses, et on ne saurait nier leur efficacité. Faut-il pour autant réduire la pensée à un neurone et confondre le désir avec une sécrétion chimique ?
    Historienne, directeur de recherches à l'université de Paris-VII, vice-présidente de la Société internationale d'histoire le la psychiatrie et de la psychanalyse, Elisabeth Roudinesco a publié ses derniers livres chez Fayard. Notamment : Jacques Lacan, Esquisse d'une vie, histoire d'un système de pensée (1993), Histoire de la psychanalyse en France, 2 vol. (rééd.1994), Généalogies (1994), et, avec Michel Plon, Dictionnaire de la psychanalyse (1997).

  • Que signifie être juif et qu´est-ce qu´un antisémite ? Pourquoi faut-il que, périodiquement, l´énigme attachée à l´identité des fondateurs du premier monothéisme soit l´objet de telles passions ? Pour bien distinguer, d´abord, l´antijudaïsme médiéval (persécuteur) de l´antijudaïsme des Lumières (émancipateur) quand d´aucuns, aujourd´hui, prétendent identifier le second au premier : tous antisémites, affirment-ils, de Voltaire à Hitler. Pour passer ensuite en revue les grandes étapes de la constitution de l´antisémitisme en Europe. Puis, pour assister, entre Vienne et Paris, à la naissance de l´idée sioniste - et à sa réception dans les pays arabes et au sein de la diaspora.
    Une idée, trois légitimités. "Juif universel" contre "Juif de territoire", tel est désormais le couple autour duquel s´organise le débat, auquel Freud et Jung apportent une contribution décisive. Le voici bientôt relancé après la création de l´Etat d´Israël (1948) et le procès Eichmann (1961), tandis que gagne souterrainement l´idée que le génocide serait pure invention des Juifs.
    Et pour finir, ceci : comment expliquer la multiplication, depuis dix ans, des procès intellectuels et littéraires en antisémitisme ?

  • J'ai choisi de rendre hommage à six philosophes français - Canguilhem, Sartre, Foucault, Althusser, Deleuze et Derrida - dont l'oeuvre est connue et commentée dans le monde entier, et qui ont eu pour point commun, à travers leurs divergences, leurs disputes et leurs élans complices, de s'être confrontés, de façon critique, non seulement à la question de l'engagement politique mais à la conception freudienne de l'inconscient. Ils furent tous des stylistes de la langue, passionnés d'art et de littérature.

    C'est bien parce qu'une telle confrontation est inscrite dans leurs oeuvres et dans leur vie qu'ils peuvent être réunis ici. Ils ont tous refusé, au prix de ce que j'appellerai une traversée de la tourmente, d'être les serviteurs d'une normalisation de l'homme, laquelle, dans sa version la plus expérimentale, n'est qu'une idéologie de la soumission au service de la barbarie.

    Loin de commémorer leur gloire ancienne ou de m'attacher avec nostalgie à une simple relecture de leurs oeuvres, j'ai tenté de montrer, en faisant travailler la pensée des uns à travers celle des autres, et en privilégiant quelques moments fulgurants de l'histoire de la vie intellectuelle française de la deuxième moitié du XXe siècle, que seule l'acceptation critique d'un héritage permet de penser par soi-même et d'inventer une pensée à venir, une pensée pour des temps meilleurs, une pensée de l'insoumission, nécessairement infidèle.

  • Née paysanne en 1762 dans l’Ardenne belge, Théroigne est l’une des plus belles figures de la Révolution : demi-mondaine entretenue par un marquis jaloux à la veille de l’ouverture des États- Généraux, elle se construit, à la faveur du combat pour la liberté, une identité nouvelle, ouvre un salon à Paris et fonde une société patriotique. La presse royaliste fait d’elle alors une libertine sadienne, que l’on accuse d’espionnage. En 1792, au sommet de sa gloire, elle réclame la levée de "bataillons d’amazones" pour combattre les monarchies aux frontières. En pleine Terreur, le délire s’empare d’elle : la folie la sauvera de la guillotine. Internée jusqu’à sa mort en 1817, elle deviendra pour la médecine un grand cas de mélancolie, tandis que Baudelaire, Michelet et plus tard Sarah Bernhardt chanteront sa légende.Cette première grande biographie critique de l’une des pionnières du féminisme, fondée sur des sources inédites, fut l’un des succès des commémorations du Bicentenaire de la Révolution française.Nouvelle édition, avec une préface et une postface inédites.

