P.O.L

  • Les porteurs d'eau

    Atiq Rahimi

    11 mars 2001 : les Talibans détruisent les deux Bouddhas de Bâmiyân, en Afghanistan.
    Le même jour basculent la vie d'un porteur d'eau à Kaboul et la vie d'un exilé afghan entre Paris et Amsterdam.

  • Doggerland

    Elisabeth Filhol

    Il y a huit mille ans, une grande île s'étendait au milieu de la mer du Nord, le Doggerland. Margaret en a fait son objet d'étude. Marc aurait pu la suivre sur cette voie, mais c'est le pétrole qu'il a choisi. Il a quitté le département de géologie de St Andrews, pour une vie d'aventure sur les plateformes offshore. Vingt ans plus tard, une occasion se présente. Ils pourraient la saisir, faire le choix de se revoir. On dit que l'histoire ne se répète pas. Mais les géologues le savent, sur des temps très longs, des forces agissent à distance, capables de réveiller d'anciens volcans, de rouvrir de vieilles failles, ou de les refermer.

  • Tu as trente ans et tes aventures se suivent et se ressemblent. L'amour, tu commences chaque fois par t'en faire un film toute seule. Puis tu le portes à bout de bras jusqu'à ce que les masques tombent, surtout celui que tu t'es collé toi-même sur les yeux. Alors, imagine : entre ta petite vie sans histoire à Paris et une rencontre incertaine à l'autre bout du monde, toi, tu ferais quoi ? Ne me dis pas : « J'irais parce que je n'aurais rien à perdre. » Et si cette fois, justement, tu avais tout à y perdre ?

  • J'espère malgré tout que nous pourrons avoir de temps en temps des nouvelles l'un de l'autre. Mais ce n'est pas certain, tu t'en doutes, n'est-ce pas ?

  • Gatsby

    Francis Scott Fitzgerald

    Il s´interrompit et se mit à marcher de long en large sur le sentier dévasté, jonché d´écorces de fruits, de rubans fanés et de fleurs écrasées.
    « À votre place, je ne lui en demanderais pas tant, risquai-je. On ne peut pas faire revivre le passé.
    - On ne peut pas faire revivre le passé ! s´écria-t-il, incrédule. Mais bien sûr qu´on peut ! » Été 1922. En pleine Prohibition, Gatsby, un jeune multimilliardaire sorti de nulle part, aux origines et aux ressources douteuses, organise des soirées somptueuses dans sa villa de Long Island. Tandis que le gratin, new-yorkais s´enivre de ses cocktails de contrebande et danse sur ses pelouses, lui n´a d´yeux que pour une petite lumière verte qui scintille de l´autre côté de la baie. Pourquoi s´est-il installé là ? À quoi bon cette fortune prodigieuse ? Aux pieds de qui est-il venu la déposer ? L´a-t-elle attendu, elle aussi ? Le narrateur, impliqué malgré lui dans cette enquête romantique, va peu à peu découvrir, en même temps que la cruauté ordinaire de ceux qui sont nés riches, l´arrière-goût amer des lendemains de fêtes et la fragilité des amours adolescentes.

  • Crâne chaud

    Nathalie Quintane

    La littérature pas plus que la philosophie ne sont déprofessionnalisées, pas plus que la connaissance sexuelle : si la connaissance sexuelle étaient enfin totalement déprofessionnalisée, Brigitte ne s'acharnerait pas deux heures par jour tous les jours sauf le week-end. Oui mais la littérature peut être lue par tous et non par un, et tous écoutent l'émission et comprennent.

    Crâne chaud parle d'amour, non au sens de j'aime les vacances ou j'aime mon chat, mais au sens plus précis de sentiment sexuel.

    Comme le genre n'est jamais simple à dire, on pourrait avancer que ce livre est une fantaisie, ou plutôt une fantaisie réaliste, ou encore une fantaisie réaliste critique.

