Littérature générale

  • La peste

    Albert Camus

    "C'est moi qui remplace la peste", s'écriait Caligula, l'empereur dément. Bientôt, la "peste brune" déferlait sur l'Europe dans un grand bruit de bottes. France déchirée aux coutures de Somme et de Loire, troupeaux de prisonniers, esclaves voués par millions aux barbelés et aux crématoires, La Peste éternise ces jours de ténèbres, cette "passion collective" d'une Europe en folie, détournée comme Oran de la mer et de sa mesure.
    Sans doute la guerre accentue-t-elle la séparation, la maladie, l'insécurité. Mais ne sommes-nous pas toujours plus ou moins séparés, menacés, exilés, rongés comme le fruit par le ver ? Face aux souffrances comme à la mort, à l'ennui des recommencements, La Peste recense les conduites ; elle nous impose la vision d'un univers sans avenir ni finalité, un monde de la répétition et de l'étouffante monotonie, où le drame même cesse de paraître dramatique et s'imprègne d'humour macabre, où les hommes se définissent moins par leur démarche, leur langage et leur poids de chair que par leurs silences, leurs secrètes blessures, leurs ombres portées et leurs réactions aux défis de l'existence.
    La Peste sera donc, au gré des interprétations, la "chronique de la résistance" ou un roman de la permanence, le prolongement de L'Étranger ou "un progrès" sur L'Étranger, le livre des "damnés" et des solitaires ou le manuel du relatif et de la solidarité - en tout cas, une oeuvre pudique et calculée qu'Albert Camus douta parfois de mener à bien, au cours de sept années de gestation, de maturation et de rédaction difficiles...

  • "Là, avait dit Bahi en montrant le milieu d'un coteau où ployaient les tiges de blés encore verts, là, et marchant à pas rapides jusqu'au point désigné, à cet endroit exactement, comme si le contact de la terre sous ses pieds avait d'un coup fait resurgir en lui la scène entière, comme si entouré des mêmes collines des mêmes champs que cinquante ans plus tôt il s'était brusquement mis à revoir chaque détail de la matinée d'alors."

    Au volant d'un camion, sur les routes d'Algérie, Bahi raconte au narrateur ses souvenirs de la ferme où il a travaillé cinquante ans plus tôt, à la veille de l'Indépendance. Il lui décrit l'Algérie d'aujourd'hui, s'amuse des petits bénéfices qu'il fait, à soixante-dix ans, en revendant du sable d'un bout à l'autre du pays, se moque tendrement de la réussite trop clinquante de ses fils. Des réunions clandestines à deux pas de la ferme aux descentes à la plage, du travail dans les vignes à la folie meurtrière des fêtes de l'Indépendance à Oran, c'est tout un pan du passé qui renaît peu à peu, habité par la figure du fermier Malusci, que Bahi, malgré tout ce qui les séparait, n'a pas oublié.

  • 25 novembre 2016, Raúl Castro annonce la mort de son frère. Depuis son plateau ardéchois Jeanne sent le vent du passé raviver sa jeunesse révolutionnaire. Mais lorsque la lettre d'un ancien camarade, amour de jeunesse inachevé fait surgir les souvenirs, un puissant désir d'avenir la submerge. Depuis Cassis, Ruben a trouvé la force d'écrire, lui qui ne sait plus rien d'elle depuis si longtemps. En dépit des idéaux qui les ont amenés à se rencontrer et à s'aimer, c'est le départ de Jeanne pour Cuba qui a scellé leur éloignement. À moins que ce ne soit le refus de Ruben de la suivre, horrifié à l'idée de retrouver les drapeaux sanglants de la révolution, lui qui a fui l'Espagne franquiste. Mais peu importent les révolutions, seule leurs retrouvailles comptent et tout reste à vivre.

    Catherine Gucher est écrivaine et enseigne la sociologie à l'Université de Grenoble. Pour son premier roman, Transcolorado (2017), elle a, entre autres, obtenu le prix du Festival du Premier Roman de Chambéry et le prix Québec-France Marie-Claire-Blais.

