Seuil

  • Des gamins contre Staline

    Jean-Jacques Marie

    • Seuil
    • 20 Mai 2022

    « Camarades qui souffrez sous le joug stalino-fasciste ! […] Toutes les libertés démocratiques sont anéanties. Les préceptes de Lénine sont bafoués. Camarades, dressez-vous pour le combat. Anéantissez la bête sauvage Hitler et ensuite renversez Staline ! Vive la grande révolution populaire. »Sous le règne de Staline, et malgré la terreur d’État, des groupes de 4 à 17 gamins, âgés de 10 à 16 ans, se forment, partout en URSS. Souvent au nom de l’idéal léniniste et de la révolution bolchevique, ils critiquent violemment le régime du petit père des peuples. Leurs actions sont modestes : réunions en petits comités, distribution de tracts… Ces jeunes ne semblent pas présenter de grand risque. Ils seront pourtant pourchassés, appréhendés et envoyés au goulag... Qui étaient ces gamins ? Pourquoi effrayaient-ils tant Staline ? Ce livre raconte pour la première fois le sort de ces dissidents en herbe.Grand spécialiste de l’histoire soviétique, Jean-Jacques Marie est notamment le biographe de Lénine, Trotsky, Staline et Béria. Son dernier livre au Seuil, Les Femmes dans la révolution russe (2017), avait été salué par la critique.

  • À la suite du succès de La revanche des nuls en orthographe (70 000 exemplaires vendus), Anne-Marie Gaignard, coach en orthographe et spécialiste des apprentissages, s'attaque à la question de la mémoire dans l'acquisition des savoirs et dans notre vie quotidienne.
    Cataloguée « cancre » durant toute sa scolarité, Anne-Marie a été, comme beaucoup, une élève qui malgré de gros efforts fut incapable de retenir la moindre leçon, comme si sa tête était un égouttoir. Pourtant, dès son premier emploi, elle a réussi à enregistrer facilement une somme prodigieuse de données techniques très précises. Son secret ? Elle regroupe les éléments à retenir par groupe de sept. Elle remarque aussi qu'un certain nombre de techniques toute simples stimulent sa mémoire (maîtriser sa respiration, apprendre en bougeant, classer les contenus et les mémoriser dans le sens des aiguilles d'une montre etc.). Autant d'observations empiriques qu'elle a ensuite confrontées avec des données glanées auprès des meilleurs spécialistes du cerveau.
    Il existe en fait trois types de mémoire (visuelle, auditive, kynesthésique ou du geste). Chacun d'entre nous possède une mémoire de prédilection qu'il faudrait identifier le plus tôt possible pour s'assurer un apprentissage durable. Tout rabâchage oral est par exemple vain pour Anne-Marie dont la mémoire est principalement kynesthésique.
    Grâce aux conseils de l'auteure, vous ne craindrez plus de perdre vos mots en public, et vous retiendrez avec une facilité déconcertante leçons, discours, listes de courses, et poésie selon les besoins qui se présentent à vous.

  • Quel pain voulons-nous ?

    Marie Astier

    • Seuil
    • 1 Septembre 2016

    Le pain est en France le symbole du produit simple et naturel. Qui songerait à demander à son boulanger de justifier la provenance de la farine ou la nature de la levure ?
    Pourtant, la plupart des pains que nous mangeons sont le résultat d'une standardisation dangereuse pour le goût et notre santé. Depuis une dizaine d'années, l'industrialisation s'accélère sous la pression des grands moulins et des nouvelles chaînes de boulangeries.
    Par une série de reportages vivants, Marie Astier explore les coulisses d'un univers méconnu, racontant les acteurs d'une longue chaîne allant du produit fini aux semences de blé. Pour la première fois, elle dresse le panorama des modes anciens et nouveaux de fabrication du pain : manipulations des farines, teneur et dosage du gluten, additifs et mélanges prêts à l'emploi qu'utilisent les boulangers, mais aussi modes de production alternatifs. Avec des surprises, car le mauvais pain n'est pas toujours celui qu'on croit.
    Cette enquête inattendue nous fait découvrir les secrets d'un aliment aussi négligé qu'essentiel. Elle ouvre de croustillante façon le débat sur les nouvelles voies du bien-manger.
    Marie Astier, née en 1987, est l' un des piliers du quotidien en ligne Reporterre. Passionnée par les questions d'alimentation, elle met son métier au service de ses engagements.
    Ce livre est édité en partenariat avec Reporterre, le quotidien de l'écologie sur Internet.
    www.reporterre.net: les solutions et les combats pour protéger l'environnement.

