• «Je montrerai tout. Mon coeur, mes émotions. Vert - rouge - jaune - bleu - violet. Haine -amour - rire - peur - tendresse.» Niki hait l'arête, la ligne droite, la symétrie. A l'inverse, l'ondulation, la courbe, le rond ont le pouvoir de déliter la moindre de ses tensions. Délayer les amertumes, délier les pliures : un langage architectural qui parlerait la langue des berceuses. Aussi vit-elle sa visite au parc Güell comme une véritable épiphanie. Tout ici la transporte, des vagues pierrées à leur miroitement singulier. Trencadis est le mot qu'elle retient : une mosaïque d'éclats de céramique et de verre. De la vieille vaisselle cassée recyclée pour faire simple. Si je comprends bien, se dit-elle, le trencadis est un cheminement bref de la dislocation vers la reconstruction. Concasser l'unique pour épanouir le composite. Broyer le figé pour enfanter le mouvement. Briser le quotidien pour inventer le féérique. Elle rit : ce devrait être presque un art de vie, non ? «J'aime l'imaginaire comme un moine peut aimer Dieu.»

    Originaire de Valenciennes, Caroline Deyns a travaillé, durant ses études, pour la librairie universitaire Meura,qui prêtera son décor au calvaire de Monsieur H., premier des personnages à apparaître dans Tour de plume, roman choral publié aux éditions Philippe Rey en 2011. Après l'écriture, c'est au corps dansant d'investir le texte : celui, intensément libre, d'Isadora Duncan dont Perdu, le jour où nous n'avons pas dansé (éditions Philippe Rey, 2015) cherche à retracer les vies multiples.

  • Un travail intéressant, une vie intellectuelle, des amis... Mais un célibat involontaire qui dure depuis trente ans : amours déçues, refus, rebuffades, questions indiscrètes, solitude profonde, conseils déplacés, condescendance... Malin Lindroth a cinquante ans quand elle réalise qu'elle n'aura pas d'enfants. C'est l'occasion pour elle de réfléchir à son histoire qui est aussi celle de ces millions de femmes qui continuent de chercher « une vie à soi » tout en se confrontant aux normes de la vie de couple. Car, dans le monde occidental, la vie à deux constitue non seulement la plus haute expression de l'amour, mais la seule et unique. Vivre seule est vu comme un échec, ou une parenthèse en attendant mieux. Que faire de cet échec ? Se laisser inspirer par le kintsugi, peut-être, cet art japonais de la réparation qui consiste à souligner à la poudre d'or les cicatrices des porcelaines et des céramiques brisées. La peur de la solitude et tout ce que nous faisons pour y échapper est bien souvent plus blessant que la solitude elle-même. « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier », écrivait le suédois Stig Dagerman. Malin Lindroth lui donne tort avec ce livre éblouissant d'humanité qui, comme La Femme de trente ans de Balzac en son temps, donne aux femmes le droit d'être reconnues par la société en dehors des diktats de l'époque et de la loi du marché. Tout à la fois essai et témoignage, La Fille de cinquante ans pose une question essentielle : quelle place reconnaître aux femmes seules qui aiment toujours autant vivre et aimer ? Au siècle dernier, en Suède - pays pionnier du féminisme -, elles avaient plus de droits que les femmes mariées.

  • À quinze ans dans le Maroc des années 1950, Maya est mariée à un homme qui la violera chaque soir. D'abord inaudible, son murmure Pourvu qu'il soit de bonne humeur deviendra son mantra.
    Comment être libre quand l'idée même de liberté ne peut s'envisager ? Résister dans une guerre où les bruits des armes sont ceux de l'intimité, de clés tournant dans une serrure ou de pas approchant doucement ?
    Quand, malgré le silence familial, la mémoire du viol conjugal se transmet d'une génération de femme à l'autre, c'est la peur qui s'insinue dans les couloirs du temps.

  • L'or de nos cicatrices : se libérer et se reconstruire après des violences sexuelles Nouv.

    Se libérer et se reconstruire après des violences sexuelles"L'impossible est devenu possible. Exit les peurs, les doutes, la souffrance dans laquelle j'étais prisonnière. J'ai une furieuse envie de vivre pleinement et je souhaite que ma vie soit belle, épanouissante, remplie d'amour, de joies, de rêves à réaliser."
    Après avoir subi un viol alors qu'elle avait 15 ans, Anya a mis vingt ans à sortir du silence, à surmonter son passé et à trouver la paix intérieure. En s'engageant dans son parcours de résilience, elle a transformé cette épreuve en une force extraordinaire, à l'origine de sa formation de coach et de thérapeute, et de l'association "Les résilientes", qu'elle a créée pour accompagner les victimes de violences sexuelles.
    Comment vivre et se reconstruire après une telle épreuve ?
    Comment se libérer de son passé et guérir ses blessures ?
    Comment surmonter ses peurs et se réconcilier avec soi ?
    Comment reprendre le pouvoir sur sa vie et s'engager dans la voie du changement ?
    Telles sont les questions auxquelles Anya répond en transmettant les clés pour métamorphoser sa vie, en toute autonomie et à son propre rythme. A travers témoignages et conseils, elle nous invite à un voyage de transformation. En guidant pas-à-pas avec bienveillance, elle met en lumière le potentiel que chacun.e possède et ouvre les portes de la résilience.

