Langue française

  • Oedipe, Jocaste, Antigone et Créon: voilà les personnages de Sophocle au filtre de Cocteau, qui modernise ici un drame connu, et transforme les dieux en machines infernales apportant le malheur sur terre. Dans cette pièce publiée en 1934, Cocteau s'amuse et surprend par l'infernale diversité de son style.

  • Falsifiant des ordonnances, Thérèse a tenté d'empoisonner Bernard, son mari, un homme respectable mais froid, buté. Pour préserver sa famille du scandale, ce dernier a déposé en faveur de sa femme; Thérèse a obtenu un non-lieu. Sur le chemin qui la ramène du tribunal vers son mari, la jeune femme fait défiler sa vie, les blessures qui l'ont poussée à commettre ce crime démoniaque.

    Peut-être la plus belle, la plus violente prière romanesque de François Mauriac.

  • Germinal

    Emile Zola

    Sous le Second Empire, le mineur Etienne Lantier découvre à Montsou, dans le Nord, la misère, l'alcoolisme, les accouplements sordides, des crapules et des saints, toute une humanité en souffrance damnée par le capital. Il s'engage dans le combat socialiste mais la direction des mines contre-attaque. Une immense grève survient, affameuse et meurtrière. Au milieu de cet enfer, une lueur: l'amour qui le lie à Catherine. Il ne survivra pas... {Germinal }(1885) est le livre le plus noir, le plus violent de Zola.

  • Regain

    Jean Giono

    Ils ne sont plus que trois à Aubignane, près de Manosque, parmi les masures et les chemins fantômes. Après le départ du vieux forgeron et de la veuve du puisatier, Panturle se retrouve seul. L'arrivée d'une femme le sauvera de la folie. Panturle retrouvera la force de rouvrir la terre, de l'ensemencer de blé. Regain(1930) est un livre solaire, tragique et païen.

  • Cette tragédie réanime d'illsutres personnages de l'Iliade d'Homère et le thème en est connu : Hélène vient de se faire compliasamment enlever par Pâris, le prince troyen ; les Grecs attaqueront si elle ne leur est pas rendue. A Troie, ce fait-divers vaudevillesque déclenche les passions entre partisans de la paix (Hector, Andromaque) et bellicistes (le roi Priam et le poète Demokos). Dans le camp des Grecs qui crient vengeance, l'ambassadeur Ulysse semble bien seul...
    Sur un casting mythologique, cette pièce de 1935 est très contemporaine, inspirée à Jean Giraudoux par la montée des périls en Europe. L'auteur s'engage pour la paix. Cette oeuvre n'est pourtant pas un manifeste. On y retrouve la langue de Giraudoux, son drapé, son esprit, sa causticité. Que valent tous ces talents face au destin ? En tenant "seulement compte de deux bêtises, celle des hommes et celles des éléments", Cassandre l'avait prédit : la guerre aura bien lieu. A Troie, et dans le monde.

  • Que ma joie demeure excède le genre romanesque et confine à la parabole. Bobi, acrobate et saltimbanque, s'installe sur un plateau, en Provence, et offre à tous son gai savoir, sa jeunesse, son goût de l'autre. Ses enseignements vont révolutionner le " travail triste " des paysans... Une vie plus libre commence.

  • Colline

    Jean Giono

    Ce recueil de six nouvelles (1935) illustre le génie de l'observation de Zweig, son sens magistral de la psychologie. Zweig voulait "résumer le destin d'un individu dans un minimum d'espace et donner dans une nouvelle la substance d'un livre".

  • Louis, l'ouvrier agricole venu de Marseille, a ensorcelé Angèle, la fille du fermier Clarius. Déshonorée, elle quitte Baumugnes, son village et sa famille, pour suivre cet homme qui va la prostituer. Elle reviendra fille-mère... Sera-t-elle sauvée par l'amour et la miséricorde d'Albin ? Celui-ci bravera-t-il le fusil d'un père suicidaire ?

  • Ces {Lettres, }écrites entre 1873 et 1890, sont le témoignage déchirant d'un homme sur sa peinture. Van Gogh en sa genèse, Van Gogh en ses couleurs, travaillant sans relâche. L'homme à qui s'adresse un tel déchaînement de lucidité se prénomme Théodore, marchand de tableaux "apôtre" qui envoie à son grand frère tubes, brosses, toiles et argent -- quand c'est possible.

  • Soudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour se lancer dans le monde. Antoinette, quatorze ans, rêve d'y participer mais se heurte à l'interdiction de sa mère. Plus que le récit d'une vengeance, le Bal (1930) compte parmi les chefs-d'oeuvre consacrés à l'enfance.

  • Moravagine - dernier descendant d'une famille royale en exil - incarne la folie et le mal. Son confident raconte son histoire.

    Moravagine est le double diabolique de Cendrars, qui signait là, en 1926, un roman d'aventures et un poème épique.

  • Jean le Bleu

    Jean Giono

    Jean Giono est né et mort à Manosque (1895-1970). Dans leur majeure partie, la vie et l'oeuvre de Jean Giono s'enracinent en Haute-Provence. Conteur exalté, chantre d'une nature et d'une paysannerie quasi mythologique, pacifiste entêté (Le Serpent d'étoiles, Triomphe de la vie), il est aussi l'auteur d'oeuvres plus " classiques " (Mort d'un personnage, Le Hussard sur le toit, Angelo) influencées par Balzac et Stendhal.
    Le Livre : La jeunesse provençale de Giono, entre une mère repasseuse et un père cordonnier, est forcément solaire, musicale, saturée de parfums, de portraits, de tableaux... Dans ces souvenirs parus en 1932, les simples deviennent des héros, les animaux voisinent avec les anges et la nature se gorge de mythes. Transcrite dans la langue du bonheur, voici la genèse d'un très grand écrivain.

  • Les Vraies Richesses... Titre explicite pour une manière de récit et d'essai dénonçant la vanité de la vie citadine, de l'argent, célébrant la gloire du soleil, de la terre, des collines, des ruisseaux, des fleuves " qui m'irriguent plus violemment que mes artères et mes veines ". L'ouvrage débute par une promenade parisienne à Belleville, prétexte pour l'auteur à une réflexion sur les " racines ".

    Giono, visionnaire et virtuose du sacré, rejoint vite, d'un bel élan amoureux, ses chemins de traverse provençaux, ses paysans mythologiques, la loi du pain, le vent des rêves. Ce livre n'a aucun genre et les a tous. Manifeste écologique ? Peut-être, mais pour une campagne moins électorale que poétique.

  • Le pâturage abandonné de Sasseneire est-il vraiment maudit comme le croient les anciens ? Quelques bergers incrédules, pour s'en assurer, décident d'y conduire le troupeau. La montagne leur réserve sa terrible réponse. Dans ce roman qui tient de l'étude de moeurs et de l'épopée tragique, Ramuz, avec virtuosité, passe insensiblement du sourire à l'inquiétude, de l'ilnquiétude à l'horreur...

  • Rhum

    Blaise Cendrars

    Rhum raconte la vie de Jean Galmot, normalien, journaliste, et peut-être agent secret, qui débarqua en Guyane en 1906 pour s'associer avec d'anciens bagnards dans le commerce de l'or. Devenu riche, Galmot s'opposera aux familles créoles et prendra parti, avec les Noirs et les Indiens, contre le bagne de Cayenne...

  • Ruiné, malade, abandonné de tous ceux dont il pensait être aimé, David Golder n'a pas dit son dernier mot. Une occasion s'offre à lui de redevenir riche : il se lance à corps perdu dans cette dernière aventure.

    Peinture sans complaisance du monde de l'argent, tragédie d'un vieil homme mal aimé, fable morale, David Golder est un roman d'une remarquable puissance.

  • En fait d'Odyssée, il semble que le retour d'Ulysse à Ithaque tienne davantage de l'école buissonnière et qu'il soit plutôt hâté par l'annonce de l'infidélité de Pénélope. Mais que dire lorsque l'on vous somme de justifier une absence de dix ans ? Peu de choses, suggère Giono, un mensonge... Ainsi naît l'Odyssée.
    Dans ces pages merveilleuses de poésie, Giono célèbre un monde où, à travers les dieux, l'homme et la nature entrent en communion profonde.

