Métailié

  • À Lisbonne, une nuit, dans un bar, un homme parle à une femme. Ils boivent et l'homme raconte un cauchemar horrible et destructeur : son séjour comme médecin en Angola, au fond de ce « cul de Judas », trou pourri, cerné par une guerre sale et oubliée du monde.

    Un humour terrible sous-tend cet immense monologue qui parle aussi d'un autre front : les relations de cet homme avec les femmes.

    « Il est l'un des plus grands, un auteur essentiel, le découvreur d'un monde. » - Le Point
    « Lobo Antunes nous précipite dans des mondes quotidiens que son écriture flamboyante, torrentueuse, transforme en violentes épopées. » - M. Gazier, Télérama

  • La photo était là sur l'étagère tout en haut de la bibliothèque de son père. Un groupe d'hommes et de femmes autour d'une table de restaurant, et parmi eux ses parents.
    Lorsqu'une chaîne américaine de télé lui commande un documentaire sur la révolution des OEillets, Ana Maria réalise que tous les acteurs du coup d'État qui renverse la dictature se trouvent sur cette photo.
    En compagnie de deux jeunes journalistes elle les retrouve et, au fil de son enquête, découvre l'effet du passage du temps.
    Survivants d'un temps oublié, les personnages de la photo essaient de recréer ce qu'a été l'illusion révolutionnaire, et le difficile chemin vers la démocratie. Le regard des jeunes gens sur les protagonistes d'une histoire que personne ne veut plus entendre réécrit cruellement leur épopée.
    Lídia Jorge s'intéresse à l'espace indéfini qui sépare le récit que l'Histoire dévoile, avec ses vérités difficiles à affronter et la création du mythe, le moment où la vie a été transformée en une construction de l'imaginaire ou de la volonté.

    Un roman exceptionnel sur la politique et le destin des rêves.


  • Luanda, 1975.

    À la veille de l'Indépendance, Ludovica, agoraphobe et terrorisée par l'évolution des événements, se retranche dans son appartement en construisant un mur qui en dissimule la porte et la met à l'abri du reste du monde. Ayant transformé sa terrasse en potager elle va vivre là presque trente ans, coupée de tout, avec son chien Fantôme et un cadavre.
    Ludo a vraiment existé et mené la vie que raconte le roman.

    En entrelaçant cette histoire avec les aventures tumultueuses des autres personnages, voisins ou entraperçus dans la rue, tous plus ou moins impliqués dans le marasme de la guerre civile, Agualusa souligne avec une ironie subtile les extraordinaires coïncidences de la vie et crée un roman brillant et enchanteur.


  • Edmundo Galeano a 25 ans, il a parcouru le monde, participé à une mission humanitaire et est revenu dans la maison paternelle avec une main estropiée. Il est revenu pour écrire et passe ses jours à essayer d'élaborer littérairement son témoignage. Un roman qui expliquera le monde et l'empêchera de courir à sa perte.

