Les éditions de ta mère

  • J'ai appris beaucoup de choses en fondant mon entreprise. J'ai appris que l'argent se définit par sa quantité, mais aussi par sa qualité. J'ai appris que toutes les relations humaines impliquent une transaction et qu'il faut toujours s'assurer de ne pas perdre au change. J'ai appris que la haine est le plus grand moteur d'innovation. J'ai appris que la seule façon de se faire respecter par les autres est d'avoir une relation contractuelle avec eux. J'ai appris qu'il ne faut pas confondre la légalité avec la moralité. J'ai appris que je suis une bonne personne, mais j'ai aussi appris qu'il est important de faire des compromis.

    J'ai dû apprendre tout ça par moi-même, au prix d'échecs cuisants et d'efforts soutenus. Et même si, en ce moment, votre startup ne connaît pas de succès, vous avez une immense chance : vous tenez entre vos mains un livre qui vous fera profiter de tout ce que j'ai appris, en accéléré. Et si vous appliquez bien ce que je vous enseigne, vous aurez la chance de devenir un peu comme moi.

  • La faculté de droit de l'Université de Montréal est le dépotoir de l'humanité. Tu le sais : t'en es le déchet cardinal. Tu viens de commencer ta première session, mais y a pas une minute à perdre : si tu veux un beau poste en finissant faudra un beau stage au Barreau et si tu veux un beau stage au Barreau faudra une belle moyenne au bacc et si tu veux une belle moyenne au bacc faudra casser des gueules parce qu'ici c'est free-for-all et on s'élève pas au-dessus de la mêlée en étant gentil. Être gentil, c'est être herbivore, c'est se vautrer dans la médiocrité, et toi tu comprends pas la médiocrité, tu aimes pas la médiocrité, tu chies sur la médiocrité. Toi, t'es venu ici pour être le roi de la montagne, et le début des cours, c'est le début du carnage. Avec ce deuxième roman empreint d'un flamboyant cynisme, Jean-Philippe Baril Guérard trace un portrait sombre de l'obsession de la performance en mettant en scène le monde des étudiants en droit. À travers eux, il décortique de manière toujours plus incisive l'absurde sentiment de supériorité naturelle des classes dominantes.

  • J'ai suivi sa trace de Cambridge à Montréal. J'ai servi son ombre pendant des années, entre Prague et Taipei. J'ai navigué à ses côtés au-dessus d'océans de mystères, où l'ordinaire se conjugue au passé, où le désir de vengeance et la rusefont office de dénominateurs communs et où l'argent, les prix et les succès d'estime n'achètent plus la gloire.

    Cette gloire, telle que vous la connaissez, n'est rien d'autre que le code secret d'une terrible malédiction.

    Mais je ne suis plus capable de supporter le poids de ce secret. Pas comme lui.

    Lui.

    - Orson Spencer, 1992

  • L'an 2045.

    Le Québec est souverain depuis deux décennies, mais ses provinces, rongées par la paresse et le manque d'enthousiasme, vivent une profonde crise identitaire. Dans une ultime tentative d'élévation, elles devront faire appel à Clotaire Rapaille, rock star de la psychanalyse.

    Malgré un succès initial retentissant, les interventions mégalomaniaques de Rapaille entraîneront de terribles catastrophes, et la ville de Québec, jusqu'alors snobée par le grand maître, entamera une violente croisade dans le but de le détrôner.

    Clotaire, seul avec sa cape et son bâton de marche, devra affronter ses anciens démons et descendre à Québec pour sauver le pays et, sans doute, l'humanité...

  • Igor Fedorovich Grabonstine est l'acteur le plus talentueux de son époque, de la précédente et, sans aucun doute, de la suivante. Ce n'est donc pas une surprise si Stanley Kubrick le choisit pour interpréter le personnage principal de The Shining, l'adaptation d'un des plus grands romans du maître de l'horreur, Stephen King - dont le visage, soit dit en passant, rappelle étrangement celui d'un chat.

    Ce contrat prestigieux n'aurait été que routine pour l'acteur stanislavskien, n'eût été la présence inquiétante d'un jeune prodige, Danny Lloyd, six ans, dont les aptitudes dramatiques inexplicablement puissantes menacent de reléguer Igor au rang d'acteur de second ordre.