  • Le commerce des regards

    Marie-José Mondzain

    • Seuil
    • 1 Octobre 2009

    Qu'est-ce que voir? Qu'est-ce que dire ce que l'on voit? Qu'est-ce que faire voir? Qui dit ce qu'il faut voir? Cette étude tente de dégager l'économie propre à l'image dans le marché des visibilités auquel tout concourt aujourd'hui à la réduire.
    Toute image ne fait-elle pas le deuil de son objet? Comment se construit la légitimité et le sens du jugement portant sur des objets "iconiques" qui sont des figures émotionnelles? La passion de l'image est indissociable en Occident du destin iconique de la Passion christique. Cette passion ne s'est pas contentée d'articuler l'image à la doctrine de l'incarnation, elle a aussi fait l'objet d'un traitement institutionnel. Le vocabulaire de la chair s'est trouvé lié au lexique du corps de l'Église et, par la suite, à celui de tous les pouvoirs fondés sur l'adhésion et la soumission des regards.
    Décider d'une image est l'affaire d'un commerce, celui des êtres de parole qui ne cessent de faire circuler tous les signes qui produisent un monde commun. L'économie du visible est un choix politique, celui du partage des goûts et des dégoûts, donc des formes sensibles où se jouent les figures de l'amour et de la haine, donc d'une humanité qui reste toujours à construire.

  • Petites cendres ou la capture

    Marie-Claire Blais

    • Seuil
    • 14 Octobre 2021

    Une nuit, au bord de l'Océan, sous les Tropiques. Petites Cendres - travesti métis - vient d'être maltraité, dans son cabaret, par un client vulgaire. Il assiste à une altercation entre un jeune policier blanc et un vieux Noir, Grégoire, qui l'insulte. Un autre jeune policier, sur un magnifique cheval blanc, observe, avec attendrissement, des SDF mourants sur le trottoir et des fêtards qui sortent des clubs. Mark, un étudiant obèse né le jour du 11-Septembre, est persécuté par ses camarades et par des groupes néonazis, les Bandeaux rouges. Un couple élégant - une ancienne artiste et son mari médecin, obsédé par la pandémie du choléra chez les enfants - de passage, au loin. Dans les canaux qui s'avancent de la mer à l'intérieur de la ville, des requins attendent leurs proies...

    Ce roman a été acclamé par la critique québécoise comme le sommet de l'art de Marie-Claire Blais. Le Devoir célèbre « le lyrisme incantatoire et choral » de celle que Radio-Canada définit comme « notre Patti Smith québécoise » et en qui The New Yorker voit « l'un des plus remarquables et originaux auteurs de fiction ».

    Marie-Claire Blais, née en 1939, obtient dès 1966 le prix Médicis pour Une saison dans la vie d'Emmanuel (republié dans la collection « Signatures » de Points). Son oeuvre, couronnée de nombreux prix canadiens et américains, est traduite dans le monde entier. Les éditions du Seuil la publient depuis le premier livre de la saga Soifs. Elle vit à Key West en Floride.

  • Les mots voyageurs ; petite histoire du français venu d'ailleurs

    Marie Treps

    • Seuil
    • 7 Mai 2013

    Comment parlerions-nous français aujourd'hui si nous n'étions un tantinet polyglottes ? Si nous n'avions emprunté du vocabulaire à nos cousins européens – italiens, espagnols, allemands, néerlandais, anglais...
    Si nous devions nous passer de ces mots du bout du monde – persans, amérindiens, asiatiques...
    Ces milliers de mots débarqués dans notre langue, mâchés de bouche en bouche, nous les avons fait nôtres.
    Marie Treps a tenté, au fil des pages, de rendre à chacun sa couleur propre, son parfum singulier. Ces mots migrants, qui ont parfois l'air de bons vieux mots français, ouvrent nos imaginaires à la différence, ils nous rappellent sans cesse qu'ailleurs existe, que l'autre existe.

