• Mais... mais qu'est-ce qui se passe, en ce moment ? Pome est d'une humeur terrible, Verte va s'enfermer dans sa chambre. On les connaît pourtant, cela ne leur ressemble pas du tout. Une crise d'adolescence ? Ce serait trop facile. La fatigue ? Certainement pas.
    Lorsque Pome revient des cours avec un bleu au visage, le doute n'est plus permis : quelque chose ne va pas. Depuis l'arrivée d'une nouvelle au collège, tout semble détraqué.
    Une nouvelle... quelle nouvelle ? Verte et Pome ne veulent absolument pas en parler. Dès que l'on prononce son nom, une scolopendre surgit !
    Et que fait la police dans ces cas-là ?
    Et que font les sorcières ?

  • La duchesse

    Danielle Steel

    Orpheline, trahie, mais déterminée...
    Après la mort de sa mère, Angélique Latham grandit au château de Belgrave, en Angleterre, au côté du duc de Westerfield, son père. Mais lorsque celui-ci disparaît à son tour, rien ne se passe comme prévu : sans scrupule, les demi-frères de la jeune fille lui refusent son héritage et la chassent du domaine. Angélique se retrouve livrée à elle-même avec pour seuls bagages sa grande beauté, son esprit vif et, for heureusement, un pécule mis de côté pour elle par le duc.
    La voici bientôt à Paris, où le hasard place sur sa route une prostituée, à qui elle vient en aide. Une rencontre décisive, qui entraîne Angélique sur des chemins inattendus, avec l'ouverture du Boudoir, une " maison de plaisirs " où se presse la bonne société. Dissimulant sa véritable identité, elle y devient " la Duchesse " et dirige l'établissement avec dignité et talent.
    Au coeur d'un XIXe siècle conservateur, le combat d'une femme libre pour survivre dans un monde fait pour et par les hommes...

  • Depuis la Seconde Guerre mondiale, le "réfugié" préfère en général l'appellation de "nouvel arrivant" ou d'"immigré", pour marquer un choix, afficher un optimisme hors pair vis-à-vis de sa nouvelle patrie. Il faut oublier le passé : sa langue, son métier ou, en l'occurrence, l'horreur des camps. Elle-même exilée aux États-Unis au moment où elle écrit ces lignes dans la langue de son pays d'adoption, Hannah Arendt exprime avec clarté la difficulté à évoquer ce passé tout récent, ce qui serait faire preuve d'un pessimisme inapproprié. Pas d'histoires d'enfance ou de fantômes donc, mais le regard rivé sur l'avenir. Mais aux yeux de ces optimistes affichés, la mort paraît bien plus douce que toutes les horreurs qu'ils ont traversées. Comme une garantie de liberté humaine.

    Née en 1906, Hannah Arendt fut l'élève de Jaspers et de Heidegger. Lors de la montée au pouvoir des nazis, elle quitte l'Allemagne et se réfugie eux Etats-Unis, où elle enseigne la thoérie politique. À travers ses essais, tels que La Condition de l'homme moderne, Les Origines du totalitarisme, Eichmann à Jérusalemou encore Le Système totalitaire, elle manifeste sa qualité d'analyste lucide de la société contemporaine. Elle meurt en 1975.

  • Dans Van Gogh le suicidé de la société, publié en 1947, Antonin Artaud fait de la violence de Van Gogh la réponse à l'obscénité haineuse du monde et des psychiatres ; de sa folie, une réponse de l'âme à l'imbecillité universelle qui lui souffle « Vous délirez ». Alors Van Gogh s'est tué parce qu'il ne pouvait pas tuer le psychiatre, le docteur Gachet. Il s'est tué parce qu'il ne pouvait plus supporter ce « délire » qu'on attachait à ses pas.
    « Je vois à l'heure où j'écris ces lignes, le visage rouge sanglant du peintre venir à moi, dans une muraille de tournesols éventrés, dans un formidable embrasement d'escarbilles d'hyacinthe opaque et d'herbages de lapis-lazuli.
    Tout cela, au milieu d'un bombardement comme météorique d'atomes qui se feraient voir grain à grain, preuve que Van Gogh a pensé ses toiles comme un peintre, certes, et uniquement comme un peintre, mais qui serait, par le fait même, un formidable musicien. »