  • Déconstruite, recomposée, monoparentale, homoparentale artificiellement engendrée, la famille occidentale est aujourd'hui soumise à un grand désordre d'où découleraient, nous explique-t-on, bien des catastrophes : les enfants violeurs et violés, les professeurs malmenés, les banlieues livrées à la délinquance. Notre époque génère ainsi une profonde angoisse : désorientée par la perte d'autorité du père, mutilée par la libéralisation des moeurs, bousculée par la précarité propre à l'économie moderne, la famille nous apparaît de moins en moins capable de transmettre les valeurs qu'elle a longtemps incarnées. Or, jamais en même temps elle n'a été autant revendiquée comme le lieu par excellence de l'épanouissement individuel.
    Puisque le père n'est plus le père, que les femmes maîtrisent la procréation et que les homosexuels ont la possibilité de se faire une place dans le processus de la filiation, la famille n'est-elle pas finalement condamnée et avec elle la possibilité pour chacun de nous de se construire comme sujet ?
    C'est à comprendre l'origine de ce désordre, à percer le secret de ces troubles et à imaginer l'avenir qu'est consacré ce livre.

    Historienne, chargée de conférences à l'Ecole pratique des hautes études (IVe section), Elisabeth Roudinesco a publié ses derniers livres chez Fayard.
    Notamment : Jacques Lacan. Esquisse d'une vie, histoire d'un système de pensée (1993), Histoire de la psychanalyse en France, 2 vol. (rééd. 1994), Dictionnaire de la psychanalyse (en coll. avec Michel Plon, 1997 et 2000), et, avec Jacques Derrida, De quoi demain...Dialogue (2001).

  • Un brlot est publi, qui dnonce l'affabulation freudienne . Sigmund Freud serait un homme cupide, menteur, phallocrate, homophobe, incestueux, pervers, fasciste, perscuteur de son peuple (les Juifs), un pseudo-savant dont il conviendrait de dnoncer enfin les mfaits. Et pourquoi ne pas l'crire si cela est vrai ? Mais le brlot est truff d'erreurs, il vhicule de fort anciennes rumeurs (et de bien mchantes lgendes), il n'tablit rien. Et l'affabulation freudienne apparat bientt pour ce qu'elle est : la pure affabulation de l'auteur du brlot. Voici les pices du dossier. Historienne, directrice de recherches l'universit de Paris-VII, Elisabeth Roudinesco est l'auteur de nombreux livres qui ont fait date. A sa propre analyse, elle a joint les contributions de Guillaume Mazeau, Christian Godin, Franck Lelivre, Pierre Delion et Roland Gori.

  • J'ai choisi pour thème « L'analyse, l'archive », évoquant ainsi en un même mot l'analyse des textes et le processus de la cure psychanalytique. L'analyse, l'archive, et non pas « psychanalyse de l'archive » ou « archive de la psychanalyse ». Le lien entre les trois conférences n'est pas apparent au premier abord ; pourtant, entre « Le pouvoir de l'archive », « Le stade du miroir » et « Le culte de soi et les nouvelles formes de souffrances psychiques », un fil rouge existe. Si, comme on le verra, le pouvoir de l'archive est d'autant plus fort que l'archive est absente, il existe bien un lien entre la première et la deuxième conférence. En effet, la théorie lacanienne du stade du miroir s'est développée depuis 1936 en se fondant sur une conférence dont le contenu a disparu : une conférence introuvable, retirée par son auteur des actes d'un congrès international qui se tenait à Marienbad. Par la suite, ce texte a dû sa place aux traces qu'il a laissées dans l'ensemble du corpus lacanien, c'est-à-dire à des fragments déposés par Lacan çà et là, puis reconstitués par l'historien, par moi en l'occurrence, à partir de témoignages et de notes. Quant à la question du culte de soi, elle a trait à la fois à l'archive et à la psychanalyse et, plus précisément, à l'émergence, durant le dernier quart du XXe siècle, d'une « archive de soi », d'un culte du narcissisme mettant au premier plan, contre et au-delà de la cure psychanalytique, une pratique de l'autoanalyse ou de l'autothérapie, fondée sur une valorisation de l'image de soi. Or, Lacan en avait saisi la dialectique dans sa fameuse conférence de 1936 sur « le stade du miroir ». Voilà donc le fil rouge qui unit ces trois interventions.