  • L'épidémie de coronavirus et l'expérience du confinement généralisé ont confronté notre pays à une épreuve inédite et singulière. Fait social total, la propagation du virus a mis à l'arrêt l'économie, bouleversé l'agenda gouvernemental et notre vie quotidienne.
    Durant cette période très particulière, l'IFOP, à l'initiative de Jérôme Fourquet, a réalisé une série d'enquêtes quantitatives visant à donner la mesure du niveau d'inquiétude de la population, du jugement porté par elle sur l'action des pouvoirs publics et de la façon dont ont été appliquées les consignes sanitaires. Mais, parallèlement à cette batterie d'enquêtes inédites, l'institut a également déployé, avec Le Point et la Fondation Jean-Jaurès, un dispositif d'observation au long cours : 33 Françaises et Français de toutes conditions, de tous âges et régions ont été suivis par l'équipe d'enquêteurs pendant plusieurs semaines.

    Comment les Français ont-ils réagi à l'évolution de l'épidémie et quelles sont leurs attentes maintenant ? Cadre télétravaillant depuis l'île de Ré versus caissière aux avant-postes, jusqu'à quel point le confinement a-t-il constitué une épreuve partagée et comment les différences ont-elles été appréhendées ? L'épidémie et le confinement ont-ils raffermi le sentiment d'appartenance collective ou exacerbé les fractures déjà à l'oeuvre ? En d'autres termes, le Covid-19 a-t-il joué le rôle d'antidote ou de révélateur de l'« archipelisation » de la société française ?
    L'état d'esprit dans lequel les Français abordent la nouvelle phase de l'épreuve sanitaire a mûri dans le secret du confinement. Mais c'est bien lui qui déterminera la séquence dans laquelle nous entrons maintenant.

  • L'école peut-elle sauver la démocratie ?

    ,

    • Seuil
    • 27 Août 2020

    On a beaucoup parlé des perdants de la mondialisation ; il est temps de se pencher sur les vaincus de la compétition scolaire. C'est ce que font les deux sociologues François Dubet et Marie-Duru Bellat dans cet essai qui défend l'idée d'une trahison du système scolaire.
    Car si le populisme sonne à nos portes, si les passions tristes comme la haine et le ressentiment fleurissent, c'est aussi parce que l'école n'a pas tenu ses promesses. La massification scolaire qui s'ouvre au début des années 1960 a longtemps été associée à l'espoir d'égalité des chances et de progrès de l'esprit démocratique.
    Or les auteurs démontrent qu'aucun de ces engagements n'a été tenu : l'école a généré de nouvelles formes d'inégalités, plus subtiles. La hausse du niveau de diplômes n'a pas assuré à tous une meilleure insertion professionnelle, et l'ascenseur social donne au contraire le sentiment d'être en panne. Enfin, loin de faire progresser la confiance envers les institutions démocratiques, l'école nourrit chez les perdants de la compétition scolaire le ressentiment : ceux qui pensent que l'école les a méprisés et exclus finissent par rejeter les valeurs démocratiques qu'elle promeut. Le succès de l'autoritarisme, de la démagogie et de l'indifférence politique en témoignent.
    Bref, le long processus de massification scolaire n'a pas eu que des conséquences heureuses. L'identification des progrès de la scolarisation à ceux de la démocratie ne va plus de soi. Il faut donc changer profondément de point de vue sur l'école pour défendre la cohésion sociale et la démocratie.

  • Histoire des Carolingiens ; VIIIe - Xe siècle

    Marie-Céline Isaïa

    • Seuil
    • 25 Février 2014

    Pour comprendre les mécanismes sociaux et idéologiques qui ont porté puis maintenu les Carolingiens au pouvoir, leur histoire est racontée depuis le principat de Charles Martel (années 710) jusqu'au moment où le dernier héritier est écarté du trône (991).
    L'empire carolingien est le cadre spatial de cette histoire, même si elle est écrite du point de vue de la Francie occidentale : c'est là en effet que le gouvernement carolingien expérimente des solutions politiques innovantes et durables, comme les principautés.
    Une initiation indispensable à un chapitre majeur de l'histoire médiévale, avec de nombreux extraits de sources traduites, un lexique, des cartes et des généalogies.
    Ancienne élève de la rue d'Ulm, agrégée et docteur en histoire, Marie-Céline Isaïa est maître de conférences à l'Université Lyon3, et membre du CIHAM-UMR 5648. Elle consacre ses recherches à l'histoire des textes (hagiographie et historiographie) et à l'ecclésiologie en Occident avant le XIIe siècle.