  • Dans Le Silence des mots, le temps est comme suspendu. Dans cet arrêt devant le gouffre, le ressac de la mémoire se déploie autour d'êtres esseulés, des « déportés de l'intérieur ». Des échos du réel nous parviennent, un ballet d'ombres malmenées par les rues.Il y a aussi un désir intact : la lumière, une femme, l'odeur de la pluie. Ces moments ne sont suspendus que par les vers qui les retiennent, avant qu'un oubli effrayant et libérateur ne les avalent.Composés de strates de visions, d'inscriptions relevées, peut-être, au dos d'un livre ou sur un mur, ces poèmes sont autant de balises pour nous mener au-delà des « vérités avariées », des mensonges et des faux semblants.Cet exil ne cessera qu'au terme du livre, une fois passé derrière les mots. « On ne se sépare pas du rien. »

    Né en 1950, Gérard Berréby fonde les éditions Allia en 1982. En 1985, il établit l'édition des Documents relatifs à la fondation de l'Internationale situationniste puis publie les oeuvres de Leopardi, dont le Zibaldone. Il a publié trois recueils de poésies : Stations des profondeurs (2010), Joker & Mat (2016) et La Banlieue du monde (2019). Fin 2014, a paru Rien n'est fini, tout commence, volume d'entretiens avec Raoul Vaneigem. Gérard Berréby a également une activité de plasticien.

  • Les incasables

    Rachid Zerrouki

    " En enseignant en Segpa à des élèves âgés de 12 à 16 ans, je savais que je ne façonnerais pas des ingénieurs, des médecins ou des avocats, mais des manutentionnaires, carreleurs, tourneurs-fraiseurs ou professionnels de l'aide à domicile - des prolétaires sans qui tout s'effondrerait, mais que la société méprise, maltraite, sous-paye et exploite. En revanche, j'ignorais tout de ce que j'allais recevoir en retour : des leçons de vie en pagaille, des souvenirs impérissables et un sens à mon métier. "

    De 2016 à 2019, Rachid Zerrouki, connu sous le nom de Rachid l'instit sur Twitter, a été professeur à Marseille en Segpa, une section où se retrouvent les collégiens dont les difficultés scolaires sont trop graves et persistantes pour qu'ils suivent un cursus classique. Bien souvent, lorsqu'on recherche l'origine de ces difficultés, on découvre des drames, de la précarité, des vies marquées par l'adversité. Enseigner à ces élèves a entraîné Rachid Zerrouki à résoudre de nombreux dilemmes pédagogiques : ils ont les compétences pour lire La Sorcière de la rue Mouffetard et la maturité pour s'intéresser à Orgueil et Préjugés. Alors, que faire ? Insulter leur intelligence ou consumer leur confiance en eux ?
    En côtoyant au quotidien ces adolescents, Rachid Zerrouki a remis en cause sa formation et ses convictions. Dans ce livre d'une grande humanité, il dévoile son attachement envers l'école publique et partage tout ce que ces élèves lui ont appris.

  • Chez les Indiens Zapiros, gare à celui qui ne trouve pas les mots pour se défendre ! C'est le cas du jeune Tarir qui se fait traiter de mangeur de capincho, la pire des insultes chez les Zapiros, et qui encaisse en silence. Grave erreur. Ne rien dire, c'est laisser la rumeur se répandre, la calomnie s'abattre sur lui et son clan. Tarir devient alors un paria. Il doit fuir s'il ne veut pas mourir. Il peut aller mendier comme tant d'autres indiens à Los Blancos ou rejoindre les meurtriers, les sacrilèges dans la forêt du Pays mort...

  • La banlieue du monde Nouv.