    Sa famille passe par une série de vicissitudes économiques qui mettent en danger la maison familiale, refuge de tous. Il y a l'aîné qui a mis sur pied un projet destiné à sauver la fortune de la famille en transformant deux bateaux, mais l'autorisation de l'administration se fait attendre depuis des années. Il a tenté de conjurer le sort et attend une bonne nouvelle. Un cadet avocat et dandy dont les affaires déclinent et qui essaie de sauver son cheval du naufrage de sa fortune.
    Le frère suivant qui réhabilite des immeubles vétustes pour les louer à des clandestins et est amoureux d'une belle Estonienne enceinte de lui et qui a besoin de place pour le bébé.
    La jeune soeur divorcée, avec un enfant de 8 ans fasciné par la baleine 52 Hertz, un enfant qui ne ressemble pas à son père mais au grand amour de sa mère.
    Et la tante Titi qui a sacrifié sa vie pour élever ses neveux et dont la vieillesse et la présence sont maintenant encombrantes.
    Lorsque le père de famille, armateur ruiné, baisse les bras, tout se précipite et chacun est confronté à ses échecs et à ses culpabilités.
    Edmundo prend alors conscience que ses aventures lointaines et son projet littéraire sont en relation directe avec les batailles privées qui se déroulent autour de lui.
    Ce superbe roman choral nous montre, avec tendresse et ironie pour l'apprenti écrivain, le processus de la création littéraire, ses embûches, ce que représente le travail d'écriture. Il nous montre aussi comment les vies quotidiennes dépendent de ce qui se passe bien loin d'elles-mêmes et des décisions prises à d'autres échelles. Lídia Jorge, qui a toujours pratiqué un "réalisme aux portes ouvertes", nous trouble en introduisant des éléments fantastiques et irrationnels dans ses personnages et nous montre que la passion amoureuse va plus loin qu'on ne pourrait le penser. Elle montre le plus proche pour atteindre l'universel.
    Après avoir exploré l'Histoire et les façons d'en rendre compte, Lídia Jorge revient à l'exploration des actions et des sentiments qui constituent les vies ordinaires et les abîmes qu'elles recouvrent. Un grand roman écrit par une très grande romancière. Lídia Jorge est née à Boliqueim dans l'Algarve en 1946. Diplômée en philologie romane de l'université de Lisbonne, elle se consacre très tôt à l'enseignement. En 1970, elle part pour l'Afrique (Angola et Mozambique), où elle vit la guerre coloniale, ce qui donnera lieu, plus tard, au portrait de femme d'officier de l'armée portugaise du Rivages des murmures (Métailié, 1989). À son retour à Lisbonne, elle se consacre à l'écriture.
    Ses oeuvres sont publiées en Allemagne, Espagne, Italie, Grèce, Brésil, Israël, Grande Bretagne, Pays Bas, Serbie, Suède, Etats-Unis. La Couverture du soldat, 2000 a eu le Prix Jean Monnet 2000 (Cognac) Le Vent qui siffle dans les grues, 2004 a eu le Grand Prix du Roman de l'Association Portugaise des Ecrivains 2003, Premier Prix "Correntes d'escritas" 2004 (Povoa da Varzim, Portugal), Prix des lecteurs du Salon de la Littérature Européenne de Cognac 2005, Prix Lucioles des lecteurs 2005 (Librairie Lucioles, Vienne), Prix Albatros de la Fondation Günter Grass 2006 (Allemagne).
    Nous combattrons l'ombre, a reçu le Prix Charles Brisset 2008, La Nuit des femmes qui chantent, 2012, Les Mémorables, 2015.

  • Une source d'eau douce, ou une fuite intarissable, s'est ouverte au premier étage d'un vieil immeuble du centre de Luanda. Les habitants s'y retrouvent pour un moment de conversation et de repos.
    Ce sont des gens simples qui partagent leurs vies et leurs souvenirs, ce sont des personnages surprenants et complexes qui ont des désirs, des rêves, des peines.
    Ils racontent leurs histoires, la guerre, et pensent à l'avenir.
    Il y a Odonato qui a la nostalgie de la Luanda d'autrefois, il a cessé de manger pour laisser la nourriture à ses enfants et est en train de devenir transparent.
    Il y a Amarelinha sa fille, la brodeuse de perles, qu'aimerait approcher le jeune MarchandDeCoquillages, toujours accompagné du bruit de son sac de marchandise et de l'Aveugle qui le suit.
    Il y a MariaComForça, qui vend du poisson grillé, et son mari le débrouillard qui monte une salle de cinéma sur le toit de l'immeuble.
    Le Facteur qui distribue ses lettres de protestation et réclame une mobylette à tous les représentants d'une autorité quelconque. Et Paizinho, le jeune garçon qui cherche à la télévision sa mère dont il a été séparé par la guerre.
    L'immeuble abrite aussi des journalistes, des chercheurs, des contrôleurs, tous intéressés par les richesses naturelles du pays et le développement de la grande ville africaine : pétrole ou eau potable, corruption ou bien public.
    Toutes ces histoires tissent la toile de fond d'une Angola en cours de transition brutale entre sa culture traditionnelle et la modernité. L'écriture d'Ondjaki, entre ironie tranquille et critique intelligente, imagination poétique et habileté narrative, emporte le lecteur séduit dans cette aventure.