  • Denis Roche ; éloge de la véhémence

    Jean-Marie Gleize

    • Seuil
    • 3 Octobre 2019

    Il ne saurait y avoir de " portrait complet " de Denis Roche. Pourquoi ? En raison de sa mobilité extrême, de la multiplicité des positions qu'il a occupées successivement ou simultanément : écrivain et photographe, éditeur et traducteur, poète et post-poète. Parfait dandy révolté, érudit désinvolte, promeneur solitaire, amoureux absolu, créateur de formes. Il est peu d'œuvre aussi stratégiquement déterminée que la sienne mais en même temps aussi fougueusement improvisée. Ennemi irréductible du lyrisme des " poètes ", il est aussi le plus lyrique des artistes. Le plus radical et le plus véhément. Son influence est décisive, à la mesure de son indifférence à l'exercer. On tente ici d'en restituer tout le plus vif.
    Cette biographie intellectuelle de Jean-Marie Gleize a été récompensée par une mention spéciale du jury Médicis, Denis Roche ayant été à l'origine du prix Médicis essais.
    Une mention spéciale du Jury du prix Médicis a été attribuée à Jean-Marie Gleize pour sa biographie intellectuelle de Denis Roche, initiateur du prix Médicis essais.

  • Image, icone, economie. les sources byzantines de

    Marie-José Mondzain

    • Seuil
    • 25 Octobre 2018

    Il suffit de rappeler le poids des médias aujourd'hui pour convenir que l'image st noter destin. Mais sait-on quand et comment s'est noué ce destin ?
    Ce livre nous fait remonter aux sources mêmes de l'imaginaire contemporain, à la crise de l'iconoclasme byzantin aux VIIIe et Ixe siècles. Cette convulsion historique, qui s'acheva officiellement en 843, mit l'Église en demeure de produire une doctrine philosophique de l'image invisible qui la mette à l'abri de tout soupçon d'idolâtrie, tout en fondant une stratégie pédagogique et politique de l'icône visible au service de son pouvoir temporel. Le concept majeur et étonnamment moderne qui soutient cet immense dispositif est le concept d'économie.
    On ne trouvera pas ici le ton néo-spiritualiste du " tout-à-l'icône ", devenu très en vogue dès qu'on parle d'art, d'image de Dieu, d'image de l'autre ou de la nouvelle face du monde slave.
    Nouvel artefact de la " présence " et des espoirs de salut, l'icône doit retrouver (par-delà les effets de mode) les assises de sa vraie puissance spéculative et politique, celle qui lui vient de la pensée patristique.

  • Soifs

    Marie-Claire Blais

    • Seuil
    • 29 Août 2016

    Décembre 1999. Une île aux abords du golfe du Mexique. Renata est convalescente. Pendant les trois jours et les trois nuits de fête où l'on célèbre la mise au monde d'un enfant et la fin d'un siècle, dans cette île qui pourrait être Key West, ou la Jamaïque, des êtres se croisent, se rapprochent, puis s'éloignent à nouveau, comme des vagues qui roulent et se déroulent : des riches et des pauvres, des artistes des enfants, des jeunes sur qui plane la menace du Sida, un juge, des boat-people.
    Toute une humanité qui, comme Renata, partage les même soifs : de plaisirs, d'ivresse, mais aussi de justice.

  • D'autres enfants jouent au papa et à la maman. Moi, j'allais apporter un colis à mon mari l'ours en peluche, prisonnier derrière les barreaux de la chaise. Pour faire comme ma mère. Elle, l'épouse d'Albert B., bras droit de Doriot au PPF pendant la guerre... Albert, mon père, collabo, condamné à perpétuité à la Libération. Toi, passionné de l'antibolchevisme, éternel absent, qui étais-tu vraiment ?
    Romancière, Marie Chaix est née à Lyon en 1942. Elle a obtenu le prix des Maisons de la Presse pour Les Lauriers du lac de Constance, biographie romancée de son père. L'Été du sureau est disponible en Points.
    " Un récit sobre, pudique, bouleversant, une écriture salvatrice. "
    L'Express