  • Michael Jackson

    Pierric Bailly

    Il n'est pas tellement question de Michael Jackson dans ce livre, mais plutôt de l'histoire de Maud et Luc. En fait, il y a même trois Maud, et Luc est amoureux de toutes les trois. D'ailleurs il y a aussi trois Luc. Michael Jackson est un roman d'amour en trois dimensions.

  • Walla Walla

    Elsa Boyer

    À Walla Walla, au milieu du béton, en plein sur les écrans, un pasteur fait usage de techniques d'agitation. Il s'agit de reconstruire, emmurer, armer. Il connaît tous les business, ravit les cervelles.
    Au même moment, on poursuit les relations de voisinage, on pratique les rapports familiaux. Les pelouses sont sous contrôle. Le Psychotek recommande une séance de méditation.

  • La veuve d'un milliardaire américain achète la plume d'une autre pour vomir son passé, pour livrer, à rebours, le secret de ses fuites successives. Sa biographe ressasse une année de fêtes monotones, et mêle à son récit la chronique de ses vingt ans.
    Pas de sang, juste de l'encre. Pas de cadavre, mais une confidence à quatre mains, entièrement réversible. Un polar dont l'enjeu n'est pas l'identité de la criminelle, mais de la narratrice. Les preuves sont là. Il n'y a qu'à lire, avec précaution (lignes à haute tension - courant alternatif).

  • Sous le double regard de Vivian Maier et de Lorine Niedecker le poème est posé sur la table comme une caméra. Il tourne. Des personnages entrent. Des récits s'entremêlent où fiction et document tentent de rendre compte d'une plateforme hybride d'expériences. Ordinaire manière d'organiser le pessimisme en ce début de XXIe siècle.   L'annonce brutale de la mort de Chantal Akerman viendra tout autrement éclairer le décor mis en place et fera ressurgir le titre occulté, celui du premier long métrage de R.W. Fassbinder L'amour est plus froid que la mort.   La forme d'un film repose sur les scènes qui n'ont pas été tournées et qui doublent les autres. Par un simple déplacement, le sujet du lac devient celui de l'amour mort ou plus exactement mis à mort. Semblable au train, un titre peut en cacher un autre. Et avec lui un réservoir de souvenirs, leur amnésie.   Comment a-t-on survécu à un premier amour ?, serait alors la question.   En neuf photogrammes revisités dans le sublime film de Fassbinder (Héros du livre rejoignant les Dames du Lac) une tentative de réponse est apportée. Sur nous tous, le poème en sait plus long que nous. Et c'est bien parce qu'il brûle sur un monde dévasté que l'amour est plus froid que le lac.

  • Un état d'urgence

    Mathieu Bermann

    Louise, que la politique n'intéresse pas plus que cela, a malgré tout des convictions. Et voilà qu'elle tombe amoureuse d'un garçon, Maxence, qui en a d'autres qu'elle juge inadmissibles : il prétend qu'il votera Front National aux prochaines élections. L'histoire pourrait s'arrêter là, c'est une tentation ; mais aussi bien elle commence à ce moment précis. Jusqu'où peut-on aimer quelqu'un d'autre ?

  • L'état crépusculaire

    Rochelle Fack

    Il ne m'est jamais rien arrivé à cause des autres, non. Mais c'est à cette époque que j'ai senti que mon ennemie, c'était moi. Cela m'a procuré un sentiment de puissance et de grande liberté.

  • «Il écrirait donc une histoire où les deux personnages les plus importants seraient lui et Hélène et qui raconteraient ce qu'ils avaient vécu pendant les dix derniers mois qui venaient de s'écouler.
    Elle commencerait au moment même où ils s'étaient rencontrés, ou plutôt, puisqu'ils ne s'étaient pas vus pour la première fois en même temps, au moment où il l'avait vue pour la première fois, où elle avait été annoncée à lui par son ombre sur la photo, la photo du désert.
    Ainsi commencerait le livre, sur l'image même de ce qu'il y serait dit : que notre vie est pareille à celle d'un désert. Le désert où rien jamais ne change, que l'illusion du changement que la lumière et le vent y apportent en y faisant succéder des apparences.
    Si bien que les états illusoirement successifs du désert sont comme ceux de notre vie où le désir et l'amour nous sont donnés pour vent et pour lumière.»