    Dans ce recueil d'une centaine de courts poèmes en vers libres et au style acéré, Gérard Berréby aborde les grandes thématiques de notre temps : la nature et sa destruction par les hommes ou encore la rage politique contre une société aseptisée, société qui forme un homme nihiliste, cynique ou bêtement consommateur. Mais le passé, la mémoire et l'histoire affleurent eux aussi, et notamment à travers la thématique de l'exil. L'"anxiété du départ" hante ces vers comme un spectre menaçant. Puis, bientôt, les marges parviennent au centre. Des exclus de toutes sortes surgissent çà et là : drogués, migrants, mais aussi poètes et prophètes. Les vers de ce recueil sont peuplés de ces figures d'exilés, de corps et de coeur. Ce que l'auteur nomme "La Banlieue du monde". Parfois inspirés de faits divers, ces vers poussent également à une réflexion sur la langue, le langage et l'écriture, ainsi que sur la paralysie de la parole. L'homme contemporain se voit privé de l'imaginaire langagier ou oppressé par la langue du pouvoir. Quant à l'amour et à l'érotisme, ils distillent une once de clarté, introduisent quelques touches de lumière dans ce tableau plongé dans la pénombre. Leur rareté en décuple la force : une « aurore sans fin » serait-elle possible ?Parution en parallèle de Comme une neptune chez Art & Fiction à Lausanne.

    Né en 1950, Gérard Berréby fonde les éditions Allia en 1982, dont le catalogue compte aujourd'hui plus de 700 titres. En 1985, il établit l'édition des Documents relatifs à la fondation de l'Internationale situationniste puis publie les oeuvres de Leopardi, dont le Zibaldone. Il a publié deux recueils de poésies, Stations des profondeurs et Joker & Mat. Fin 2014, a paru Rien n'est fini, tout commence, volume d'entretiens avec Raoul Vaneigem. Gérard Berréby a également une activité de plasticien.

  • « Le meilleur ennemi de l'État, c'est la guerre. » Cet essai propose une réflexion novatrice sur la guerre. Pour Pierre Clastres, la guerre est une façon de repousser la fusion politique, et donc d'empêcher la menace d'une délégation de pouvoir menant aux dérives intrinsèquement liées à la trop grande taille d'une société. La guerre et l'institution étatique, posées dans une relation d'exclusion, chacun impliquant la négation de l'autre, se conditionnent donc mutuellement.

  • " Cher monsieur, Je me permets de vous écrire pour vous remercier. J'ai terminé votre enquête 80 % au bac. C'est un livre qui m'a à la fois ému (j'ai souvent eu les larmes aux yeux) et mis en colère (contre moi-même). C'est incroyable à quel point les vies que vous avez décrites ressemblent à la mienne... " C'est ainsi que débute la correspondance électronique entre le sociologue Stéphane Beaud auteur de 80% au bac et après ? et Younes Amrani l'un des lecteurs de son livre, un jeune homme de 28 ans, qui travaille comme emploi-jeune à la bibliothèque municipale d'une ville de la banlieue lyonnaise. Cette correspondance, qui va durer plus d'une année constitue un document exceptionnel sur les espoirs et les souffrances intimes des jeunes d'origine maghrébine. Les confidences de Younes en disent long sur le sentiment de non-reconnaissance et parfois d'abandon moral dont il souffre au quotidien. À travers ce dialogue amical surgissent peu à peu les différents aspects de l'histoire personnelle et familiale de Younes et les contradictions sociales qui le traversent.
    Ce témoignage peut ainsi aider à combattre la vision stéréotypée et réductrice du " jeune de banlieue ". Il fait émerger, à travers la figure de son principal protagoniste, des traits essentiels de la personnalité sociale de nombreux jeunes de cité : un esprit de révolte, l'envie de comprendre le monde social, le goût pour la politique, le sens de l'analyse. Bref, tout un " potentiel " pour réinstaller la gauche dans les cités.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2005.)

  • Juan est un jeune Mexicain qui vit seul au Texas avec sa soeur. Sans-papiers, mais promis à une belle carrière universitaire, il commet une imprudence administrative qui le contraint à fuir en Arizona... Perdu dans sa nouvelle vie, il s'interroge sur son avenir jusqu'à ce que sa route croise celle d'une femme sud-américaine à la recherche de sa fille, elle aussi clandestine, qui a été enlevée. Ensemble, ils retrouveront la jeune Carmen et la libéreront. Une étape dans sa reconstruction qui le conduira à retourner voir ses parents au Mexique afin de comprendre pourquoi ils les ont laissés, sa soeur et lui, seuls aux États-Unis. Une nouvelle aventure qui pourrait bien être la dernière !...