  • La mezzanine ; le dernier récit de Catarina Quia

    Anne-Marie Albiach

    • Seuil
    • 2 Mai 2019

    Le roman traditionnel a longtemps puisé dans le réel vécu de ses auteurs, le racontant, le transposant, le dissimulant, le triturant, le torturant, le sublimant. Cela s'est fait, et continue à se faire de nos jours, d'innombrables manières.
    La narratrice de La Mezzanine, Catarina Quia, a joué, elle, " franc jeu ". Elle n'a rien censuré ou déformé des circonstances terribles dont elle entreprenait, par la fiction, de se libérer. L'audace est grande, avant tout formelle : ne pas dissimuler le contexte proprement infernal de la composition.
    [...] Comme dans le roman médiéval, les noms des personnages sont lourds de sens. Le nom du personnage principal, surtout s'il envahit le titre, pèse. Le lecteur le reçoit en pleine lecture et ses yeux s'y heurtent sur les pages. Il est impossible de ne pas s'émerveiller de son étrangeté, de sa singularité.
    " Quia ". Qu'est-ce que ce nom ? Il est prélevé tel quel d'un mot latin ; dont le sens est " parce que ". Catarina Quia est l'auteur " parce que ".
    Peut-être " parce qu'il en est ainsi ". Peut-être : " parce qu'elle s'explique ".
    [...] La Mezzanine. Le dernier récit de Catarina Quia est une étrange, une surprenante, une paradoxale réussite.
    Jacques Roubaud

  • Aden

    Anne-Marie Garat

    • Seuil
    • 29 Avril 2016

    Aden. Aden Seliani est entré par effraction dans la mémoire d'un cerveau informatique. Il n'en sortira qu'au prix d'un voyage vers lui-même, longtemps différé. Entre Paris, où il vit, New York et la banlieue de son enfance, Villeneuve-Saint-Georges, trois jours et trois nuits d'allers et retours urbains anarchiques, qui sont aussi un déplacement entre l'histoire de l'Europe contemporaine et sa propre histoire de fils d'immigrés, pleines du bruit des guerres, dans le nuage atomique du siècle. Il marche, il prend des métros, des trains de banlieue, croise des êtres aussi divisés que lui, prisonniers des frontières intérieures et orphelins de la mémoire : Iana, sa mère mourante, et son mari Otar ; Owen l'Américain ; Kerin, l'Irlandaise ; Li Song et son père ; et le professeur du collège qui rôde dans la gare...
    Mais il n'y a d'autre ailleurs à espérer que nous-mêmes.
    A travers le roman de Aden Seliani, cet homme "qui a atrocement mal et oublie chaque jour de s'en souvenir", Anne-Marie Garat nous donne un livre d'une pénétration et d'une force singulières sur la condition contemporaine. Comment, cahoté par l'histoire, privé un peu plus chaque jour de repères et de véritable langage, s'adopter soi-même pour pouvoir à nouveau partager ?

  • Les femmes dans la Révolution russe

    Jean-Jacques Marie

    • Seuil
    • 28 Septembre 2017

    Le 23 janvier 1917, une grève spontanée d'ouvrières du textile entraîne les métallos voisins et les partis révolutionnaires réticents, et débouche sur l'abdication du tsar et la constitution du premier soviet. Les femmes accèdent soudain à des fonctions dirigeantes.
    Premier livre à s'intéresser à leur rôle dans la révolution russe, le travail de Jean-Jacques Marie brosse une galerie de portraits hauts en couleur, mais surtout éclaire la façon dont l'émancipation des femmes est intimement liée à la rupture historique de 1905-1917. Il retrace cette lutte, ses avancées, décrit ses égéries et le changement de mœurs qu'elles imposèrent. Il permet ainsi de dégager quelques grandes figures de femmes révolutionnaires, des héroïnes populistes – troquant la volonté utopique d' " instruire le peuple " contre la tentative d'abattre les dignitaires du régime (Sofia Perovskaia, Vera Figner) – aux respectueuses pétitionnaires fusillées ou sabrées du Dimanche rouge. Il revient sur le passage de l'acte individuel héroïque à l'action collective dans un monde soudain en mouvement (Maria Spiridonova, Inessa Armand, Alexandra Kollontaï), mais aussi sur le choc de la mobilisation et de la guerre.
    Qu'elles soient commissaire aux armées, théoricienne, agitatrice, chef de guerre, journaliste engagée, terroriste ou à la tête de bandes insurgées, l'irruption de ces femmes accompagne un changement législatif et social radical, du droit de vote et de l'éligibilité à toutes les fonctions au droit à l'avortement, immenses avancées vers l'égalité qui furent, comme tant d'autres, piétinées par Staline.
    Jean-Jacques Marie est un des plus grands historiens du communisme. Il est l'auteur de grandes biographies (Lénine, Trotsky, Staline, Béria...) et a notamment publié au Seuil Le Fils oublié de Trotsky (2012).