  • Le sexe pour les nuls Nouv.

    Sexualité, amour, couple, érotisme : des pistes pour comprendre le sexe aujourd'huiRegardez le sexe autrement !
    Saviez-vous que l'orgasme peut rendre triste ou que l'homme peut s'entraîner à jouir sans éjaculer ? Que la femme a un petit pénis enfoui en elle ? Qu'il existe non pas deux sexes (masculin et féminin), mais bien davantage ? Qu'on peut être asexuel ?
    Cet ouvrage de référence est destiné à tous, quelle que soit leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, en couple ou non, en solo, en rupture ou en " recomposition ", avec ou sans problème sexuels, amateurs d'érotisme éclairé ou de pornographie joyeuse ! Vous y trouverez une information rigoureuse et les dernières données de la science, des conseils pratiques,
    des anecdotes et même quelques bizarreries sur la sexualité d'hier et d'aujourd'hui.

  • Cet ouvrage s'interroge sur la place de la femme et des femmes dans le rap français, en s'intéressant aux différentes thématiques qui touchent leur condition et émancipation puis en donnant la parole aux actrices de la scène rap, par la mise en lumière de leurs oeuvres et parcours. Il sera question des pionnières - présentes dès la naissance du genre et évacuées au moment de son âge d'or -, des pilliers que sont Diam's, Casey et Keny Arkana, représentant chacune une facette de la rappeuse, et des contemporaines, de plus en plus nombreuses, pour lesquelles l'urgence est dans l'émancipation des femmes et se ressent dans leurs textes et attitude. L'auteure explique les spécificités langagières et musicales du rap et démonte les clichés visant à l'extraire d'une culture musicale francophone.

    Bettina Ghio est docteur en Littérature et civilisation françaises. Elle est enseignante au lycée et chargée de cours à l'université Paris 3. D'origine argentine, elle s'est intéressée au rap français et a déjà publié un essai remarqué sur les liens entre le rap et la littérature : Sans fautes de frappe (Le mot et le reste, 2016).

  • Ciblée par de nombreuses menaces, dues à son statut d'écrivaine féministe et militante, la narratrice s'isole dans un chalet en pleine forêt pour disparaître. Face à la neige qui recouvre tout au-dehors, elle peut s'abandonner à son monde intérieur et retrace pour nous le fil des événements. Elle se souvient de l'arrivée du beau-frère dans la famille, toute la violence des hommes qu'il cristallise à lui seul. À son contact les personnalités s'effilochent et l'inacceptable devient pardonnable; la famille détourne les yeux, on lui demande à elle, l'écrivaine, de maintenir la paix par le silence, de céder à ceux qui tentent depuis toujours de tuer le langage. Or, face à cette violence, elle ne peut qu'ouvrir une porte à la vérité par l'écriture et tenter de construire un témoignage universel.

    Née au Québec en 1957, Élise Turcotte est poète, nouvelliste et romancière. Ses romans, parmi lesquels : Le Bruit des choses vivantes, La Maison étrangère et Guyana, ont été salués par la critique et ont remporté de nombreux prix littéraires au Québec. L'Apparition du chevreuil, paru à l'automne 2019, est finaliste du Prix des Libraires du Québec 2020.

  • Le meilleur des slogans de manif du xxie siècle : parce que l'imagination au service de la politique, ça fait des étincelles !Que ce soient les Gilets jaunes, les Marches pour le climat, Nous toutes... rien n'arrête plus ces grandes manifestations qui rassemblent la société française autour de slogans souvent décapants !
    Do Ré Mi Fa Sol Lacrymo. Enseigner jusqu'à 67 ans, yes we canne... La retraite avant l'arthrite. Les bronzés ne feront plus de ski. Ta planète, tu la veux bleue ou bien cuite ? La correspondance entre ta main et mon cul n'est pas assurée. Range ton zizi, j'ai pas dit " oui " ! Retrouvez plus de 150 slogans de manif inoubliables et inoubliés d'hier et d'aujourd'hui.
    /> Parce que la lutte, c'est classe !

  • Je n'ai jamais su dire non. Si j'avais été une planche posée sur la mer et qu'on m'avait interdit de flotter, je me serais transformée en caillou pour être capable de couler.
    Je me suis peut-être noyée au fond de moi.

  • En 1937, Amelia Earhart, partie pour un tour du monde, s'écrase dans l'océan Pacifique. La légende fait de cette pionnière du ciel une Robinson Crusoé moderne : survivant au crash sur l'une des îles Phoenix, seule au monde, est-elle encore capable d'en goûter la beauté fugitive ?
    Dans son quatrième livre, Lessard raconte des vies qui, comme celle d'Earhart, volent en éclats. Elle rassemble autour d'elle un archipel de survivant.e.s, avec qui elle partage la langue des grand.e.s brûlé.e.s. Dans la foulée du mouvement #MeToo, cette poésie féministe et confessionnelle expose l'après des traumatismes et dénonce les traces profondes que laisse la violence. Sa parole empathique rend compte des distorsions de la mémoire blessée et du long chemin parcouru par celles et ceux qui luttent pour renaître parmi les cendres. Oscillant entre biographie et autobiographie, ces poèmes nous rappellent qu'il n'y a pas de résistance ni de résilience sans communauté.

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