Bayard Culture

  • La pandémie nous fait faire une nouvelle expérience temporelle, elle nous apprend à vivre "en temps réel". Le danger consiste à être écrasé par cette expérience temporelle, et à trouver le salut dans la fuite ou dans le déni, car notre rapport au temps cesse d'être insouciant, silencieux, et joyeux. Mais justement, c'est aussi le moment où, en touchant le fond de notre expérience temporelle du présent, nous pouvons trouver de quoi rebondir et comprendre comment cette expérience il est vrai terrible, contient aussi la clé d'une réponse qui serait non seulement individuelle mais aussi collective, historique et humaine. Car le défi est là : puisque les dangers de notre temps comportent aussi un danger dans notre rapport au temps, il nous faut comprendre qu'on ne les affrontera pas sans retrouver aussi un rapport heureux au temps. Nous parviendrons ainsi à concilier toutes les dimensions du temps dans un même instant ; la réponse à l'urgence, mais aussi la préservation de la vie et les raisons de vivre ; et puis le présent et l'avenir..

  • Du traumatisme des esclavages aux mouvements de protestation contre le racisme et les violences policières, comment réinventer la relation dans nos sociétés fractionnées, confrontées aux tumultes de l'Histoire ? Pour le penseur antillais Édouard Glissant, le monde nous bouscule et il faut entrer dans le chaos pour y porter l'action, le rêve, l'espoir du renouveau.
    Le philosophe Aliocha Wald Lasowski saisit dans cet ouvrage toute l'actualité de Glissant pour déchiffrer le monde, dix ans après sa disparition. Comment ancrer le multiculturalisme dans la république ? Comment éviter à la fois les pièges de l'universalisme abstrait et du repli identitaire ? Du débat avec Aimé Césaire sur la négritude à la lutte anticoloniale avec Frantz Fanon, du projet d'indépendance par l'antillanité à l'interdépendance de la créolisation, Glissant nous invite à une pensée-monde qui décrypte nos paysages bouleversés.
    Poésie, roman, philosophie mêlés, la mémoire historique redonne chance au langage. L'humanité vaut par la rencontre des cultures. La volonté de liberté rythme ses passions. Tel est le pari et la beauté d'une philosophie de la relation que ce livre met en scène.

  • Remercier et rendre grâce, en pensée, en parole et en acte, est souvent difficile. Notamment pour ceux que le malheur personnel épargne ou au contraire pour ceux qui sont trop éprouvés. Comment donc une vie à première vue condamnée à ignorer ce sentiment de gratitude peut-elle donc le découvrir, soudain ou peu à peu ? La crise sanitaire mondiale du printemps 2020 peut-elle jouer un rôle dans cette découverte ? Comment penser que la gratitude reste si souvent un tourment ?
    Pourquoi certaines personnes estiment-elles que celui qui remercie atteste son infériorité, par rapport à celui qu'il remercie ? Probablement parce que remercier place dans une position où les êtres humains affrontent une asymétrie entre eux. Reconnaître cette asymétrie, la voir comme une fragilité, mais aussi une richesse, voilà le chemin philosophique et spirituel que propose dans ce beau texte la philosophe Catherine Chalier.

  • Le sourire n'a jamais été vraiment pris au sérieux comme objet de réflexion par les philosophes. Marie-Françoise Salès se demande pourquoi. Elle choisit donc d'explorer ce que notre sourire peut signifier et découvre " un quelque chose échappant aux déterminismes sociaux et aux règles institutionnelles". Elle souligne la force souvent insoupçonnée du sourire : lui qui est soumis à des règles sociales strictes peut toujours être perçu comme étant la manifestation parfois inquiétante, dérangeante, mais aussi fascinante, d'un autre plan que ceux du physique et des contraintes sociales. Cette hypothèse peut bouleverser la façon dont nous considérons non seulement le sourire, mais encore l'être humain. En effet, le sourire apparaît alors comme une fenêtre ouverte sur notre humanité, dans toutes ses dimensions : naturelle et culturelle, psychologique et sociale, sensible et intellectuelle, matérielle et spirituelle. Pour Marie-Françoise Salès, la contemplation d'un sourire est peut-être l'occasion d'une mise en abîme de la pensée par elle-même. Parce qu'il révélerait l'existence d'une dimension spirituelle à l'oeuvre dans le quotidien le plus banal de nos vies humaines, voir un sourire peut signifier percevoir la pensée et son mouvement de liberté. Une formidable réflexion philosophique, profondément originale.