  • 1987. Cinq jeunes femmes autour d'un piano, cinq survivantes du naufrage de l'Empire colonial portugais, elles sont là pour chanter.

    Il y a Gisela, qui les a convoquées et va mettre toute son audace et son énergie à leur transformation en un groupe vocal qui enregistre des disques et se produit sur scène.
    Il y a les deux soeurs Alcides, Maria Luisa la mezzo-soprano et Nani la soprano qui sortent du conservatoire.
    Il y a Madalena Micaia, The African Lady, à la sublime voix de jazz, noire et serveuse dans un restaurant, et enfin la plus jeune, Solange de Matos. Elle a 19 ans, elle découvre la vie et la ville, elle n'a pas une grande voix mais un grand talent "pour les petites choses", elle compose des paroles de chansons inoubliables qui vont faire la gloire du groupe.
    Puis il y aura l'amour aérien et ambigu du chorégraphe international Jõao de Lucena.
    Il y a les relations de pouvoir si particulières des femmes, les pressions psychologiques, la façon de tout sacrifier à la réalisation d'un objectif.
    Elles ont travaillé dans un garage, elles ont appris à chanter, à composer des chansons, à danser sur scène, à marcher comme on danse, elles ont enregistré un disque, et l'impensable s'est produit.
    Vingt ans après, la télévision, le royaume de l'instantané, leur consacre une émission et elles se retrouvent là, entre émotion et mensonge.
    Romancière au sommet de son art, dominant une langue raffinée et subtile pour aller au plus profond des sentiments et de l'histoire des changements d'une société, Lídia Jorge écrit ici un roman puissant et limpide.
    Lídia Jorge est née dans l'Algarve en 1946, elle est l'auteur de : La Forêt dans le fleuve (1988), Le Rivage des murmures (1989), La Journée des prodiges (1991), La Dernière femme (1995), L'Instrumentaliste (1998) qui a reçu le Prix de la Critique Allemande, La Couverture du soldat (1999), Prix Jean Monnet 2000, Le Vent qui siffle dans les grues (2004), Nous combattrons l'ombre (2008).


  • Le journaliste Daniel Benchimol rêve de gens qu'il ne connaît pas mais reconnaît dans la mémoire de l'appareil photo qu'il retrouve sur une plage d'Angola.

    Moira Fernandes, une artiste mozambicaine habitant Le Cap, met en scène et photographie ses rêves. Hélio de Castro, un neuroscientifique, les filme. Hossi Kaley, le patron de l'hôtel Arco-Iris, ancien guérillero au passé obscur et violent, se promène dans les rêves des autres vêtu d'un costume violet, ce qui va donner à un service secret l'idée de l'utiliser pour manipuler les rêves de la population lors des élections, mais ne l'empêchera pas malgré tout de connaître un grand amour. Les rêves rassemblent ces quatre personnages dans un pays totalitaire au bord de la destruction, où se réveillent aussi les rêves de liberté de la jeunesse.
    Écrite dans un style éblouissant, cette Société des rêveurs involontaires est une histoire d'amour, un récit fantastique, un polar onirique et une vraie satire politique pleine d'humour, qui questionne la nature de la réalité tout en réhabilitant le rêve comme instrument de transformation du monde.
    "Un roman engagé et poétique." - Público
    "Agualusa est un traducteur de rêves." - Mia Couto


  • « J'étais la fille d'un hasard, d'une bêtise de jeunesse, de l'exubérance du corps... Alors j'étais responsable de ce que cette barque noire soit venue couler à notre porte. »

    Emma découvre qu'elle est la fille du jeune frère de son père, chassé par la famille et dont elle ne connaît que les dessins d'oiseaux qui jalonnent ses voyages à travers le monde.
    Elle va aimer passionnément ce père étrange qui lui a donné sa couverture de soldat et son revolver. Puis, adolescente, elle assiste à la lente destruction par la famille de l'image de l'absent.
    Lídia Jorge écrit ici un roman poignant, direct, limpide, d'une force incroyable, qui vous tient prisonnier bien au-delà de sa lecture.

