• L'expérience d'une pensée rigoureuse ne peut se faire par procuration.
    Il faut se ménager du temps, du loisir et de l'attention pour enfin penser par soi-même, sans maître, sans approximation, sans préjugé, sans précipitation. Ainsi l'expérience de pensée que nous présente Descartes dans les Méditations métaphysiques n'est-elle pas simplement un témoignage exemplaire. Elle décrit et met en scène les exercices de l'esprit nécessaires pour entamer un parcours philosophique.
    Comme l'écrit Husserl, ces méditations dessinent le prototype du genre de méditations nécessaires à tout philosophe qui commence son oeuvre, méditations qui seules peuvent donner naissance à une philosophie. Cette édition comprend une présentation, le texte français des six méditations éclairé par des notes de bas de page, une chronologie et une bibliographie.

  • Le secret du bonheur ? C'est ce que promet Épicure dans la Lettre à Ménécée. N'ayons peur ni des dieux, ni de la mort, ni de la douleur ou de la mauvaise fortune. Recherchons le plaisir, parce qu'il est conforme à la nature. Mais pour ce faire, nous devons nous libérer des idées fausses que produisent en nous les préjugés, les opinions courantes ou les croyances superstitieuses. Il faut donc recourir à la raison et à l'exercice pour suivre la nature. Telle est précisément la tâche de la philosophie : elle définit la discipline rationnelle nécessaire au bonheur. La Lettre à Ménécée, texte fondateur de l'épicurisme, exercera une influence décisive dans l'Antiquité comme dans la pensée moderne et contemporaine : sur le poète romain Lucrèce - qui fait l'objet de notre dossier -, mais aussi sur tous ceux qui revendiquent une éthique réconciliant le plaisir et la raison.

  • Il n'y avait à ce jour que deux traductions disponibles de la Métaphysique d'Aristote en français. Celle de Jules Barthélémy Saint-Hilaire date de 1878. Il est évident que depuis sa parution beaucoup de travaux en codicologie, en paléographie et en philosophie ont amélioré notre connaissance du texte et notre compréhension de son contenu. La seconde traduction, celle de Jules Tricot, a paru en 1933, puis a été plusieurs fois rééditée, en particulier en 1964. Le traducteur déclare lui-même avoir voulu «rendre la pensée d'Aristote» plutôt que de s'astreindre à «une exactitude littérale». La présente traduction suit une méthode exactement opposée : elle se conforme rigoureusement au texte grec, tel qu'il est transmis par les manuscrits les plus anciens, pour tenter de saisir la pensée d'Aristote. Il est clair que la tâche n'en est pas simplifiée. Cependant l'évolution des connaissances philologiques et philosophiques autant que les exigences actuelles en matière de traduction montrent l'utilité de proposer une nouvelle version d'un texte rarement traduit.

  • Rhétorique

    Aristote

    La Rhétorique est un texte fondateur à bien des égards. Outre l'intérêt capital qu'elle présente pour les spécialistes de la civilisation grecque antique, elle constitue une mine d'informations et de questionnements pour les théoriciens du langage, pour les historiens ou les praticiens de ce qu'on nomme aujourd'hui « communication ». Mais son intérêt est surtout philosophique. Reconnaître l'importance de la persuasion dans les rapports sociaux et politiques, comme alternative à la violence et pour satisfaire ce que l'homme a d'humain ; reconnaître dans la persuasion la présence incontournable de l'opinion (doxa), analyser ses mécanismes, y introduire de la rationalité sans ignorer ni ses pouvoirs ni ses prestiges, telle est l'entreprise de savoir, de lucidité et de progrès à laquelle nous convie Aristote. Qui nierait sa brûlante actualité ?

  • « N'êtes-vous pas monsieur Diderot ?
    - Oui, madame.
    - C'est donc vous qui ne croyez rien ?
    - Moi-même.
    - Cependant votre morale est d'un croyant.
    - Pourquoi non, quand il est honnête homme.
    - Et cette morale-là, vous la pratiquez ?
    - De mon mieux.
    - Quoi ! vous ne volez point, vous ne tuez point, vous ne pillez point ?
    - Très rarement.
    - Que gagnez-vous donc à ne pas croire ? »
    Ainsi commence le dialogue qui, dans l'Entretien d'un philosophe avec la Maréchale de ***, fait deviser aimablement le philosophe notoirement athée et la dévote mère de famille catholique. Les propos échangés abordent gaiement des thèmes essentiels. La morale peut-elle se concevoir indépendamment de la religion ? La croyance en un Dieu rémunérateur et vengeur est-elle indispensable à l'obéissance aux lois morales ? La religion est-elle un bien ? Est-on libre de croire ou de ne pas croire ?