    Antoine Vigne est écrivain, historien et consultant dans le domaine culturel. Français, il vit depuis 20 ans à New York.

    Il est notamment l'auteur aux Éditions courtes et longues du très acclamé beau livre documentaire Les Erreurs dans l'architecture. Il est aussi l'auteur chez nous du Livre de l'espace, art et littérature de l'infini et co-auteur des Erreurs dans l'histoire du XXe siècle.

  • Bon, j'cris ce qui se passe dans mon service. Je travaille dans un appartement thrapeutique, rattach un hpital psychiatrique. On accueille des adolescents. Trs malades, souvent, dont personne ne veut. Qui en plus de leurs troubles psychiatriques, ont des troubles de l'attachement, des pathologies du lien. Alors a remue ! a remue les soignants. J'cris les souffrances de ces jeunes. La difficult de les soigner, de les accompagner ou tout simplement de rester l, avec eux. Je tente d'crire la complexit des relations avec eux et la complexit des effets sur les soignants et les relations des soignants entre eux. Je veux raconter ce que c'est, ce travail, leur vie. Je veux... Dire. Dcrire. Montrer. Tout. Le bon et le mauvais. Je voudrais que l'on pense davantage eux. Ces adolescents sont invisibles ou mconnus dans notre socit. Ou incompris. Terriblement vulnrables, fragiles, si prs de l'exclusion totale, ils sont la marge. la marge de notre pense, de nos yeux. Au coeur de mon coeur.

  • Oui, dès la petite enfance, l'art et la culture contribuent au bien-être, au bien vivre-ensemble, à la prévention des inégalités et des discriminations ! Éveil artistique, démocratisation de la culture et inclusion riment bien ensemble, comme le montrent les expériences des auteurs à la crèche, au centre social, en bibliothèque, à l'école maternelle, chez l'assistante maternelle, au pied d'immeubles, au fond d'une vallée...

    Des professionnelles de la petite enfance, des formatrices, des étudiantes, des lectrices, des artistes et des parents se mobilisent pour favoriser l'accès au beau, au patrimoine, à la création, au monde. Et cela, chez tout un chacun, les tout-petits, leurs familles - d'ici et d'ailleurs -, les personnes âgées aussi, les plus isolées, démunies, exclues. Pour davantage d'égalité et d'humanité partout, et en particulier dans les territoires parfois oubliés.

    Les expériences dont il est question dans cet ouvrage ont été présentée lors de deux journées d'études initiées par l'association Le Furet,
    l'une avec l'association LIRE à Paris et l'autre avec l'association CLEA.

  • Jacques Ellul, penseur indépendant, à l'écart des modes et des fausses querelles, internationalement connu, poursuit avec cet ouvrage paru à la fin de sa vie sa réflexion et son analyse de notre société technicienne foncièrement intolérante. Au-delà du juriste, du philosophe, du sociologue, du théologien, c'est plutôt l'homme qui bouscule ici les idées reçues concernant tous ceux qui dérangent l'ordre établi (délinquants, malades mentaux mais aussi chômeurs, personnes âgées et tous ceux qui ne veulent ou ne peuvent produire) et nous engage à changer le cours de choses et à réagir contre l'exclusion, la ségrégation de membres du corps social qui, de plus en plus nombreux, pourraient devenir majoritaires.  

  • Cadres dirigeants et opérationnels, managers et gestionnaires d'établissements de santé privés ou publics, vous devez chaque jour relever le même défi : allier qualité des soins et qualité de vie au travail, dans un contexte de rationalisation permanente des moyens.

    Si les établissements de santé sont de plus en plus performants, les patients mieux informés sont, quant à eux, plus exigeants et les soignants plus nombreux à souffrir d'épuisement professionnel.

    Les cadres, accaparés par les impératifs de la certification et le traitement de l'absentéisme, s'éloignent de leurs équipes et ressentent un véritable malaise.

    Inégalité dans l'accès et les offres de soins, désertification médicale, diminution des effectifs et des moyens alloués sont autant de symptômes préoccupants de notre système de santé.

    La nécessité d'un retour à l'équilibre pour les hôpitaux et le regroupement des établissements demandent de revisiter les modes d'organisation, les pratiques de management et d'oser appliquer de nouveaux outils de gestion.