  • "Mort, où est ta victoire ?" s'exclamait saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens. La victoire est autre... Il s'agit d'être sauvés. Mais comment comprendre aujourd'hui cette injonction ? Le salut, une notion périmée ? De quoi aurions-nous à être sauvés, d'ailleurs ? Denis Moreau nous entraîne dans une enquête passionnante autant théologique que philosophique. Ce livre est une relecture contemporaine de la notion de salut s'appuyant sur des textes philosophiques et religieux. On y croise Moïse, saint Paul et Jésus-Christ, Descartes, Pascal, Spinoza, Nietzsche, Sartre, Wittgenstein mais aussi Kurt Cobain, une publicité pour un gel douche et une description pratique de certains péchés capitaux. Le thème du salut est beaucoup plus présent dans notre modernité qu'on ne le pense. Ses usages dans la pensée contemporaine sont parfois bien surprenants, et ce parcours plein de rebondissements. Cet essai propose ainsi une véritable philosophie du salut pour aujourd'hui.

  • Nouvelle édition entièrement révisée et surtout augmentée de nouveaux importants chapitres inédits sur le radicalisme religieux, l'Europe.
    Au cours d'un long dialogue inédit en français, et de quelques textes rassemblés ici pour la première fois, Julia Kristeva bouleverse nos idées reçues sur la religion et le christianisme, et nous invite à une formidable analyse de notre « incroyable besoin de croire »
    A partir d'une question sur la place du religieux dans les sociétés postmodernes, l'auteure analyse l'importance de ce besoin de croire et aborde le sujet à partir d'exemples littéraires, philosophiques et religieux. Avec des textes sur le christianisme et la souffrance, deux articles sur Jean-Paul II et la place du catholicisme dans le monde.
    « Contrairement à Freud, je ne dis pas que la religion est seulement une illusion et une source de névrose. Le temps est venu de reconnaître, sans craindre de "faire peur" aux fidèles ni aux agnostiques, que l'histoire du christianisme prépare l'humanisme... »
    Résumé (Valeur obligatoire)

  • L'auteure étudie les sources du pur et de l'impur dans les religions, notamment le judaïsme, l'histoire récente (en tentant de comprendre notamment la notion d'épuration ethnique) et la culture contemporaine. Elle constate que l'idéal d'un retour à la soi-disant pureté de la lettre ou de la source première, dans les religions du livre, s'avère toujours catastrophique en se conséquences spirituelles, morales et politiques.
    La rencontre des cultures, le dialogue religieux portent un début de promesse : celle d'un autre pureté qui demande à grandir en chaque créature.
    Catherine Chalier est professeur émérite de philosophie de l'université Paris Ouest Nanterre La Défense. Auteure d'une oeuvre très importante, Catherine Chalier est spécialiste de la pensée d'Emmanuel Lévinas. Elle est aussi traductrice de l'hébreu.

  • Il est simple de voir dans le cours des choses et des événements matière à désespérer. Ce recueil de courts textes philosophiques affirme qu'on peut être heureux... malgré tout. Des récits étonnants, des éclairs d'humour, des anecdotes poétiques sous-tendent une vraie réflexion philosophique. Ils invitent à penser la vie quotidienne et à y trouver des raisons de sourire, de résister, d'espérer.

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