  • A l'heure où ces lignes seront publiées, j'aurai trouvé en Dieu une nouvelle naissance.
    Pendant près de vingt ans, soeur Emmanuelle a rédigé ces Confessions d'une religieuse.
    Ce livre est ainsi le premier et le dernier qu'elle ait écrit. Le premier, car elle l'a débuté avant tous les autres, alors même qu'elle était encore en Égypte. Elle y est revenue cent fois ensuite, jusque dans les derniers mois de son existence, pour le reprendre, le corriger, l'enrichir. Le dernier, parce qu'elle l'a voulu posthume, afin de confier ici des choses qu'elle n'avait jamais dites auparavant - par pudeur naturellement, mais aussi par souci de rester libre.
    Quelle en est la signification ? Celle d'une quête de vérité. Soeur Emmanuelle a souhaité comprendre le cheminement de sa vie au travers des choix qu'elle a faits, des êtres qu'elle a rencontrés, de sa relation à un Dieu dont elle a passionnément aimé la pauvreté et la vulnérabilité. Elle a voulu retrouver, selon son expression fétiche, la nudité de l'être qu'elle a été, dans ses attentes, ses échecs et ses luttes.
    Quand est dite la vérité nue sur l'homme, Dieu apparaît toujours en filigrane. Je veux ici, une dernière fois, confesser la foi en l'homme et la foi en Dieu qui ont soulevé toute ma vie. Je le crois : du creuset de la mort, jaillit la résurrection.
    Les droits d'auteur de cet ouvrage sont versés à Asmae - Association Soeur Emmanuelle chargée de poursuivre son oeuvre humanitaire en France et dans les pays du Sud.

  • Ce ouvrage occupe une place à part dans l'oeuvre d'Aristote, aussi bien par sa forme que par son contenu puisqu'il aborde à la fois des domaines aussi variés que l'astronomie, la géographie, la physique, la géométrie, l'optique, la géologie, la sismologie, la volcanolgie, la chimie et la météorologie en tant que prévision du temps.

  • Avec Les Confessions, le moi fait son apparition dans la philosophie, la littérature et la spiritualité occidentales : dans une confession qui est tout à la fois aveu, louange et profession de foi, Augustin fait l'expérience de l'intériorité. Dans le livre X, il refait le parcours de sa conversion, intellectuelle (livre VII) puis morale (livre VIII) : un mouvement théorétique (qui suis-je ?) est suivi par un examen de conscience (suis-je pécheur ?). Mais l'introspection ne se réduit pas à la quête de soi d'un individu désireux de s'appréhender dans son unicité et sa subjectivité : c'est bel et bien une quête de Dieu, au cours de laquelle Augustin gravit l'échelle des facultés de son moi (âme, esprit, mémoire) jusqu'à la trace que Dieu a laissée en lui, l'amour naturel qui le porte vers Dieu. Derrière les énigmes du moi se profilent les mystères de la foi.

  • Élever la diversité au rang de concept philosophique pour échapper à ce qu'a trop souvent de confus et d'idéologique le débat en cours, aussi bien en France qu'en Amérique du Nord : tel est l'objectif de ce livre, dont l'enjeu est bien de savoir "comment vivre ensemble avec nos différences" culturelles, religieuses, ethniques ou sexuées. Alain Renaut montre de quelle manière la notion de diversité, jusqu'ici peu précise, s'est construite sur fond de repentance de la conscience moderne à l'égard de l'assimilationnisme colonial. Questionnant un idéal républicain trop souvent enclin à identifier comme "meurtrière" toute valorisation de la diversité humaine, il renouvelle la discussion politique et éthique sur l'universalisme. L'exploration de ces paramètres complexes de la diversité que sont la culture et la sexualité ouvre ici sur un "humanisme de la diversité" réconciliant la représentation de l'autre comme un semblable et la perception du divers comme une richesse. Ni retour à un humanisme abstrait, ni culte d'une diversité fermée à l'universel. Dialoguant avec Édouard Glissant sur la créolisation des cultures ; discutant, chez Judith Butler notamment, les éloges les plus extrêmes du divers comme tel, Alain Renaut mène ici une enquête intellectuelle aussi claire que vigoureuse : "Jusqu'où le discours identitaire et celui de l'appartenance à une culture ou à un groupe quelconque peut-il se déployer au sein des démocraties modernes sans assigner aux individus des identités semblables à celles qui caractérisaient les sociétés traditionnelles et sans le risque d'un "ré-enracinement" en des lieux et en des histoires dont ils voudraient, en tant qu'individus, s'arracher ?"

  • Autobiographie du nain issu d'une famille de la petite noblesse polonaise qui vécut dans les cours impériales et royales de l'Europe du XVIIIe siècle et qui fut à la fois célèbre pour ses difformités et sa conversation. Il raconte ses efforts pour gagner sa vie, sa vie amoureuse, ses succès dans les salons, etc.

  • Sorti en 2005, le film Le Cauchemar de Darwin accède immédiatement au statut de monument du cinéma documentaire. Il révèle un trafic monstrueux, sacrilège : les avions qui viennent chercher la perche du Nil, poisson abondamment pêché dans le Lac Victoria, arrivent en Tanzanie chargés d'armes destinées à «alimenter» les conflits locaux. L'obscénité du dépeçage de l'Afrique par les pays du Nord éclate au grand jour. Début 2006, une étude de François Garçon paraît dans la revue Les Temps modernes : Hubert Sauper, le réalisateur, aurait instruit uniquement à charge. Suit une polémique virulente qui décide plusieurs journaux à envoyer des reporters sur les lieux du tournage. Le caractère problématique de la démonstration du cinéaste se voit confirmé. Cet ouvrage nous offre un formidable décryptage de la puissance de l'image, allié à une réflexion politique et esthétique plus que jamais nécessaire. Tous les moyens seraient donc bons pour servir n'importe quelle cause supposée bonne ? Ce livre refuse ce bien curieux postulat et nous apporte une autre vision du fonctionnement de la globalisation dans cette région de l'Afrique, nettement plus complexe, moins cauchemardesque aussi.

empty