• Comète et Perdrix est le récit d'une histoire incroyable, celle du kidnapping de deux enfants juifs, Robert et Gérald Finaly, par une résistante catholique, Antoinette Brun qui les a cachés jusqu'en 1953.

    Il s'agit pour Marie Cosnay à la fois de s'approcher de la vérité au moyen de la littérature et d'explorer les mécanismes qui ont conduit à cette situation. Car cette histoire en convoque d'autres, celles de la frontière, le col de Perdrix, et celles de ceux qui la traversent, et avec elles toute une constellation de personnages dont les décisions, convictions ont mené à ce kidnapping. En explorant cette affaire par le biais de la constellation de personnages qui y sont liés, Marie fait de cette matière historique une enquête et un passionnant roman d'espionnage.

    Marie Cosnay (née en 1965 à Bayonne) est professeure de Lettres classiques, traductrice de textes antiques, écrivaine et activiste pour l'accueil des migrants. Elle vit à Bayonne.
    Elle a récemment publié Voir venir (avec Mathieu Potte-Bonneville, Stock, 2019) et Les Enfants de l'aurore (Fayard 2019). Les Éditions de l'Ogre ont également publié Cordelia la Guerre (2015) Aquerò (2017), Épopée (2018) et If (2020), ainsi que sa traduction remarquée des Métamorphoses d'Ovide (2017).

  • If

    Marie Cosnay

    "J'avais dix ans, je lisais Le Comte de Monte Cristo, il y était question des fils qui payent pour les pères, des fils qui payent éternellement, les fils des pères qui avaient fait les salauds payaient, tout jeunes les fils pouvaient en mourir, c'est ce qui arrivait au petit Villefort, il mourait empoisonné, les familles s'empoisonnaient"

    Marie Cosnay vit à Bayonne dans le Pays basque, est écrivaine, traductrice de textes antiques, et tient des chroniques sur le blog Médiapart. Elle à récemment publié Éléphantesque (Cheyne, 2018) et Les enfants de l'aurore (Fayard 2018). Les Éditions de l'Ogre ont également publié Cordelia la Guerre (2015), Aquerò (2017) et Épopée (2018).
    Elle a reçu le Prix Nelly Sachs et le Prix Bernard Hoepffner pour sa traduction remarquée des Métamorphoses d'Ovide (Ogre, 2017).

  • épopée

    Marie Cosnay

    C'est pas parce qu'on est flic qu'on comprend quelque chose au monde comme il va ou ne va plus du tout. Si on a encore un peu chaud, c'est qu'on se tient chaud. Dehors, vastes plaines et vent sifflant. Le ciel est froid comme la terre, entre les deux vont des flocons en rafale. On se juche les uns sur les chaises, les uns sur les épaules des autres pour apercevoir la lamelle d'un croissant de lune à peine moins blanche que le blanc d'autour. Le bruit d'un moteur dans l'air, le bruit est toute l'affaire, le bruit d'un avion perdu dans les airs enneigés comme des plaines. Le bruit d'un avion qui au-dessus de nous tourne en aveugle. Si on a encore un peu chaud c'est qu'on se tient au chaud.

    Marie Cosnay vit à Bayonne dans le Pays basque, elle est écrivaine et traductrice de textes antiques. Elle a récemment publié Vie de HB, Sanza Lettere, et Le Fils de Judith. Les Éditions de l'Ogre ont également publié Cordelia la Guerre en 2015 et Aquerò en 2017. Elle a consacré plus de dix ans à une traduction des Métamorphoses d'Ovide (Ogre 2017) qui à été récompensée par deux grand prix de traduction : le Prix Nelly Sachs et le prix Bernard Hoepffner.

  • Cordélia la Guerre

    Marie Cosnay

    « Elle est soleil et pluie et autre chose, c'est la toute-puissante Cordelia qui réunit la pluie que porte les héros sur leurs épaules (qu'on voit, par exemple, enfourcher des chevaux blancs et galoper dans les nuits d'inondation) et le soleil que portent les mêmes une autre fois (canicule, fardeau saignant et adoré), elle est la toute-puissante qu'on ne regarde ni de face ni de près, elle est celle qui ne dit mot puis pleure puis dit père, comme un caillou.
    Qui rencontre des hiboux poignardés dans les forêts aux troncs des arbres.
    Il y a autre chose.
    Elle dit autre chose.
    Elle dit : femmes, femmes, mes soeurs.
    Elle est toute blonde, porte un corsage décolleté et une robe blanche, Cordelia qui avance dans les forêts touffues accompagnée d'hommes d'armes, quand elle pleure ses larmes sont des diamants et ses sourires des perles ; une douleur comme la sienne. La femme sans honte et toute blanche dans la forêt qui bruit des armes des hommes soldats. La femme homme-soldat. »

    Marie Cosnay est née en 1965 à Bayonne. Elle est professeure de lettres classiques, traductrice de textes antiques, et écrivaine.