  • Tarnac, un acte préparatoire

    Jean-Marie Gleize

    • Seuil
    • 17 Février 2011


    Tarnac sera le nom d'un récit intérieur et communautaire.
    Le bruit de nos voix entre les arbres. La politique autrement.
    La question révolutionnaire est désormais une question musicale.
    Jean-Marie Gleize

  • Les Macron du Touquet-Elysée-plage

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    • Seuil
    • 11 Juin 2020

    Entre dîners chics et cabines de plage, la petite ville de la côte d'Opale est le lieu le plus prisé du couple élyséen. Est-ce bien raisonnable d'en faire le poste d'observation favori pour prendre le pouls du pays ?

    A un peu plus de deux heures de Paris, Le Touquet, station balnéaire élégante et discrète, est devenue l'annexe privée de l'Elysée où Brigitte se ressource avec ses petits-enfants et où Emmanuel aime à se retirer lorsqu'il veut fuir les tourments de son mandat.

    Le Touquet, c'est là que Brigitte a passé toutes ses vacances dans la belle maison de famille avant d'y épouser son premier mari, puis le second, le jeune Emmanuel, lui-même tombé amoureux du lieu. C'est là que le candidat à l'Elysée écrit en 2016, Révolution, le livre de son ascension vers le pouvoir... Et c'est là, quand le vent tourne, que le président se réfugie pour manger des crêpes ou jouer au tennis avec son ami Stan, 78 ans, ancien ouvrier d'Usinor reconverti en moniteur de tennis. Où donc, enfin, le président et son épouse sont-ils allés se faire acclamer par leurs fans agglutinés juste avant que le Covid 19 ne fige le pays dans le confinement ? Au Touquet, bien sûr... un certain dimanche de mars et de scrutin municipal.

    Petit paradis sous cloche et décor privilégié du storytelling présidentiel, le Touquet est la pièce manquante indispensable pour bien comprendre les Macron.

  • Une réunion près de la mer

    Marie-Claire Blais

    • Seuil
    • 4 Octobre 2018

    Dans son style inimitable, Marie-Claire Blais propose un tableau admirable de notre modernité, prise dans l'étau de la violence, du racisme, de l'injustice, et animée par un insatiable besoin de rédemption et de création. L'atmosphère est douce, lumineuse, ensoleillée, mais la menace des ouragans est là. Deux fêtes se préparent sur l'île. Mai, de retour, va célébrer ses dix-huit ans en famille. Et Robbie, du Saloon Les Portes du Baiser, va inaugurer sa propre discothèque, Le Fantasque. En attendant sa fille Mai, l'écrivain Daniel, le long de la mer, revoit tout le passé. Il converse avec l'Oncle Isaac, richissime propriétaire philanthrope d'un hôtel, où aura lieu la fête de Mai. Et pendant ce temps Mama fait sortir du centre de détention son fils Carlos, probablement accusé à tort d'une tentative de meurtre...
    Née en 1939, Marie-Claire Blais est considérée comme le plus grand écrivain canadien vivant. Couronnée par le prix Médicis en 1966 pour Une saison dans la vie d'Emmanuel et par des nombreux autres prix prestigieux au Québec et aux États-Unis où elle est largement traduite, elle a construit avec rigueur son oeuvre lyrique et engagée pour décrire les mutations du XXe siècle, à la fois dans des romans souvent adaptés au cinéma, des poèmes, des pièces de théâtre. Sa saga en dix volumes, que celui-ci conclut, a entièrement paru aux éditions du Seuil.
    L'ensemble de Soifs a reçu au Québec et en Europe huit prix littéraires parmi lesquels le prix du Gouverneur général (deux fois), le prix Gilles-Corbeil, le prix de la Ville de Montréal, le prix Littéraire Prince Pierre de Monaco, le prix du Conseil des Arts du Canada.