  • Dans ce livre, je raconte mes origines, mon enfance, ma formation intellectuelle, ma rencontre avec les maîtres qui m'ont donné le goût de la recherche: Gilles Deleuze, Michel de Certeau, Louis Althusser, d'autres encore. Au-delà de l'exposé de la méthode qui m'a permis de collecter les archives nécessaires à mes travaux sur le freudisme, j'ai l'impression de témoigner pour une génération: celle qui trouva dans le structuralisme, dans cette alliance particulière de la littérature, de la linguistique, de la philosophie et du marxisme, de quoi alimenter un engagement distinct de celui de Sartre.
    J'ai prolongé ce travail généalogique par un développement consacré à la genèse du troisième volume de l'histoire de la psychanalyse en France: Jacques Lacan. Esquisse d'une vie, histoire d'un système de pensée. J'y explique l'état de l'historiographie freudienne dans le monde, les difficultés posées par le traitement des archives, la crise des institutions psychanalytiques et le développement d'un courant " révisionniste " lié en partie à la question américaine de la political correctness, du culte des minorités, de l'anti-universalisme. J'y réponds aussi aux critiques qu'a inspirées cet ouvrage et aux questions toujours plus personnelles qui m'étaient posées dans les débats consacrés à la place de ce maître paradoxal dans la descendance des interprètes de la découverte de l'inconscient.
    En contrepoint, ce livre propose une chronologie du freudisme depuis le 6 mai 1856, date de la naissance de Sigmund Freud, jusqu'à nos jours. On y trouve, année après année, les événements qui ont marqué l'histoire de la psychanalyse dans le monde, immergés dans l'histoire générale, politique et intellectuelle. Ces annales, qui dépouillent le freudisme de ses légendes et de ses rumeurs, forment la trame à partir de laquelle j'ai rédigé les 2500 pages de mes travaux sur la question.
    Historienne, docteur ès lettres, Elisabeth Roudinesco est directeur de recherche à l'université de Paris-VII, chargée de conférences à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, vice-présidente de la Société internationale d'histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse.

  • O commence la perversion, et qui sont les pervers ? Est rput tel, depuis
    l'apparition du mot au Moyen-ge, celui qui jouit du mal et de la destruction
    de soi ou de l'autre. Mais si l'exprience de la perversion est universelle,
    chaque poque la considre et la traite sa faon. L'histoire des pervers en
    Occident est ici raconte travers grandes figures emblmatiques, depuis
    l'poque mdivale (Gilles de Rais, les mystiques, les flagellants) jusqu' nos
    jours (le nazisme au XXe sicle, les types complmentaires du pdophile et du
    terroriste aujourd'hui), en passant par le XVIIIe sicle (Sade) et le XIXe
    (l'enfant masturbateur, l'homosexuel, la femme hystrique). Notre poque, qui
    croit de moins en moins l'mancipation par l'exercice de la libert humaine,
    et pas davantage au fait que chacun d'entre nous recle sa part obscure, feint
    de supposer que la science nous permettra bientt d'en finir avec la
    perversion. Mais qui ne voit qu'en prtendant l'radiquer, nous prenons le
    risque de dtruire l'ide d'une possible distinction entre le bien et le mal,
    qui est au fondement mme de la civilisation ?

    Historienne, directrice de recherches l'universit de Paris-VII, lisabeth
    Roudinesco est l'auteur de plusieurs livres qui ont fait date, notamment
    Histoire de la psychanalyse en France, Jacques Lacan, Dictionnaire de la
    psychanalyse (en collaboration avec Michel Plon), Pourquoi la psychanalyse ? et
    La Famille en dsordre.


  • What does it mean to be Jewish? What is an anti-Semite? Why does the enigmatic identity of the men who founded the first monotheistic religion arouse such passions?
    We need to return to the Jewish question. We need, first, to distinguish between the anti-Judaism of medieval times, which persecuted the Jews, and the anti-Judaism of the Enlightenment, which emancipated them while being critical of their religion. It is a mistake to confuse the two and see everyone from Voltaire to Hitler as anti-Semitic in the same way. Then we need to focus on the development of anti-Semitism in Europe, especially Vienna and Paris, where the Zionist idea was born. Finally, we need to investigate the reception of Zionism both in the Arab countries and within the Diaspora.
    Re-examining the Jewish question in the light of these distinctions and investigations, Roudinesco shows that there is a permanent tension between the figures of the `universal Jew' and the `territorial Jew'. Freud and Jung split partly over this issue, which gained added intensity after the creation of the State of Israel in 1948 and the Eichmann trial in 1961. Finally, Roudinesco turns to the Holocaust deniers, who started to suggest that the Jews had invented the genocide that befell their people, and to the increasing number of intellectual and literary figures who have been accused of anti-Semitism.
    This thorough re-examination of the Jewish question will be of interest to students and scholars of modern history and contemporary thought and to a wide readership interested in anti-Semitism and the history of the Jews.