    Laissant de côté honneur et morale, Grabonstine ne s'arrêtera devant rien pour empêcher l'enfant d'assombrir sa performance et de lui voler la vedette...

  • Premier roman de Mathieu Poulin, Des explosions est une fausse biographie qui retrace le parcours artistique et personnel du cinéaste Michael Bay, un illustre intellectuel dont l'objectif est d'explorer des enjeux philosophiques et sociaux à travers ses films d'action, qu'il s'agisse du discours de la décolonisation dans Bad Boys ou des zones de friction entre l'astrophysique et la métaphysique dans Armageddon. Grands penseurs et poursuites automobiles n'auront jamais fait si bon ménage.

  • Du toit, j'aperçois des bateaux dans le port, des gratte-ciel, des colonnes de voitures empêtrées. Mais je ne vois pas les fourmis ni les enfants qui pleurent. Il faut que je me contente d'imaginer qu'il y a plus d'aimés qui se retrouvent que de veuves obèses qui se coupent les doigts par distraction. Il y a beaucoup de choses qu'on dit, dans la vie, qui ne s'avèrent pas vraies. À la fin ils ont dit à tout le monde d'aller se rhabiller est un récit d'errance, oscillant entre la vacuité maussade de l'existence et sa beauté incongrue, surgie de nulle part au détour d'une rue inventée d'Amérique du Sud.

  • ma paume sur le tissu pelucheux du pyjama
    un coeur repousse ma main
    ça me rassure de savoir que
    cette chose startée dans mon ventre
    se lasse pas elle de continuer de se faire aller

    j'ai fabriqué un coeur qui a le goût de battre
    ___

    Chenous, c'est une histoire de flocons sur des petites langues et de frette au fond du ventre. De la poésie de désordre, de comptoir et de rebord de fenêtre. Chenous, c'est l'histoire d'une débarque.

  • Une gentille blondinette californienne remporte le concours de Miss Teen America. Son diadème lui semble aussi important que son hymen jusqu'à ce qu'elle tombe amoureuse de Gary T-Rex, un chanteur populaire moustachu et has-been. La célébrité, la crystal meth et les vibrateurs lui feront vite oublier ses rêves de paix dans le monde...

    Juicy est une histoire d'amour pornographique, un roman Harlequin pour ceux qui préfèrent mélanger mouille et vodka plutôt que se balader sur un cheval blanc au coucher du soleil - parce que, de tous les artifices, ce n'est pas le silicone qu'il faut craindre, mais les promesses d'amour éternel.

  • S'adressant tant aux geeks de statistiques qu'aux néophytes, De l'utilité de l'ennui est un livre sur la possibilité de trouver refuge et confort dans l'ordre, les traditions et les rituels du baseball. De la découverte des mythes de l'Amérique à travers les différents stades de balle du continent jusqu'au plus célèbre triple jeu à ne jamais avoir eu lieu en sol canadien, Andrew Forbes nous invite à des conversations d'adulte avec le gamin qu'il a été, assis au milieu de sa collection de cartes de baseball O-Pee-Chee.

    Traversé du début à la fin par ce sentiment doux-amer que tout partisan d'une équipe qui ne gagne pas toujours connaît trop bien, De l'utilité de l'ennui nous révèle, de manière tendre et précise, un truc ou deux sur le sport de Babe et d'Ichiro, tout en nous permettant de comprendre pourquoi un jeu en apparence si banal peut nous aider à trouver des points de repère dans le chaos de nos vies.

  • Allumez le sapin, programmez votre VHS et troquez votre regard d'enfant pour celui de critique en compagnie de neuf auteures et auteurs qui tentent de comprendre comment Ciné-Cadeau, programme spécial du temps des Fêtes diffusé sur les ondes de Télé-Québec, est devenu culte pour plus d'une génération en quête de réconfort nostalgique dans un paysage télévisuel et social marqué par de profonds changements.

    Les textes s'intéressent autant aux classiques cinécadiens qu'aux films plus obscurs, tout en touchant aux aspects plus problématiques de la programmation, que ce soit la présence de films relativement traumatisants pour un jeune public ou le manque navrant de personnages féminins forts.