  • La révolution technologique dont l'imprimante 3D n'est qu'un des vecteurs les plus médiatiques a d'abord été portée dans des espaces qui ressemblent davantage à des garages qu'à des laboratoires de pointe. Animés par une même volonté de bricoler, détourner, récupérer, inventer, leurs promoteurs, les makers, sont à l'origine d'un mouvement culturel de transformation, par la pratique, des manières de faire, de produire, de consommer et d'apprendre. En expérimentant des formes inédites de fabrication par soi-même des biens de consommation, inspirées par un principe de libre accès aux outils et aux savoirs, ils ambitionnent de transformer leur environnement, leur vie quotidienne, voire la société tout entière.
    Cet ouvrage, issu d'une enquête au long cours, nous ouvre les portes d'une trentaine de hackerspaces, fab labs, hacklabs et autres tiers-lieux en France et à l'étranger (Allemagne, États-Unis, Sénégal) afin de comprendre ce que font concrètement les makers et l'impact de leur action sur le travail, l'économie, l'écologie, la formation, le droit, l'art ou les sociabilités.
    En analysant les valeurs communes comme les tensions qui structurent le monde du " faire ensemble ", il prend au sérieux ses promesses de rupture avec le capitalisme et l'ordre industriel dominant pour les interroger. À quelles conditions ces nouveaux modèles de travail et de coopération constituent-ils une alternative durable pour la société de demain ?
    Isabelle Berrebi-Hoffmann, chercheure au CNRS, Marie-Christine Bureau, chercheure au CNRS, et Michel Lallement, professeur du Cnam, sont sociologues et membres du Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (LISE-Cnam-CNRS).

  • La vie sauve

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    • Seuil
    • 25 Mai 2014

    " À la fin du mois d'août 2001, alors que je suis installée dans mon bureau, au premier étage de la maison d'édition où je travaille, ma vie bascule. Littéralement, elle tombe par terre. " Finie, l'assurance aveugle de durer toujours. Finis, le jeu social et ses divertissements. Fini, le confort d'une société construite par et pour ceux qui vont bien. Est-ce la fin de tout ? Non. Car dans l'expérience extraordinairement violente qui consiste à affronter l'idée de sa propre disparition, on apprend beaucoup. Sur la force des instants. Sur le courage et la fragilité. Sur les puissances de l'amitié. Et sur notre capacité à rire. De tout.
    La vie est une maladie mortelle. Mais c'est la vie. Marie Desplechin et Lydie - Violet ont écrit ce livre ensemble, pendant de longs mois, sans certitude de jamais le terminer. Ni entretien, ni témoignage, ni récit à deux voix, c'est, à force d'écoute et de partage, un livre où le " je " qui s'exprime est celui d'un seul auteur.

  • Une vision commune voudrait que l'éducation scolaire contribue à créer des sociétés meilleures. Mais comment l'école aurait-elle la capacité quasi miraculeuse de transformer la société ? Plutôt que de croire ou non à ses vertus, les sociologues François Dubet, Marie Duru-Bellat et Antoine Vérétout ont cherché à comprendre, en comparant les sociétés et les systèmes éducatifs d'une trentaine de pays, par quels mécanismes et sous quelles conditions l'école affecte positivement la société. Ni le déterminisme fataliste de la simple reproduction sociale, ni le volontarisme héroïque d'une école capable de changer le monde ne résistent aux faits.
    Comment les sociétés utilisent-elles les qualifications scolaires ? Quelle est l' emprise du diplôme sur l'emploi et sur la position sociale ? C'est de ce choix politique que dépend le rôle de l'école dans la société. Quand un pays considère que le diplôme doit déterminer strictement la position sociale, la lutte pour son obtention pèse lourdement sur le système scolaire, au détriment de sa dimension éducative et culturelle. Trop d'école tue l'école. À l'opposé, quand un pays croit moins à l'école, il développe d'autres systèmes d'accès à l'emploi, le jeu scolaire y est plus détendu, mais la société crée d'autres inégalités. C'est dans le jeu de ces deux mécanismes que se tiennent les différences entre les sociétés et c'est en agissant sur cette charnière que les politiques peuvent corriger les inégalités.
    François Dubet est professeur à l'université de Bordeaux 2 et à l'EHESS. Dernier ouvrage paru : Les Places et les Chances (Seuil/La République des idées, 2010).
    Marie Duru-Bellat est professeur à Sciences Po et chercheur à l'Observatoire sociologique du changement. Dernier ouvrage paru : Le Mérite contre la justice (Presses de Sciences Po. 2009)
    Antoine Vérétout est ingénieur d'études au LAPSAC-université de Bordeaux 2. Ses travaux portent sur les questions de travail et d'emploi.