  • 'Je viens d'un monde ou l'adolescence n'existe pas.
    L'insouciance qui, d'habitude, protcge les enfants d'une réalité âpre nous quittait trop vite. Je l'avais ressenti trcs tôt, peut-etre dcs l'âge de dix ans, dans les regards de mes camarades. Chaque mois qui passait voyait disparaître un peu de l'innocence qui pétillait dans nos yeux. [...]
    Partir loin, trcs loin, l´r ou nous aurions de quoi manger ´r tous les repas ; l´r ou nous pourrions mettre des habits propres tous les jours ; l´r ou nous aurions de l'eau ´r profusion pour nous laver et boire jusqu'´r plus soif...'
    Le narrateur grandit dans un quartier pauvre d'Oran. Il considcre qu'il n'a pas d'avenir dans une société ou la miscre le dispute ´r la corruption. ´R quinze ans, pret ´r affronter tous les périls, il part pour la France, ou il vit d'expédients en expédients la vie des sans-papiers. Aprcs deux ans de galcre, ´r un moment ou son sort semble s'améliorer, un voile rouge s'abat sur ses yeux. ´R la cruauté de l'exil s'ajoute celle du handicap, mais une volonté hors du commun, un don inné des mathématiques lui permettront de dépasser la double douleur de la cécité et du rejet par une société trop souvent xénophobe. Il découvre alors la richesse de la littérature, la force de l'amour et se fait l'auteur de son propre destin.
    Écrit dans une langue simple et nerveuse, traversée parfois d'éclairs de poésie, Le voile rouge est un récit brut, dont la dureté, jamais gratuite, reste toujours au plus prcs d'une humanité profonde.

  • Le glacis

    Monique Rivet

    Laure a vingt-cinq ans lorsqu'au milieu des années 50 elle est nommée, en pleine guerre d'Algérie, professeur de lettres dans un lycée d'une petite ville de l'Oranais.
    Cette guerre, qu'elle ne comprend pas, la désoriente, puis lui fait horreur. Elle ne comprend pas davantage la société qu'elle découvre, une société cloisonnée où les conformismes se côtoient en toute hostilité et qu'elle choque par la liberté de ses réactions ; d'emblée elle s'y fait des ennemis, au point de se mettre en danger.
    « Le temps où j'ai habité la ville était le temps de la violence. Le temps de ce que le langage officiel déguisait d'un intitulé pudique : les "événements", quand l'homme de la rue disait : la guerre. La guerre d'Algérie. Ce pays, je ne lui appartenais pas, je m'y trouvais par hasard. J'y étais de guingois avec tout, choses et gens, frappée d'une frilosité à fleur de peau, incapable d'adhérer à aucun des mouvements qui s'y affrontaient.
    Cette guerre, je ne la reconnaissais pas, elle n'était pas la mienne. Je la repoussais de toutes mes forces. Si j'avais eu à la faire... - s'il avait fallu que je la fasse, aurais-je pu la faire aux côtés des miens ? »
    Monique Rivet avait l'âge de Laure quand elle a écrit ce texte, vibrant, sobre et vital, témoin de son regard de femme très jeune sur une guerre que personne ne voulait reconnaître.
    Ce roman n'a jamais été publié auparavant.


  • Journaliste, Alain prend une année sabbatique pour courir autour du monde en équipage. Mais les 50èmes Hurlants ont raison du bateau qui rallie Le Cap. Alain apprend alors à piloter, et devient pilote à la Comair, une compagnie intérieure sud-africaine. Puis, c'est l'appel de la brousse au contact de la magnifique réserve de Mala Mala. Alain épouse la fille du propriétaire de la réserve, la somptueuse Carole, avec laquelle il crée une réserve au Zimbabwe. Mais le rêve de Kingani vire au cauchemar : toute la famille d'Alain est massacrée dans d'horribles circonstances. La vengeance se met alors en place avec l'aide de Marc, navigateur hors pair, qui dispose de puissantes vedettes pour anéantir le sinistre chef des « vétérans » du dictateur Mugabe. avec une panthère et, surtout, un crocodile et Alain retrouvera son amie d'enfance qu'il avait connue à Oran, tandis que Marc file le parfait amour avec Catherine.Tout cela au milieu de paysages sublimes au coeur d'une nature, comme si le monde venait d'être créé...

  • - 40%

    Entourée de l'affection de ses parents et de sa tante Ouarda, Safia a grandi à Oran. Après son mariage, elle va s'installer près de Paris et tout se gâte.
    Saura-t-elle déjouer les écueils et prendre sa vie en main ?
    D'après une histoire vraie.