    Cet ouvrage présente les techniques de management humanistes les plus adaptées au milieu de la santé en mettant la logistique au service de l'humain.

    Parce que c'est la logistique qui sert l'humain... et non l'inverse !

  • Une approche globale des médiations artistiques (art-thérapie et autres activités apparentées au soin), dans le champ de l'aide et du soutien des personnes en souffrance.

    On les nomme : ateliers thérapeutiques à médiation artistique, ateliers d'art thérapie, ateliers psychothérapeutiques médiatisés, ateliers d'expression créative, ateliers d'animation thérapeutique, etc. Est-on sûr de savoir et de comprendre, à partir de ces termes, quelle est la nature du travail engagé ? Quelle est la formation et la place des intervenants ? Quel dispositif est mis en oeuvre ? Quels en sont les objectifs ? Martine Colignon apporte des éléments de clarification salutaires.

  • Il est effronté, arrogant, manipulateur, incorrect, menaçant, tordu. Il est aussi caustique, brillant, un peu sexy et drôle. Il est perdu. Il peut devenir fou. Il, cest le héros de ce roman, fraîchement arrivé du Zimbabwe à Londres, quil surnomme Harare Nord, du nom de la capitale de son pays bien aimé. Après quelques semaines chez un cousin peu accueillant, il sinstalle dans un squat habité par quatre compatriotes, tous en quête dune vie à peu près décente. La plus jeune des quatre loue par exemple son bébé aux femmes qui cherchent un appartement auprès des services sociaux.

  • Qu'est-ce que s'orienter dans la pensée, quand c'est le réel de l'expérience psychanalytique qu'il est question de penser, dans ce livre, avec Lacan ?

    S'orienter dans la pensée, puisqu'au dire de Lacan nous pensons avec nos pieds, c'est marcher. Ce que pratiquait Aristote. Marcher, comme dit écrivant Madame Bovary Gustave Flaubert, droit sur un cheveu. Mais pour marcher droit sur un cheveu que faut-il savoir ? Il faut savoir se faire fourmi, comme celle que dessine Escher traçant sa piste sur la ligne plus mince qu'un cheveu du ruban de Möbius. C'est sur son grand huit que se lance la parole dans l'expérience analytique, au bord du trou de l'inconscient où penser c'est perdre le fil. 

    D'où le vertigo d'OEdipe sur le grand huit de la vérité. Giorgio de Chirico l'a bien compris : devant la sphinge aux yeux clos, OEdipe n'a plus sa tête. C'est sur ce mannequin métaphysique d'OEdipe que Freud a taillé sur mesure son complexe normatif. 

    C'est au-delà de l'OEdipe qu'avec Lacan (mais aussi Bataille, Blanchot et Beckett) nous avons à penser l'inconscient et le symptôme, la passe et le contrôle, la jouissance et la féminité, l'angoisse et la phobie, la tristesse vicieuse et le déchet, la ségrégation et les camps.

    M. B.

  • Si chacun convient que l'Ecole ne peut pas résoudre à elle seule tous les problèmes de la société, Sylvain Connac, en chercheur et en pédagogue, montre dans ce livre que l'enseignement peut lutter néanmoins contre toutes les formes d'exclusion qui gangrènent le
    lien social et compromettent l'avenir de nombreux enfants tout autant que notre avenir collectif.
    L'auteur tourne résolument le dos aux fausses solutions de la sélection précoce ou de l'externalisation des aides aux élèves. Tout au contraire, il propose de faire de l'hétérogénéité une richesse et d'investir la classe comme lieu possible d'une pédagogie authentiquement démocratique.
    Pour cela, il expose la « pédagogie du colibri » inspirée d'André de Peretti. C'est une pédagogie où chacun « fait sa part » en assumant délibérément une tension fondatrice entre la présence et la distance,
    l'engagement et la retenue, l'exercice de l'autorité et la promotion de l'autonomie. Dans la « pédagogie du colibri », le maître construit du collectif et encourage le travail personnel, il promeut un fonctionnement coopératif en interaction avec les plans de travail personnel, il programme rigoureusement son enseignement tout en étant attentif aux besoins de chacune et de chacun, il articule étroitement découverte et formalisation, tâtonnement expérimental et structuration des connaissances. Ainsi, la lutte contre l'exclusion ne relève plus de l'incantation : elle est à portée de main de tout enseignant.
    Remarquablement argumenté et informé, illustré d'exemples et de propositions concrètes, ce livre est, tout à la fois, une leçon d'optimisme éducatif et de créativité pédagogique.