    Elle a publié des textes dans de nombreuses revues ainsi qu'aux éditions Cheyne, Verdier, Laurence Teper et Quidam. Elle publie également des livres sous la forme numérique chez Publie.net.

    Elle tient un blog sur le site d'information Médiapart qui témoigne de son engagement politique et de son expérience scolaire.

  • Ils sont deux, Rhésos et Memnon, des gosses encore, qui ont pris la route. Qui se souciera d'eux lorsqu'ils toucheront enfin au but  : Troie, ses rivages et sa plaine où les combats ont lieu, où leur vie débutera enfin, à moins qu'ils ne se précipitent vers leur mort  ? Ils ont arraché un adieu à leurs parents, ils devancent l'oracle qu'ils ont reçu. Troie les appelle. Là-bas, dans l'autre camp, un autre attend, Achille, qui ne veut pas entrer dans le jeu. Ulysse n'y peut rien, ni Nestor.
    Il y a plusieurs versions de l'histoire, qu'il faudra bien raconter. Raconter ces derniers venus, Rhésos, Achille et Memnon, enfants d'Eos, l'aurore, surgis juste avant le dénouement  : la guerre au grand jour.
    Il y a deux nuits, il y a deux camps, il y a un gamin qui veut se battre, Rhésos, et un qui ne veut pas se battre, Achille. Il y a deux bandes d'espions, quelques masques, deux fleuves, des bruits inquiétants, des feux de vigie, deux peaux de bêtes, des chevaux blancs rapides comme le vent.
     
    L'Iliade comme vous ne l'avez jamais lue.
     
     
    Marie Cosnay est écrivain. Elle est l'auteur d'une oeuvre littéraire nombreuse. Elle a donné une nouvelle traduction très remarquée des Métamorphoses d'Ovide (éditions de l'Ogre, 2017). Dernièrement elle a publié Épopée aux éditions de l'Ogre.

  • C'est un roman, le roman d'André, arrière-grand-père de la narratrice. André a connu les tranchées de la première guerre mondiale avant de devenir imprimeur du roi à Addis Abeba. La narratrice reconstitue, dans une suite de scènes frappantes, ce qui finit par former une histoire. Une histoire où les destins individuels rencontrent l'Histoire. "Un récit, cent fois entendu ou conté, lui manque s'il n'est pris en son commencement. Il ne reconnaît rien aux épisodes si manquent les premiers. Pour trouver un chemin, il fait les mêmes détours que par erreur une première fois. Tel était André "

  • Noces de Mantoue

    Marie Cosnay

    Une femme, dont le nom reste inconnu, marche et parle.
    Marche dans les montagnes, traverse les paysages des alpes et de l'italie. rejoint rémi au palais du té à mantoue, parle, ne cesse de raconter des histoires, des histoires dont il est difficile de savoir si elles ont vraiment eu lieu. des crimes parsèment le chemin et les récits de cette femme. après l'errance, après l'épuisement, on la fait rentrer "au lieu le plus clos de la ville". mais un cheval l'attend près du lac, un cheval grâce auquel, peut-être, fuir.

  • Une jeune femme, la narratrice, revient dans son ancienne maison, dans son ancien jardin, prendre des photos.
    Dans ce jardin où, il y a six ans, elle a surpris une " scène impossible ", qui reste une énigme pour elle. La narratrice a vu, mais elle ne sait pas ce qu'elle a vu. Alors elle cherche.