    Un livre exceptionnel.

  • Lorsque le chasseur Arcanjo Baleiro arrive à Kulumani pour tuer les lions mangeurs d'hommes qui ravagent la région, il se trouve pris dans des relations complexes et énigmatiques, où se mêlent faits, légendes et mythes.
    Une jeune femme du village, Mariamar, a sa théorie sur l'origine et la nature des attaques des bêtes. Sa soeur, Silência, en a été la dernière victime. L'aventure est racontée par ces deux voix, le chasseur et la jeune fille, au fil des pages on découvre leurs histoires respectives.
    La rencontre avec les bêtes sauvages amène tous les personnages à se confronter avec eux-mêmes, avec leurs fantasmes et leurs fautes. La crise met à nu les contradictions de la communauté, les rapports de pouvoir, tout autant que la force, parfois libératrice, parfois oppressive, de leurs traditions et de leurs croyances.
    L'auteur a vécu cette situation de très près lors d'un de ses chantiers. Ses fréquentes visites sur le théâtre du drame lui ont suggéré l'histoire inspirée de faits et de personnages réels qu'il rapporte ici.
    Clair, rapide, déconcertant, Mia Couto montre à travers ses personnages forts et complexes la domination impitoyable sur les femmes, la misère des hommes, la dureté de la pénurie et des paysages.

    Un grand roman dans la lignée de L'Accordeur de silences.

  • Sidónio Rosa est tombé éperdument amoureux de Deolinda, une jeune Mozambicaine, au cours d'un congrès médical à Lisbonne, ils se sont aimés puis elle est repartie chez elle.
    Il part à sa recherche et s'installe comme coopérant à Villa Cacimba. Il y rencontre les parents de sa bien-aimée, entame des relations ambiguës avec son père et attend patiemment qu'elle revienne de son stage. Mais reviendra-t-elle un jour ?
    Là, dans la brume qui envahit paysage et âmes, il découvre les secrets et les mystères de la petite ville, la famille des Sozihno, Munda et Bartolomeo, le vieux marin. L'Administrateur et sa Petite Épouse, la messagère mystérieuse à la robe grise qui répand les fleurs de l'oubli.
    Les femmes désirantes et abandonnées. L'absence dont on ne guérit jamais.

    Un roman au charme inquiétant écrit dans une langue unique.


  • Maria da Graça est femme de ménage, elle a l'ambition de mourir d'amour.

    Elle rêve toutes les nuits qu'elle essaye d'entrer au paradis pour y retrouver monsieur Ferreira, son patron, qui, bien qu'avare et ayant abusé d'elle, lui parlait de Goya, Bergman ou Mozart, des hommes capables d'impressionner Dieu en personne. Mais les portes du paradis sont encombrées de marchands de souvenirs et saint Pierre la repousse à chaque fois. Elle verse aussi tous les soirs quelques gouttes d'eau de Javel dans la soupe de son mari.
    Quitéria, son amie, se prostitue mais tombe amoureuse d'un émigré ukrainien désespéré.
    Comme Maria da Graça, tous les personnages de ce roman cherchent leur paradis et, pleins d'espoirs ou sans espoir, ils pensent que le bonheur vaut tous les risques, même s'il faut sauter allègrement dans l'abîme.

    V.H. Mãe dessine ici avec humour un portrait caustique et tendre de notre temps, à travers des personnages attachants qui avancent sur les chemins sinueux d'une société perturbée.


  • À sa mort, le célèbre compositeur angolais Faustino Manso a laissé derrière lui sept veuves et dix-huit enfants.