  • Aujourdhui, deux catégories dêtres humains sont à fond de cale : les pauvres, quon proscrit au motif que les conditions de misère, dexclusion, dabsence de soins, etc., dans lesquelles on les place leur interdisent toute dignité dêtre humain, mais également les riches et les puissants qui, en senfermant dans une logique où les autres sont considérés comme des rivaux, se condamnent à vivre cette magnifique aventure de lexistence à la surface des réalités, dans la solitude et finalement le désespoir. »

  • Tarja

    Jean-Noël Sciarini

    Tarja n'est pas une jeune fille farouche. Délaissée par des parents trop occupés par leur vie professionnelle, anéantie par la mort de sa meilleure amie, Tarja est en recherche perpétuelle de tendresse et d'amour. Mais Tarja a tendance à confondre amour et coucherie et passe aux yeux de son lycée pour la fille facile, la « salope » de service. Sur Facebook, ses camarades s'en donnent à coeur joie. Quand elle tombe enceinte d'un de ses professeurs, tout le monde la cloue au pilori... D'une langue acérée et dans un style brut et épuré, Jean-Noël Sciarini nous livre une critique sans équivoque des réseaux sociaux qui peuvent en quelques clics détruire une vie, et un beau portrait de jeune fille de son temps dans une société bien pensante qui juge et condamne sans pitié.

  • Cet ouvrage, élaboré collectivement et avec la participation des enfants et des jeunes, propose une vision d'acteurs de la société civile pédagogique, panoptique et exhaustive pour servir de référence, non seulement à l'ONU, mais plus largement aux institutions publiques, aux organisations, associations et professionnels de l'enfance et à l'ensemble des citoyens, dans la perspective d'une amélioration effective de la situation de tous les enfants en France au regard de leurs droits.

  • Pourquoi la 'France plurielle" est-elle l'expression d'une fierté nationale lorsque le pays remporte la Coupe du monde de football puis celle, inquiète, d'un improbable accord sur le contenu de la nationalité française?
    La 'France plurielle' décrit le plus souvent : les difficultés d'intégration sociale et économique des immigrés, mais on ignore qu'à conditions sociales égales leurs enfants sont autant sinon plus diplômés que la moyenne ; des quartiers censés être des 'ghettos', mais on oublie que la mobilité sociale et résidentielle s'accroît au fil de l'intégration ; le 'communautarisme' de ces populations, mais l'on nie que la République a multiplié les promesses, non tenues, de lutte contre les discriminations ordinaires ; l'ignorance de la symbolique nationale par les jeunes générations, mais s'est-on soucié de leur exclusion du récit national qui peine à faire une juste part à la contribution des minorités au devenir de la Nation?

    Laetitia Van Eeckhout donne ici la mesure des défis lancés à la France d'aujourd'hui et les clés pour que le pays reconnaisse la richesse de sa pluralité.

  • La jeunesse française est coupée en deux, certains s'en sortent, d'autres non. Cette césure est le résultat d'un système social élitiste où l'école et le marché du travail servent de machines à trier. Au bout du compte, les plus faibles sont implacablement éliminés, tout en étant pratiquement exclus des aides sociales jusqu'à 25 ans. Mis à l'écart, ils tendent à déserter les urnes et à renier les fondements de la démocratie.

    Il est urgent de s'attaquer aux racines du mal : l'échec scolaire et les obstacles infranchissables que dresse le marché du travail devant ceux qui n'ont pas de diplôme. Il faut aussi faire sauter les verrous de notre système politique pour que les jeunes y trouvent leur place.
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    Mais en attendant, nous ne pouvons pas laisser tant de jeunes sur le bord de la route. Il y a des moyens de leur offrir, sans laxisme, une deuxième chance. Si nous continuons à ne rien faire, le risque d'une déflagration du pacte républicain grandira de jour en jour.

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