    Safia a grandi à Oran entourée de l'affection de sa famille. Après son mariage avec Djillali, elle part avec lui s'installer en France, près de Paris. Mais un jour, son époux lève la main sur elle. Electre

  • Dans l'Algérie exsangue de l'immédiat après-guerre, une vieille originale, Prudence Deschaussayes, confie à Lancelot - le narrateur - le manuscrit d'une tragédie, Trois Enfants perdus, « autobiographique », précise-t-elle. Fasciné par la démesure de la pièce, Lancelot se met en devoir de la faire représenter au théâtre municipal d'Oran. Le soir de la première, la vieille fille disparaît, emmenée par des inconnus qui sont peut-être les héros mêmes de l'histoire. Tel est le point de départ du roman, autrement dit de cette « enquête » que va dès lors entreprendre Lancelot, aidé par son ami Salah Eddine, pour retrouver l'auteur et ses personnages, les véritables modèles de ces « enfants perdus ». Étrange enquête, coupée de rappels, de confessions, et de réminiscences, dont les rebondissements imprévus, les multiples épisodes entraînent le lecteur au coeur du drame algérien, de la conquête à l'indépendance. Une étonnante remontée dans le Temps et la Mémoire de deux communautés unies malgré elles, déchirées par une guerre fratricide dont nous revivons les péripéties à travers le destin maudit d'une famille. Jamais sans doute Jean-Pierre Millecam ne nous avait fait sentir avec une telle intensité la nature mystérieuse d'un conflit où l'honneur de chacun se dévoile, unique et double à la fois, partagé entre l'amour et la haine, le sang et les larmes, la terreur et la pitié.

  • Parti d'Oran à l'âge de cinq ans, l'auteur a passé toute son enfance et son adolescence en Bretagne. Ces années d'insouciance et de bonheur intense ont gravé à jamais son coeur et sa mémoire de séquences de vie, de moments forts et surtout de visages, d'odeurs, de sensations, qui ont forgé l'homme qu'il est devenu. Néanmoins, rien n'a jamais pu remplacer son profond ancrage à la terre qui l'a vu naître, ni son attachement viscéral, indéfectible et éternel à son identité, partagée entre les deux rives de la méditerranée.
    Il a entrepris d'écrire ce livre après avoir ressenti le besoin impérieux et urgent de mettre noir sur blanc les souvenirs de certains membres de sa famille ainsi que ceux de nombreux autres compatriotes. À travers leurs récits authentiques, il vous invite à voyager dans le temps et l'espace, et surtout à ressentir les émotions (souvent heureuses, parfois douloureuses) encore vivaces dans les coeurs et les esprits de tous ceux qui ont vécu cette période de notre histoire commune, afin que jamais ne s'éteigne la flamme de l'âme et de l'identité pied-noir.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • 12 heures 49, le 21 octobre 1981, boulevard Michelet à Marseille. Un tueur à moto exécute le juge Pierre Michel de trois balles de 11.43. Un an plus tard, ni son assassin ni, surtout, le commanditaire du crime, n'ont été arrêtés. Comme dans l'affaire de l'assassinat du juge Renaud à Lyon, faute de preuves, ils ne seront jamais inculpés. Alain Laville a mené l'enquête, remontant les filières, interrogeant en France, et en Italie, plus de 400 personnes ayant approché le juge Michel et ses dossiers. Une longue enquête de neuf mois, dangereuse et difficile, dont il publie, malgré menaces physiques et mises en garde, les résultats explosifs, assortis de documents confidentiels. Alain Laville révèle : pourquoi et comment le juge Michel venait d'inculper un des plus gros financiers du trafic de l'héroïne, frère d'un conseiller municipal de Gaston Defferre à la mairie de Marseille, proche de députés socialistes. Pourquoi et comment le juge Michel allait, à travers ce dossier et ses informations personnelles, interroger et inculper l'un des maîtres du crime organisé, parrain intouchable de 48 ans, "l'oeil de la Mafia sicilienne en France". Pourquoi et comment il comptait, pour y parvenir, sur un ultime interrogatoire, le jour de sa mort, à 14 heures 30... Alain Laville donne ainsi la principale clé de l'assassinat du juge Michel. Il révèle aussi : Pourquoi et comment le juge Michel était sur le point de dénoncer un vaste trafic de libertés médicales, réservées aux truands fortunés, mettant en cause un avocat marseillais, des médecins et de hautes personnalités de l'administration pénitentiaire. Mais ce livre n'est pas seulement le roman noir de Marseille, où les affaires succèdent aux affaires, les mystères aux mystères. Vous découvrirez, de page en page, le destin d'un homme de l'Est, venu défier Marseille, en allant au bout de chaque dossier, avec acharnement et courage. Vous découvrirez un juge hors du commun, qui a fait de son métier un idéal et qui, au-delà de la haine, même condamné à mort par celui qu'il allait inculper, n'a jamais cessé son combat de justice. Avec ce document, écrit comme un roman, où aucun nom n'est caché, Alain Laville a voulu rendre hommage au juge Michel. Et essayer de faire en sorte que l'histoire de ce crime ne se répète pas, qu'il n'y ait pas, après Renaud et Michel, un troisième juge assassiné en France, que l'État, comme le désirait de toutes ses forces le juge Michel, s'attaque, enfin, au crime organisé.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Georges Campos est l'arrière-petit-fils d'immigrants espagnols fuyant au milieu du XIXe siècle la misère et l'insécurité régnant sur leur pays, secoué par l'instabilité politico-militaire. Petit-fils et fils de travailleurs de la terre et du rail, l'auteur a passé sa prime jeunesse à Perregaux où son père était ouvrier cheminot. Il a exercé les fonctions d'instituteur dans le bled oranais de 1949 à 1962. Tout en déroulant, sur plus d'un siècle, une saga familiale qui conduit le lecteur dans divers coins de son Oranie natale, du Tell aux Hauts Plateaux, Georges Campos raconte la vie des travailleurs qu'il a connus (cheminots, ouvriers, pêcheurs, dockers, instituteurs, petits fonctionnaires...) leurs drames, leur joie de vivre, les calamités naturelles, les faits divers, les anecdotes, la vie politique, « les petites histoires », la petite histoire, le débarquement américain de 1942, l'animation colorée des cités baignées de soleil, jusqu'au cauchemar d'un été 1962. « Les palmiers d'Arzew », c'est aussi et surtout un hymne à une petite cité de pêcheurs et d'humbles travailleurs, berceau de la famille de l'auteur, un hymne à la mer, au ciel bleu, à la joie toute simple de vivre en partageant les bons et mauvais moments, et puis un petit cimetière tout blanc perché sur une corniche ocre où le repos des défunts est troublé par le seul criaillement des mouettes ! Un témoignage sans prétentions littéraires, empreint de la nostalgie des années heureuses, qui se lit comme un roman... Une machine à remonter le temps qui nous transporte d'Alicante à Oran, Arzew, Tiaret, Bougtob, Ste-Léonie, Perregaux, Mostaganem, Tlemcen, E.E. Hennaya, Terni, Waldeck Rousseau, Ferme Blanche, Bouisseville, Mers El Kébir.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Abondamment illustré, l'histoire de Tlemcen, son rayonnement et son développement.

