• Tomates

    Nathalie Quintane

    "En tant qu'enseignante, j'étais satisfaite. En tant qu'écrivain, je rechignais pour la forme. En tant que rien de spécial, je pensais pan dans les dents."

  • Les pauvres et les classes supérieures ont profondément changé : les premiers ont été transformés en une foule semi-clandestine ; les secondes, en roue libre, se sont mises à enfourner et recracher du fric comme un distributeur détraqué. Alors que tout autour est dans le Zola ou dans le Barbara Cartland, le milieu du tableau continue à avancer prudemment en plein ciel après avoir perdu le contact avec la planète. Et si les classes moyennes étaient les seuls et véritables ennemis de la démocratie ?...

  • "Bergen, Berlin, Rio, Paris - et la province française. Des gens s'assemblent, discutent, écrivent sur des murs, certains tapent dans des vitrines.
    En échange, on leur tape dessus, on les convoque au tribunal et, à l'occasion, on leur ôte un oeil.
    C'est la vie démocratique.
    Alors, je me suis dit : Tiens, et si, pour une fois, je sortais un pavé ?"

  • Crâne chaud

    Nathalie Quintane

    La littérature pas plus que la philosophie ne sont déprofessionnalisées, pas plus que la connaissance sexuelle : si la connaissance sexuelle étaient enfin totalement déprofessionnalisée, Brigitte ne s'acharnerait pas deux heures par jour tous les jours sauf le week-end. Oui mais la littérature peut être lue par tous et non par un, et tous écoutent l'émission et comprennent.

    Crâne chaud parle d'amour, non au sens de j'aime les vacances ou j'aime mon chat, mais au sens plus précis de sentiment sexuel.

    Comme le genre n'est jamais simple à dire, on pourrait avancer que ce livre est une fantaisie, ou plutôt une fantaisie réaliste, ou encore une fantaisie réaliste critique.

  • Chaussure

    Nathalie Quintane

    Chaussure n'est pas un livre qui, sous couvert de chaussure, parle de bateaux, de boudin, de darwinisme, ou de nos amours enfantines. Chaussure parle vraiment de chaussure.
    Chaussure ne résulte pas d'un pari ; il ne présente aucune prouesse technique, ou rhétorique. Il n'est pas particulièrement pauvre, ni précisément riche, ni modeste, ni même banal. Ce n'était pas un projet, mais ce n'est pas un brouillon, mais il n'a pas encore trouvé sa fin.
    Chaussure s'est gorgé de tout ce qu'il a croisé sur son parcours : des patins, des chaussons d'escalade, un homme avançant en palmes sur la plage, Socrate nu-pieds dans Athènes, Caligula, Imelda Marcos (bien sûr), la Transcaucasie, l'invention de la chaussure, le squelette du pied, la terre qu'on foule etc, et il l'a rendu.
    Bref, c'est un livre de poésie pas spécialement poétique, de celle (la poésie) qui ne se force pas.

  • Des morts ont parlé.
    Dexcellents médiums ont rapporté leurs paroles.
    Ce livre prend leur relais.

  • Cavale

    Nathalie Quintane

    Ayant tué à coup de boule de bowling un touriste russe, le narrateur décide de fuir à vélo les bords pollués du lac Salton... De la Californie du Sud à la Lost Coast, via... la forêt de Compiègne, il rencontre une série de personnages loghorréiques et plus ou moins affamés - le contre-rhétoriqueur paranoïaque, la jardinière égarée, le collectionneur de petits cyclistes, un pêcheur (curieusement silencieux), un dominicain vulgaire, un Canadien sympathique... et même Jeanne Hachette. En faisant irruption, ils viennent sans cesse trouer la cavale du héros - et la cavale du roman vers sa fin. Roman excentré, qui propose d'emblée au lecteur 21 manières de se commencer - 21 débuts qui seront la réserve théorique et pratique du livre -, Cavale est le devisement d'un monde flottant, fait à une époque «assez désagréable», par un narrateur douteux.

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