    Nous préférons vous avertir : ce livre peut provoquer une vive envie de manger des restants de bûche et des atocas devant la télé - sans compter que son répertoire de tous les films présentés durant les trente dernières années, par date et par ordre alphabétique, risque fort d'ébranler vos souvenirs (non, La dernière licorne n'a jamais été diffusé à Ciné-Cadeau).

  • Un léger contretemps est survenu : Anne est morte, il y a quelques minutes. Elle sera de retour sous peu, le temps de se transférer sur sa copie de sauvegarde. Quinze secondes, tout au plus, pendant lesquelles elle doit cartographier ses souvenirs afin de s'assurer que la nouvelle Anne, celle qui prendra le relais après sa mort, lui sera identique en tous points, ou presque. Elle sera de retour très bientôt, si tout va bien : le transfert est une procédure courante.

    Mais évidemment, tout n'ira pas bien.

    S'inspirant librement de l'essai du même nom écrit par Ray Kurzweil, La singularité est proche est une pièce d'anticipation explorant les possibilités offertes par un monde dans lequel, au moyen de la machine, l'homme aurait vaincu la mort.

  • Alice marche sur le chemin de Compostelle pour oublier Fabrice, et elle se sacre du reste. La beauté des champs de tournesols, les villages abandonnés, les retraités sympathiques, les illuminations chrétiennes et les petits chiens curieux, bof. Alice marche. C'est pour ça qu'elle est venue. Du moins, c'est ce qu'elle pense.

  • Revisitez l'âge d'or du Nintendo Entertainment System et des mots de passe de deux pieds de long en compagnie d'Alexandre Fontaine Rousseau, auteur des Premiers aviateurs et de Musiques du diable et autres bruits bénéfiques. De Super Mario Bros à Castlevania en passant par Ninja Gaiden et Mega Man 3, redécouvrez toutes vos cassettes de Nintendo préférées ainsi que toutes celles que vous auriez préféré oublier dans cet hommage nostalgique à une époque plus simple où l'important, dans la vie, c'était de savoir c'est qui ton Ninja Turtle préféré.

  • Rempli de gros beat et de grosse sémiologie, Poétique du mixtape propose une analogie entre la pratique du sujet parlant décrite par la linguistique et la pratique artistique des disc-jockeys. Ferdinand de Saussure, Gérard Genette et Nicolas Bourriaud partent à la rencontre de Diplo, d'Ivan Smagghe et de Tiga; les prestations enregistrées des DJ - les mixtapes - reçoivent (enfin) l'attention esthétique qui leur est due; la socio-ethnologie de la club culture est confrontée à ses propres insuffisances; et on tâche ultimement de répondre à cette allitérative interrogation : que dire du dire des DJ?

  • Pourquoi les géants ont-ils disparu? Où sont passés les dinosaures? Les Gardiens avertis ont-ils une poignée de main secrète ou ont-ils juste tous le doigt du milieu un peu croche? Qui nous manipule ainsi? Les francs-maçons? Le nouvel ordre mondial? Les reptiliens? Les libéraux? La Maison Columbia? Sophie Thibault et la petite souris qui lui grouille dans la gorge?

    Cindyne Bournival, citoyenne lambda, se réveille enceinte après un rêve simili-érotique impliquant Jésus. Au même moment, Elon Musk, grand prêtre des technologies du futur, annonce un nouveau chapitre audacieux à son programme spatial sur Mars. Une coïncidence?

    Tant de choses qu'on préfère que vous ne sachiez pas. Mais la mascarade a assez duré. Il est temps d'exposer les Secrets de la Vérité.

  • - Une maison, c'est l'amour. Pis là, y a pus de maison. Faque y a pus d'amour.
    - Pis nous autres? On est des cotons?

    Murielle reçoit ses deux filles et sa belle-soeur pour un ultime repas clandestin dans la maison familiale qu'elles doivent abandonner. Entre la musique de John Cage, les ustensiles échappés au sol, le fantôme du père de famille et la crème glacée qui fond sur la pantry, elles plongent dans un doux délire collectif en évoquant les moments précieux passés dans cette demeure ancestrale.

  • C'est un lieu rond. On y arrive du dessus parce qu'on l'a ressenti. Un jour de trop. Il y a des arbres. Un plan d'eau. Des aires de jeux. De repos. Faut faire le tour. Longer le bord.
    Choisir la vie, le vide.