  • Abondamment illustré, la vie à Tlemcen des trois communautés avant l'indépendance de l'Algérie.

  • BnF collection ebooks - "La vie si courte, si longue, devient parfois insupportable. Elle se déroule, toujours pareille, avec la mort au bout. On ne peut ni l'arrêter, ni la changer, ni la comprendre. Et souvent une révolte indignée vous saisit devant l'impuissance de notre effort. Quoique nous fassions, nous mourrons ! Quoique nous croyions, quoique nous pensions, quoique nous tentions, nous mourrons."BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir en version numérique des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés. Tous les genres y sont représentés : morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d'histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse.

  • Étudiante en médecine à Ouahrân (Oran) dans les années quatre-vingt, Nouara la rebelle bouscule les repères sociaux et culturels ancestraux, inconcevable outrage pour son frère croyant pratiquant. Menacée par des jusqu'au-boutistes religieux, Nouara ne connaîtra jamais la petite Dimya, piètre ange gardien, garçon manqué manipulé par la vieille Cherifa non moins révoltée. D'autres destins de femme apparaissent en filigranes autour de Nouara, dans la vieille ville de Biskra où elle est cloîtrée. Fuites entre Ouahrân et Biskra, violences inouïes au sein d'un même foyer bourgeois d'apparatchiks, manifestations populaires, le suspens quasi cinématographique se développe ici au service de problématiques universelles contemporaines. « Reine » est la femme engagée, consciemment ou non, dans la quête d`une dignité. « Désert » demeure la société gangrenée par des pouvoirs iniques millénaires qui cantonnent, à n'importe quel prix, la femme dans un statut d'infra-être.

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