• Depuis toujours, Didier Blonde collectionne dans un carnet les adresses et numéros de téléphone des personnages de romans qu'il croise au fil de ses lectures.
    Le présent livre les rassemble par ordre alphabétique (Mme Arnoux, la Dame aux camélias, Arsène Lupin, le commissaire Maigret, Benjamin Malaussène, Nana, Swann... ), avec les adresses où ils résident, transitent, se cachent, ou finissent tranquillement leurs jours. Didier Blonde a mené à chaque fois une enquête de terrain et dans les archives, qui permet d'interroger la part de
    fiction que revêtent ces lieux : munéros inexistants, immeubles détruits, rues fictives ou disparues, autant de passages dérobés... D'autres histoires se dissimulent parfois à des numéros cryptés.
    Sous la forme d'une promenade dans Paris, Didier Blonde déploie, en
    préambule de son répertoire, une réflexion sur les adresses en littérature et la rêverie qu'elles suscitent immanquablement.
    Des index par arrondissements et par rues cartographient ce Paris romanesque.

  • Leïlah Mahi 1932

    Didier Blonde

    "Tout paraissait étrange en elle. Ses grands yeux qui brillaient d'un éclat hypnotique, celui de la passion ou de la folie. Sa pose de femme fatale, provocante, à moitié découverte, presque indécente dans cette nécropole. L'absence de date de naissance. D'où venait-elle ? Comment avait-elle fini ?"

    Au Père-Lachaise, le narrateur découvre sur une plaque funéraire une photo d'une femme énigmatique, coiffée d'un turban. Obsédé par cette vision, il décide de retrouver sa trace.

  • J'entre dans un café comme dans un roman. J'attends une surprise, quelque chose de nouveau. Qui m'attire - ou me repousse. Chaque salle a son registre, qui tient à son atmosphère, son style, son rythme, comme une petite musique, son décor, sa disposition, sa
    lumière, éblouissante, tamisée, froide, une manière dont les voix se posent, avec ses personnages, épisodiques ou périodiques, que je pourrais retrouver d'un jour sur l'autre.

    Modernes ou désuets, les cafés sont un élément incontournable du décor parisien. Ils sont aussi des théâtres où se jouent à tous les instants des scènes de la vie quotidienne : rencontres fortuites ou programmées, retrouvailles ou séparations, dans la solitude ou la foule... Assis à une table de café, Didier Blonde observe et croque en de délicieuses anecdotes, avec beaucoup d'empathie et de délicatesse, un monde en perpétuel mouvement. Célébration de plaisirs minuscules et subtil autoportrait.

  • Le figurant

    Didier Blonde

    À dix-neuf ans, le narrateur a rencontré Judith sur le tournage de Baisers volés de François Truffaut où ils étaient tous les deux figurants. Quarante-cinq ans plus tard, il cherche à savoir ce qui s'est passé ces jours-là et ce qu'elle est devenue. L'enquête dans laquelle il se lance lui fait traverser un Paris peuplé de fantômes, où ce qui reste du décor et des coulisses du film ne coïncide pas toujours avec ses souvenirs ni avec la réalité.

    Quelles traces a laissées leur brève histoire ? Sommes-nous les acteurs de notre propre vie ou de simples passants? se demande Didier Blonde tout au long de ce roman tissé de réminiscences d'un temps aujourd'hui enfui.

  • L'inconnue de la Seine, personnage aussi captivant qu'énigmatique, serait une jeune femme retrouvée noyée en 1901. Sa beauté fascinante lui valut l'honneur d'un masque mortuaire en plâtre, reproduit à des milliers d'exemplaires et aujourd'hui toujours disponible. Vraie noyée, ou faux fabriqué par un mouleur astucieux à partir d'un modèle vivant ? Autour de celle que l'on appela aussi la vierge du canal de l'Ourcq, car même le lieu de la découverte reste mystérieux, s'est édifiée une légende romantique qui n'a cessé d'inspirer poètes et écrivains, de Maurice Blanchot à Céline, de Jules Supervielle à Nabokov et d'Anaïs Nin à Rilke. Dans la vision romanesque de Didier Blonde, le narrateur, marqué par un deuil récent, mène l'enquête sur ce moulage dans lequel il croît reconnaître le visage d'une femme qu'il a aimée. Enquête
    qui va le promener dans le Paris de l'époque, dans son obsession de retrouver le personnage réel derrière la figure anonyme. Car la clé de l'énigme se cache-t elle dans les registres de la morgue conservés aux archives de la police, ou dans des textes méconnus recueillis par la Bibliothèque Nationale, rue de Richelieu ? C'est là, en tout cas, qu'il va rencontrer une jeune universitaire, bien vivante, elle; dont l'image va progressivement s'imposer dans l'esprit du narrateur en lieu et place de celle qu'Aragon appelait la Joconde du suicide.

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