  • Une nuit d'été, sur le plateau de Malefougasse, parmi " deux cents hommes et cent mille bêtes ", Giono, l'imagination surchauffée par des contes flottant au vent des collines, assiste, stupéfait, à un singulier spectacle, une véritable cérémonie secrète. A la lueur des feux, aux sons des harpes éoliennes et des flûtes à eau, une dizaine de bergers jouent un drame épique dans une langue tissée de visions, mêlant le provençal, le génois, le corse, le piémontais...
    Mystérieux opéra en plein air dont l'étrangeté, l'ésotérisme sont accusés par l'écriture métaphorique de l'auteur, ce Serpent d'Étoiles se glisse entre le récit d'initiation et l'enquête hallucinatoire.

  • Aline

    Ramuz C-F.

    Une jeune paysanne est attirée par Julien Damon, le coq du village. Son amour grandit, mais il s'éteint vite chez Julien. Aline (1905) est un chef-d'oeuvre de jeunesse, une " symphonie pastorale " où Ramuz décrit avec subtilité la passion et le revirement des coeurs.

  • Pauline de Théus habite une maison pour aveugles. Après une vie passionnée, généreuse, elle attend la mort. Survient Angelo, son petit-fils, de retour après des années d'errance loin de Marseille. Le jeune homme va désormais entourer de son affection sa grand-mère. Un livre bouleversant où le pouvoir de l'amour va transfigurer la décrépitude d'une mourante.

  • Veuve et mère sublime, Blanche Frontenac se voue à l'éducation de ses enfants, Jean-Louis, José et Yves. Dans un désir d'éternité, elle tente de faire de sa famille une véritable oeuvre d'art. Mais les femmes, la guerre et la littérature bouleverseront ce dessein qui l'unissait à ses fils...

  • Contre l'oubli

    Henri Calet

    Contre l'oubli rassemble des reportages, des chroniques parus pour la plupart dans Combat et Terre des hommes entre 1944 et 1948. La fin de la guerre, ses lendemains. Une époque en demi-teinte : le soleil de la victoire crève à peine le brouillard des chagrins. Une époque pour Calet, dont l'humanité, la mélancolie, la simplicité et l'humour acide triomphent ici dans l'évocation de Couillard défiguré par un milicien ou dans le compte rendu d'audience d'un tribunal américain à Paris qui n'héiste pas à distribuer des peines démesurées aux GI libérateurs pour vol de cigarette, marché noir. Mieux qu'un recueil d'articles, ce livre est un fragment d'histoire de France, à fleur de peau, laissé par un possédé du quotidien qu'il faut redécouvrir.

  • "Si vous manque l'imagination de ce que peuvent être les amantes dont parle ce Dictionnaire, il vous suffit d'y rechercher le terme. N'hésitez pas en recopier la définition comme je le fais ici :
    Les amantes sont celles qui, éprouvant un violent désir les unes pour les autres, vivent/aiment dans des peuples, suivant les vers de Sappho, "en beauté je chanterai mes amantes".
    Il serait difficile de faire plus clair, plus concis et plus élégant. Quelque chose pourtant vous chiffonne (vous constatez d'ailleurs que le mot "chiffon" est absent de ce dictionnaire) : la définition que vous venez de lire est subtilement circulaire et pleinement plurielle. Littré, Larousse, Robert ne procèdent pas ainsi : lexicographes positifs, ils nous enseignent entre autres choses positives, qu'une amante est une femme attachée à un homme par des sentiments tendres ; qu'au pluriel, le terme, dès lors nécessairement masculin (les amants) désigne un couple s'aimant d'amour réciproque.
    Or, les amantes de Wittig et Zeig vivent non en couples, mais en formation immédiatement politique (des peuples) et plurielle. Enfin, les amantes ne sont pas des femmes, et encore moins des femmes qui aiment des femmes.
    - Comment ça !? les amantes ne sont pas des femmes ?!Un livre rigoureusement logique (c'est-à-dire poétique et ironique) et d'une ingéniosité délectable."Anne F. Garétta

  • Derborence

    Ramuz C-F.

    Antoine est-il bien mort le jour où la montagne s'est mise en colère et a détruit le pâturage de Derborence? Un jour Thérèse, sa femme, croit reconnaître sa voix et sa silhouette.
    Derborence (1934) ou l'histoire d'un jeune homme qui doit convaincre qu'il n'est pas un spectre.

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