  • Les années Freud racontent l'histoire de l'introduction de la psychanalyse en France : la rencontre de Freud et de Charcot, la découverte de l'hystérie, la fondation à Vienne du premier Cercle freudien, l'essor international du mouvement et, en contrepoint, l'aventure des grands pionniers français. Les années Lacan relatent l'évolution de la psychanalyse au sein de la culture française à partir de 1925, et l'émergence de la deuxième implantation du freudisme dans ce pays autour de la personnalité de Jacques Lacan. Histoire de la psychanalyse en France, Fayard, 1994

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Dans l'Inconscient et ses lettres, la question de l' « auteur » est cernée dans la dimension du fantasme dont la logique donne aux termes illusion, reflet, double, etc., un statut propre. Le fantasme d'auteur, fait corps avec le texte littéraire, et se saisit dans un lieu de l'Imaginaire, où la « création » fonctionne à la contrainte entre rêve et fantasme. S. Freud, R. Roussel, B. Péret, B. Brecht, et les cinéastes A. Hitchcock et D. Vertov, sont parties prenantes dans ce débat, où le concept freudien d'identification est confronté à la catharsis, à la distanciation, et au projet d'une théorie matérialiste prolétarienne de la perception qui, de Bogdanov à Mao Tse-tung renvoie au problème de la révolution culturelle.

  • Lors du procès monté à Leipzig en 1933, le révolutionnaire bulgare Georges Dimitrov, l'un des dirigeants de l'Internationale Communiste, est accusé par les nazis de l'incendie du Reichstag. La machination s'effondre. L'accusé devient l'accusateur. Dimitrov ne joue pas le jeu de l'ordre juridique. Il développe une stratégie de détournement politique. Le prétoire n'est plus le centre d'une compétition, d'un « duel » ou le lieu d'une « preuve ». Ce prologue en forme de parabole introduit à la conception d'une politique de la psychanalyse dont l'enseignement lacanien est, en France, le seul fondement. A travers trois scissions (1953, 1964, 1968-1969), cet enseignement fait de paradoxes qui sont des contradictions, cherche à produire son histoire : celle des « erreurs » d'un mouvement, celle de la « vérité » d'une découverte. Avec le «  Mathème  », issu du séminaire de 1970 (« L'envers de la psychanalyse »), une tendance logicienne s'y fait jour qui risque de réinscrire la psychanalyse dans le champ des sciences humaines, du néo-positivisme et du discours psychiatrique. La réflexion ici proposée trouve son objet dans l'étude critique de ces positions. Elle se poursuit par l'analyse du mouvement anti-psychiatrique dont Maud Mannoni critique l'empirisme et dont Thomas Szasz, dès 1954, avait promu, aux U.S.A., le discours jusqu'à oublier l'essentiel de Freud, l'inconscient, en préférant le Droit à la Politique. Enfin, l'utopie pédagogique trouve ici une mise en cause à travers l'expérience de la poésie des enfants dans l'institution scolaire. La psychanalyse est une pratique. Elle met en oeuvre une politique qui s'appuie sur la découverte de Freud : « Le moi n'est plus maître en sa demeure. » Une politique issue de sa propre recherche et que seules sa pratique et sa théorie mettent en situation dans la lutte des classes, à l'opposé d'une « politisation » commandée par le militantisme. E.R.

  • Our Dark Side

    Elisabeth Roudinesco

    • Polity
    • 21 Octobre 2013

    Where does perversion begin? Who is perverse? Ever since the word first appeared in the Middle Ages, anyone who delights in evil and in the destruction of the self or others has been described as 'perverse'. But while the experience of perversion is universal, every era has seen it and dealt with it in its own way. The history of perversion in the West is told here through a study of great emblematic figures of the perverse - Gilles de Rais, the mystical saints and the flagellants in the middle ages, the Marquis de Sade in the eighteenth century, the masturbating child, the male homosexual and the hysterical woman nineteenth century, Nazism in the twentieth century, and the complementary figures of the paedophile and the terrorist in the twenty-first. The perverse are rarely talked about and when they are it is usually only to be condemned. They are commonly viewed as monstrous and cruel, as something alien to the very nature of being human. And yet, perversion can also attest to creativity and self-transcendence, to the refusal of individuals to submit to the rules and prohibitions that govern human life. Perversion fascinates us precisely because it can be both abject and sublime. Whether they are sublime because they turn to art or mysticism, or abject because they surrender to their murderous impulses, the perverse are part of us because they exhibit something that we always conceal: our own negativity and our dark side.