  • - Tu crois que ça va être bien ? - Je ne sais pas. - Tu connais quelqu'un qui l'a fait ? - Pas vraiment. - Mais tu as envie ? - Je n'en sais rien. - Mais pourquoi tu es là alors ? - Parce que c'est la première fois.

  • Amours sur mesure

    Mathieu Bermann

    Le narrateur et ses amis aiment à tout-va. Lui vit avec Lisa depuis des années et il est aussi attiré par Valentin, croisé il y a peu dans un train ; ce qui ne l'empêche pas de rencontrer d'autres garçons. Il perçoit les nuances mais embrasse tout d'un même élan : amitié, flirt, affection, plan cul, fraternité élective - les entredeux lui plaisent assez. Mais n'est-ce pas un leurre que de voir l'amour partout ? Lisa, qui fréquente également quelqu'un, l'aime-t elle encore ? Et que dire de Valentin avec lequel il ne couche pas ? Le héros voudrait être certain des sentiments que lui portent les autres, certain aussi qu'il les aime de la bonne manière. Il est facile d'aimer et, tous comptes faits, pas si facile que ça.

  • En persan 'mille maisons' désigne le labyrinthe, cette étendue où issue et impasse se confondent ; le temps s'arrête, l'obscurité et la terreur s'installent. Et la moindre tache blanche évoque le soleil. Au temps des dictatures, Kaboul et l'Afghanistan tout entier n'étaient-ils pas cette étendue, ce labyrinthe?
    Cinq personnages pris dans la nasse essaient d'échapper à la terreur par l'ivresse ou la folie, par la mort, par l'amour.

  • Le premier amour, paraît-il, n'est jamais que le prélude de la première défaite. On aime, puis on souffre. On essaie de se souvenir pour ne pas vivre, puis on essaie d'oublier ? pour ne pas mourir. Mais il n'y a rien de tel qu'essayer d'oublier pour se souvenir, et rien de mieux qu'essayer de se souvenir pour réellement oublier.
    Ces quelques pages racontent l'histoire d'un jeune homme qui comprend, lentement, qu'après avoir aimé une première fois, après avoir une première fois souffert de n'être plus aimé, pour être heureux, il doit réussir à savourer la douleur et le bonheur en même temps, à chaque pas.
    Son chemin est long, plein de détours. Comment en serait-il autrement ? si l'on sait de quoi les premiers amours sont le prélude, on ignore toujours de quoi les premières défaites, à leur tour, peuvent être le commencement.

  • Techniques de l'amour

    Frédéric Boyer

    «J'ai cru très tôt à toutes ces choses qu'on raconte sur l'amour - en bien comme en mal. Mais sans jamais voir comment ni pourquoi. J'ai longtemps fait comme celui qui apprend par coeur la chose par son nom mais ne connaît rien de ce qu'elle est. J'ai cru que de nos corps pouvaient sortir l'enfer et le paradis. Mais une fois en enfer je me suis cru au paradis.»

  • "J'ai retrouvé cette image en noir et blanc, et je me demande ce que tu sais de moi. Et j'ai écrit ce récit, je crois qu'il en a été ainsi de nous. Peut-être."