    Au parc du last call, on se teste l'espoir, le vouloir, le soi, une épreuve à' fois.

  • paraît qu'il faut pas passer devant le four
    pendant que le gâteau monte
    l'affaire c'est qu'un deux et demie c'est vraiment pas grand
    surtout s'il faut que j'évite ma cuisine
    qui est aussi mon salon
    qui est aussi ma chambre

    c'est tellement petit
    ça se pourrait pas pour deux personnes
    encore moins pour trois

  • Sainte-foy

    Okoko Akena

    Douze ans passent
    Vite comme douze heures
    Dans la peau d'un jeune métis
    Mordu de basket
    Qui croit en croire

    Vite comme se faire des amis
    Quand on déménage
    Vite comme oublier
    Un été de rêve
    Qui ressemble à tous les autres
    Vite comme faire une chanson
    À douze
    Ou apprendre
    Le sens de la rue

    J'habite encore à côté de cette église brûlée
    Réaménagée en jardin
    À deux minutes de la dompe municipale
    De neige
    Où je planifie m'initier un jour
    Aux sports d'hiver

  • Nous sommes dans le futur, mais pas si lointain. Les baby-boomers ont disparu depuis longtemps déjà, les derniers spécimens ayant été expédiés sur la Lune par l'ONU après avoir été reconnus coupables de crime contre la Terre. D'un même souffle, le clonage est décrété formellement interdit, « d'un coup qu'un boomer aurait l'odieuse idée de se cloner en cachette ».

    Les années passent jusqu'au jour où Gilles Douillette, un citoyen hautement banal, découvre à la dure qu'il est un clone. Mais le clone de qui? Ça, c'est un mystère...

    Guidé par le Club des Marquis (un groupe d'enquêteurs mondains), le désormais fugitif Gilles Douillette scrute les infinis détails de cette poignante intrigue pour découvrir qui l'a créé, comment, et surtout pourquoi son « créateur » l'a conçu à son image. Qui est véritablement le dernier baby-boomer?

  • si j'étais un motel
    j'afficherais jamais complet
    sur mon panneau en néon cheap
    y aurait toujours au moins
    une maudite lettre de brûlée
    les gens parleraient de moi en disant
    c'est pas neuf neuf le matelas était bof
    mais la literie sentait bon
    pis au moins c'était propre

  • Vas-y embarque /
    conjugué·e à ta guise /
    tous les temps sont bons /
    quand on vit dans sa tête /
    nous serons tes guides pour la journée /
    une journée emplie de fabuleries de pleurs /
    de lieux assez petits pour mettre dans ton hamburger /
    et de lieux assez grands /
    pour mettre dans le hamburger d'un géant. //

    La visite sera triste par bouts /
    rieuse par d'autres /
    c'est la vie on suit le manuel /
    on promet rien /
    que le siège et le verbe /
    pour aller de là à là /
    pour ce qui est du reste /
    il y a toujours l'amour et le pardon.//

    Verdunland est une visite guidée dans un Verdun parallèle et fantasmé, dont on ressort indemne après la lecture.

  • Ce n'est pas précisément un recueil de nouvelles. Appelons plutôt ça un recueil de monologues dynamiques, conçus pour la scène, mais lisibles dans le confort reposant de son foyer. Danser a capella, c'est sept personnages délicatement marginaux qui se livrent en vrac, ne lésinant pas sur leur désarroi ordinaire et ludique. On côtoie entre autres un caissier de Jean-Coutu costumé en chauve-souris qui tente de séduire un vampire, un v.-p. de boîte d'assurance pris de compassion pour une danseuse vedette peinturée dans un coin en pleine entrevue télévisuelle, une femme en peine d'amour qui fuit en Russie et participe à un marathon sur talon aiguille, sans oublier cet homme, ce Simon, alter ego de l'auteur, qui révèle comment il a perdu la foi, en muant live en plein coeur de son solo chanté à l'église paroissiale, devant les fidèles consternés. Sept monologues, donc, qui donnent viscéralement envie de danser et de courir jusqu'à l'épuisement, mais surtout de vivre son unicité jusqu'au bout. Qu'il y ait musique ou pas.

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