    Sa plus jeune fille, Laurentina, metteur en scène de cinéma et documentariste, essaie de reconstituer la vie agitée du musicien.
    Dans ce roman, la réalité et la fiction se côtoient et marchent d'un même pas, la première nourrissant la seconde. Sur les terres que parcourt Agualusa, la réalité est presque toujours plus invraisemblable que la fiction.
    L'auteur et les quatre personnages de son roman voyagent ensemble de Luanda, capitale de l'Angola, aux étendues désertiques de Namibie, semées de villages fantômes, jusqu'au Cap, en Afrique du Sud. Puis ils remontent vers Maputo, au Mozambique, vers la petite île magique où est mort le poète Tomas Antonio Gonzaga.
    Dans leur périple, ils parcourent des paysages à la frontière des rêves dont émergent des personnages extraordinaires.

    Agualusa écrit un roman sur les femmes, la musique et la magie, dont les pages annoncent la renaissance de ce continent africain, détruit par les guerres mais béni par la musique, la force toujours renouvelée de ses femmes et le pouvoir secret de très anciens dieux.

  • Les morros et les favelas de Rio sont en flammes, la police, sous couvert de répression du trafic de drogue, a mitraillé une procession religieuse et tué des enfants.
    Le jour approche où cette guerre va descendre sur la ville et les beaux quartiers du bord de mer.
    Francisco, un ancien colonel de la sécurité en Angola, installé au Brésil pour fuir les pièges d'un amour féroce et les tourments de sa mémoire, prépare ce jour en vendant des armes.
    Un journaliste angolais plonge dans cet incendie à la recherche de réponses aux questions que peu de gens veulent bien se poser.
    Racisme ou mépris social ? Émeutes ou révolte d'esclaves ?
    José Eduardo Agualusa crée dans une prose limpide des personnages inoubliables, Jararaca, le jeune chef de bande charismatique, Catiavala, le colonel à la voix de Nat King Cole, Euclides, le journaliste nain, Jacaré le rappeur fou de drogue, Anastacia la spécialiste de l'ayahuasca et des vagins dentés, Florzinha la belle vénéneuse, Monte le tortionnaire rédacteur de discours présidentiels...

    Un grand roman littéraire dans lequel la fiction est rattrapée par l'actualité.


  • « Et je n'arrivais pas à m'habituer à vivre mort. »

    Brito a émigré clandestinement dans une ville qu'il ne connaît pas et dont il ignore la langue. Un dimanche après-midi, à la suite d'un incident dans le métro, après avoir fait du lèche-vitrine avec sa femme et son fils, il se perd et ne retrouve plus le chemin de sa maison. Le retour chez lui s'avère impossible.
    Après une nuit d'errance dans la ville, où il ne rencontre que des étrangers qui ne parlent pas sa langue, il se rend compte que s'il ne demande pas de l'aide il se perdra pour toujours, mais que s'il le fait il détruit tout son rêve d'une vie nouvelle. En moins de 24 heures l'auteur explore ce que signifie vivre en ayant l'impression d'être immigré à l'intérieur de soi-même, ce qui s'avère plus difficile que l'exil.
    « Une lecture sublime : un Portugais qui écrit des livres comme Almodóvar fait des films. » - Néon (Allemagne)


  • Une femme tombe du ciel et s'écrase sur la route devant Bartolomeu au moment où éclate une tempête tropicale et où sa maîtresse lui annonce qu'elle le quitte.

    Il décide de percer ce mystère alors que tout change autour de lui, il découvre que la morte, mannequin et ex-miss, avait fréquenté le lit d'hommes politiques et d'entrepreneurs, devenant ainsi gênante pour certains, et il comprend qu'il sera la prochaine victime.
    Il croise les chemins d'une chanteuse à succès, d'un trafiquant d'armes ambassadeur auprès du Vatican, d'un guérisseur ambitieux, d'un ex-démineur aveugle, d'un dandy nain, d'une prêtresse du candomblé adepte du mariage, d'un jeune peintre autiste, d'un ange noir ou de son ombre.
    Il explore la ville de Luanda en 2020, métaphore de la société angolaise où les traditions ancestrales cohabitent difficilement avec une modernité mal assimilée. Il s'enfonce dans la Termitière, gratte-ciel inachevé mais déjà en ruine où les riches vivent dans les étages tandis que les pauvres et les truands occupent les sous-sols.
    Il nous montre une ville en convulsion où l'insolite est toujours présent et intimement mêlé au prosaïque et au quotidien, où la réalité tend à être beaucoup plus invraisemblable que la fiction.
    Dans une prose magnifique cet amoureux des mots définit son pays comme une culture de l'excès, que ce soit dans la façon de s'amuser ou dans la façon de manifester ses sentiments ou sa souffrance.