  • Dans l'Inconscient et ses lettres, la question de l' « auteur » est cernée dans la dimension du fantasme dont la logique donne aux termes illusion, reflet, double, etc., un statut propre. Le fantasme d'auteur, fait corps avec le texte littéraire, et se saisit dans un lieu de l'Imaginaire, où la « création » fonctionne à la contrainte entre rêve et fantasme. S. Freud, R. Roussel, B. Péret, B. Brecht, et les cinéastes A. Hitchcock et D. Vertov, sont parties prenantes dans ce débat, où le concept freudien d'identification est confronté à la catharsis, à la distanciation, et au projet d'une théorie matérialiste prolétarienne de la perception qui, de Bogdanov à Mao Tse-tung renvoie au problème de la révolution culturelle.

  • La chasse aux charlatans est ouverte.

    Depuis que l´Etat a entrepris de contrôler le traitement de la santé psychique en France, les psychiatres, les psychanalystes, les psychologues et les psychothérapeutes s´accusent mutuellement d´être responsables du sentiment d´insécurité qui gagne la cité. Et c´est en vain que la puissance publique cherche à mettre tout le monde d´accord et à rassurer l´opinion en multipliant les procédures d´expertise fondées sur des principes prétendument scientifiques.

    Bref, les professionnels sont en émoi et les patients ne savent plus à quel saint se vouer. Quant à l´Etat, courant après le charlatan un gourdin à la main, il peine à différencier médecines parallèles, sectes, psychothérapies et nouvelles thérapies, au risque de passer bientôt pour un fauteur de troubles.

    Comment en est-on arrivé là et comment en sortir ? Comment concilier le principe de liberté en vertu duquel nous revendiquons de choisir qui nous soigne, et le principe de sécurité au nom duquel nous exigeons d´être protégés des imposteurs ?

  • Voyage au pays de Psyché...
    La psychanalyse est l'une des aventures les plus fortes du XXème siècle, un nouveau messianisme, né à Vienne entre 1895 et 1900, au coeur de la monarchie austro-hongroise et inventé par des Juifs de la Haskala en quête d'une nouvelle terre promise : l'inconscient, la clinique des névroses et de la folie. Phénomène urbain, la psychanalyse est une révolution de l'intime, fondée sur l'actualisation des grands mythes de la Grèce antique. Elle annonce que l'homme, tout en étant déterminé par un destin, peut se libérer de ses chaînes pulsionnelles grâce à une exploration de lui-même, de ses rêves et de ses fantasmes. Une nouvelle médecine de l'âme ? Certes, mais aussi un défi au monde de la rationalité. Cette discipline étrange a été injuriée autant par les religieux fanatiques que par les régimes totalitaires ou les scientistes forcenés, soucieux de réduire l'homme à une somme de circonvolutions cérébrales. Mais elle a été aussi tristement adulée par ses adeptes qui ont souvent contribué à son abaissement à force de jargon.
    Pour ce Dictionnaire amoureux, j'ai adopté le style de la leçon de choses - classer, réfléchir, distinguer, nommer - afin d'éclairer le lecteur sur la manière dont la psychanalyse s'est nourrie de littérature, de cinéma, de théâtre, de voyages et de mythologies pour devenir une culture universelle. J'ai donc traversé des villes et des musées, rencontré des personnages et des thèmes qui me sont familiers et que j'aime particulièrement. De Amour à Zurich, en passant par Animaux, Buenos Aires, La conscience de Zeno, Le deuxième sexe, Sherlock Holmes, Hollywood, Gttingen, Jésuites, La lettre volée, Marilyn Monroe, New York, Paris, Psyché, Léonard de Vinci, etc., on trouvera ici une liste infinie d'expériences et de mots qui permettent de tracer l'histoire et la géographie de cette aventure de l'esprit en permanente métamorphose.

  • « Nous voulons croire, ici et maintenant, qu'au-delà de l'angoisse mortifère, sous laquelle s'obstine à se dire notre société en crise, une représentation de l'avenir rend possible une nouvelle espérance », écrivent Alain Badiou et Elisabeth Roudinesco.
    Avec Lacan, penseur du désordre, l'historienne et le philosophe réinterrogent ici, pour notre temps, la question cruciale des relations entre révolution politique et révolution subjective.

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