  • «Tous les fils ne sont pas faits pour devenir des hommes.» Daniel a été adopté très jeune par une immigrée polonaise et son petit mari français. Fasciné par cette mère et sa plantureuse beauté rousse, il s'efforce à la fois de lui obéir et de lui ressembler : or si obéir à sa mère signifie être un homme, lui ressembler signifie être une vamp en guêpière. Pris entre ces exigences contradictoires, il renonce à la sincérité et relègue ses avatars féminins dans ses abysses personnels, ou encore, comme il le dit lui-même, dans une boîte de Pandore qu'il s'efforce de maintenir fermée. Avec l'entrée dans l'âge adulte, les choses s'arrangent un peu : il rencontre un homme qui devient à la fois son amant, son mentor et son employeur. Grâce à lui, il va se produire sur scène, travesti en femme, ce qui permet à sa vérité intime de sortir un peu, au moins à la nuit tombée...

  • Hors la loi

    René Belletto

    Une intrigue multiple (et pourtant une) consumée par un suspense de chaque phrase (de chaque mot) offre au lecteur en pâture et à foison de l'action («J'entendis alors une détonation sèche, pas très forte, et une petite parcelle de carrosserie vola en éclats tout près de ma tête : quelqu'un venait de me tirer dessus avec une arme à feu, j'en eus la certitude immédiate»), du mystère («Persone ne l'a approchée. Elle a disparu, elle était là et l'instant d'après elle n'était plus là»), du sexe («À cette fantasmagorie d'Irène se laisse aisément rattacher l'envie qu'elle eut alors que j'inondasse ses jolis seins de ma vénérienne expatriation»), du dépaysement («Il survolait les paysages roses et rouges de Nomen, la planète-geôlière, proie d'une tourmente immobile qui tenait la végétation courbée et figeait la mer écarlate et ses courants noirs, et où régnait un jour perpétuel»), diverses considérations sur le sens de la vie («On ne sait jamais ce que le passé nous réserve»), l'amitié complice du narrateur («La place de livraisons était libre, tentante, j'e m'y mis (oui, je m'y mis, je verrai plus tard si je conserve ce "m'y mis", là maintenant je suis trop agité par ce que je vais raconter pour m'arrêter et réfléchir»), du sexe encore (Le lit à une place, ch. 19), en un mot on peut faire confiance à Luis Archer (le narrateur) lorsqu'il affirme cinq lignes avant la fin de son incroyable aventure : «Je pense avoir tout dit».

  • Déplace le ciel

    Leslie Kaplan

    Pourquoi elles sont deux, dans Déplace le ciel? pourquoi la télévision?
    Et les animaux? pourquoi les animaux?
    Pourquoi elles parlent anglais?
    Et pourquoi elles rêvent tout le temps? oui, pourquoi les rêves?

    Déplace le ciel est une pièce sur l'amour,

  • Peut-on aimer deux personnes à la fois? La question est si simple et la réponse inévitablement si compliquée. Surtout lorsqu'elle n'est pas formulée par celui qui a doublement aimé mais par l'un de ceux qui devaient se contenter de la moitié d'un amour. Les quelques jours de ce voyage en Italie racontent ce qu'a vécu un homme qui n'était plus aimé qu'à moitié.

  • La bavarde

    Hortense Cornin

    Juliette est sensuelle, affectueuse (quoique malveillante, parfois), belle et sexy. Sur ces points, toutefois, d'autres jeunes femmes la concurrencent. Tandis que, comme bavarde, elle est au-dessus du lot. Rien ne séduit autant Timothée Chorial, sympathique trentenaire qui alterne les piges dans le journalisme et l'électricité. C'est comme si tout le corps de la jeune femme, ses cuisses, sa peau ne cessaient de lui dire : « Viens, viens, viens. » Juliette est distraite quand elle est amoureuse. Elle a oublié de jouer pour son cher neveu une combinaison du Loto gagnante. Comment l'aider quand c'est trop tard ? Timothée a une carte dans sa manche : Rhuni Dolmax, son ami d'enfance, est devenu président de la République du Wardas. Son pouvoir, certes, ne s'étend pas jusqu'au Loto français, mais rien n'interdit à Timothée de magouiller de son mieux, bavardant ici et là.

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