  • À Luanda, à la fin de la guerre révolutionnaire, Félix Ventura, le bouquiniste albinos crée de faux passés qu'il vend aux nouveaux riches.

    Ses clients sont des entrepreneurs prospères, des hommes politiques, des généraux, tous ont assuré leur avenir. Il leur faut donc transmettre à leurs enfants un bon passé.
    Félix leur construit des généalogies flatteuses, des portraits d'ancêtres, des mémoires brillantes.
    Il en vit bien, jusqu'à l'arrivée d'un mystérieux étranger à la recherche d'une identité angolaise.

    Alors, dans un vertige, le passé envahit le présent et tout bascule. Satire féroce et pleine d'humour de la société angolaise, ce Marchand de passés est surtout une réflexion sur la construction de la mémoire et ses ambiguïtés.


  • Timor oriental, 1999.

    Alor, un jeune architecte indonésien, arrive à Díli chargé de concevoir une maison pour le leader indépendantiste du Timor. Il s'installe dans la Pension du Monde Perdu, où les chambres portent des noms de massacres.
    Dans les mois qui précèdent le vote pour l'indépendance, il va vivre un crescendo de violence, être manipulé, rencontrer une princesse, un moine soldat, un évêque, un agent de Jakarta et le Généralissime, alias La Relique, le premier chef de la nation, survivant d'un bombardement, caché dans une grotte dans la montagne. Alor représente l'élu, le sauveur envoyé par le destin.
    Mais Dieu "est un crocodile étranger", dit-on à Díli. Dans l'euphorie du référendum, Jakarta lance une opération, Alor disparaît dans le chaos, et on ne retrouve qu'une tête coupée dans une boîte. La Suède envoie un évêque pour mener l'enquête.
    Ce livre réunit toutes les pièces et les rapports de sa mission. Ce roman magnifique est un requiem pour les mondes perdus des restes de l'Empire portugais. Il est écrit du point de vue des colonisés.
    Nul ne pouvait mieux parler du Timor que le journaliste qui y a été correspondant dans une des périodes sanglantes de son passé récent.

  • Francisco José, jeune prêtre brésilien, métis d'Indien et de Portugais, débarque à Luanda pour devenir le secrétaire de la reine Ginga, fille et soeur de rois, et reine elle-même.
    Cette femme exceptionnelle (1581-1663) évinça les hommes de sa famille, s'empara de tous les attributs du pouvoir, se fit appeler "roi', entretint un harem d'hommes habillés en femmes et prit, les armes à la main, la tête de ses guerriers sur les champs de bataille.
    Fin stratège et diplomate, cruelle et séduisante, elle n'hésitait pas à s'allier à ses ennemis si nécessaire.

    Le jeune héros brésilien, emporté par cette histoire tumultueuse, se trouve mêlé à la guerre de conquête des Hollandais et va d'aventure en aventure entre le Brésil et l'Afrique, sur les vaisseaux pirates.

    José Eduardo Agualusa raconte une histoire véridique et étonnante dans un roman à la fois picaresque, vif, parfois poétique, plein de bruit et de fureur, d'amours interdites, de sang et de passion, de trahisons et de rebondissements palpitants.
    Dans un style magnifique il évoque aussi bien la cruauté de l'esclavage au Brésil que l'histoire dramatique de l'Afrique à travers le destin d'une très grande reine.

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