  • Retour à Roissy ; un voyage sur le RER B

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    • Seuil
    • 11 Avril 2019

    Mai 2017, entre l'élection présidentielle et les législatives, une sociologue et un photographe se mettent en route, sac au dos, pour un voyage le long de la ligne B du RER, de Roissy à Saint-Rémy-lès-Chevreuse. Ils reviennent sur les pas de François Maspero et Anaïk Frantz qui, trente ans plus tôt, alors que la France découvrait le " mal des banlieues ", allaient voir la " vraie vie " autour de la capitale. Ce livre est le récit de leur traversée de territoires injustement réduits à des poncifs sur le béton, la pauvreté, l'islam ou l'insécurité.
    Des agriculteurs chinois installés à quelques kilomètres de l'aéroport de Roissy, des familles turques pique-niquant dans un parc un dimanche ensoleillé, des commerçants sikhs proposant l'hospitalité de leur lieu de culte, des catholiques polonais réunis après la messe du dimanche, un rappeur s'opposant à son père congolais sur l'héritage colonial, des résidents de quartiers pavillonnaires jouxtant les tours d'habitat social... Au fil de ces rencontres apparaît une mosaïque méconnue, travaillée par l'histoire, la mondialisation et les ancrages locaux.
    Se dessine aussi peu à peu un paysage urbain où la nature s'obstine et qui ne cesse d'affronter les multiples tentatives de mise en ordre engagées depuis plus d'un siècle, dont le Grand Paris, annoncé sur des panneaux de chantier omniprésents, trace aujourd'hui le nouvel horizon.
    Sociologue, professeure d'études urbaines à l'université Paris-Ouest-Nanterre, Marie-Hélène Bacqué a vécu dans la banlieue nord, y a travaillé, et n'a cessé depuis d'y revenir, de s'y mobiliser, de la scruter.
    Photographe, André Mérian, habite à Marseille et, de l'extérieur du périphérique parisien, ne connaissait que les images approximatives des grands ensembles, des autoroutes et des centres commerciaux.

  • Comment devient-on un homme ? Comment se construit l'identité masculine ? En traquant l'incident, si minime soit-il, la rixe même, en un siècle prompt à manier le couteau et le bâton, Anne-Marie Sohn saisit autant d'occasions pour observer sur le vif la façon dont se forge un tempérament d'homme. Elle suit ainsi les jeunes Français dans les épreuves qu'il leur faut surmonter, au cabaret et à l'usine, au lycée et sur la place publique, pour s'approprier les mots et les rites masculins. Elle révèle ce que cette socialisation doit à l'intervention des pères qui sont, pour leurs fils, tout à la fois des modèles, des mentors et des censeurs. Elle montre surtout le déclin d'une masculinité fondée sur la force, le courage et l'honneur, au profit d'une masculinité apaisée où la parole remplace le geste, où l'affrontement cède devant la médiation, phénomène étroitement lié à l'avènement des procédures démocratiques. Cette histoire de la masculinité juvénile dessine également en creux le modèle qui régit la socialisation des filles et pèse sur leur émancipation.
    Anne-Marie Sohn est professeur d'histoire contemporaine à l'ENS Lettres et Sciences humaines, à Lyon. Elle a publié, entre autres, Chrysalides. Femmes dans la vie privée (xixe-xxe siècles) (Publications de la Sorbonne, 1996) et Âge tendre et tête de bois. Histoire des jeunes des années 1960 (Hachette, 2001).

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