  • D'abord ce texte pour la beauté de sa prose.
    Beauté violente. Et tout ce qu'on y reconnaît du monde, le nôtre : la nuit sauvage des villes, les gares quand on en a perdu le nom, les bords d'autoroute et ces discussions face à face quand le lendemain les yeux qu'on revoit n'ont plus de nom ni de visage.
    J'ai souvent pensé au début du Bruit et la fureur, de Faulkner : Benjy voit et pense dans un temps simultané, juxtaposé, où tout se chavauche. Et qui pour ne pas savoir, même s'il faut s'en défendre pour que tienne la vie au quotidien, qu'il n'y a pas de vraie séparation entre le rêve et le réel ?
    Et qu'en tout cas c'est ici qu'elle surgit, la littérature, quand elle se saisit à bras le corps des lois du rêve et les contraint à la discipline narrative - on est dans le réel, et pourtant pas. Tout est cohérent à échelle de la phrase qu'on lit, mais s'engouffre à nouveau dans le cauchemar dès qu'on tourne le virage paragraphe.
    La littérature est hantée de ses fous. On peut les prendre rois, comme Lear, ou leur donner la simplicité de Wladimir et Estragon, dans En attendant Godot - les retours récurrents des personnages ici est la même.
    Dans ce texte, les lois du rêve contraignent l'errance dans les villes, et le réel. On a échangé ses noms, on a enterré des souvenirs, on porte des amours impossibles, on croise des enterreurs de morts. C'est donc un fou qui voit, qui parle ? Ou bien, ces narrateurs, la prison et la violence, l'exil, les ont-ils condamnés à cette vision décalée, parce qu'eux voient juste, mais qu'ils ne comprennent pas ce qu'a fait d'eux le monde ?
    Alors qu'on le lise dans l'abandon, ce magnifique texte lyrique de Marie Cosnay. Qu'on le lise pour toutes ce shistoires qui s'enchevêtrent, où on reconnaîtra vite les pistes. Laissons venir à nous la puissance de ces paysages à peine brossés, sitôt remplacés, tout est mobile, comme dans le rêve.
    Mais penser aussi au titre d'un de ses précédents livres, Déplacements : On a repris les grandes figures, de l'errance, de la violence imposée et subie, du rêve et de la folie, ça c'est le point fixe de la littérature. Mais voyez ce qui se recompose du monde autour de ce point fixe : ces errants dans les trains, ou au fond des villes, ces brûlés dedans qui passent toutes les frontières parce qu'ils ne connaissent plus les leurs, on sait leur existence.
    Alors le monde qui nous entoure, celui de l'exclusion, celui des trafics, de l'argent et de la violence, se réorganise en lent décor derrière. Il y a les mules qu'on force à passer les douanes l'estomac chargé de cocaïne ou de diamants, et parfois la poche crève. Alors, dans la puissance de l'évocation, nous nous retrouvons nus à même le monde que nous préférons ne pas voir, le nôtre cependant.
    Il y a une cohérence de fond entre ce récit tout de mirages et d'éclats, de glissements et de fulgurations, et le travail exact d'enregistrement auquel procède Marie Cosnay dans Quand les mots du récit... face aux centres de rétention.

    FB

  •  Les noms qu'ici on prononce sont les noms de révoltés, ou du moins qui n'ont pas hésité à l'opposition individuelle à un système qu'ils jugeaient coercitif.  On suit Courbet à sa sortie de prison, et on regarde quelle toile il peint. On est avec Jacques Reclus, qui eut dix-sept enfants, dont Élisée et Élie Reclus,  Mais on est aussi dans le sud-ouest français au temps de la guerre d'Espagne. Et on revient à la fin de la Commune, au mur des Fédérés.  À sa manière, et dans la force habituelle de sa prose, Marie Cosnay investit en romancière des instants précis du temps historique. On est sur les barricades, ou cachés au Père-Lachaise. Ce microscope, qui nous redonne les êtres tout entiers, permet qu'on glisse sur des personnages interpoés, qu'on passe presque sans rupture à la fiction.
    Ce texte magnifique est d'une actualité immédiate : pourquoi ne nous révoltons-nous pas ? Que devons-nous à ceux qui, avant nous, se sont révoltés ?
    Paru en mai 2012 aux éditions Quidam, voici sa première édition numérique. Un grand texte pour dire notre présent.
    FB

  • Le travail de Marie Cosnay et son implication citoyenne n'ont pas cessé de s'interpénétrer.
    Mais la littérature, c'est le lieu de l'expérience de la langue. Ce qui est haut, violent, et prfondément humain ici, c'est que la violence faite aux hommes, on se saisit de son instance de langue.
    Arrêtons, à force de nos propres mots - et ici, on convoquera quelques figures favirables, Foucault, Socrate, Mandelstam, Hannah Arendt - la machine à broyer par la langue, et la machine à dominer les hommes pourrait s'enrayer.
    Et ce n'est pas une mince machine. Nous vivons des temps sombres. On a osé instituer un ministère de l'identité nationale. On rémunère des fonctionnaires (qui font leur boulot, cette implication individuelle dans les rouages à moudre l'homme, comment se les rend-on supportables, quand on en participe ?), pour aller à la chasse (leur terme) aux hommes et femmes en situtation irrégulière, et les faire passer du centre de rétention à l'avion de la honte.
    Et on n'est pas à Paris : on est tout au bout de la France. Des Tribunaux comme celui-ci, il y en a dans toutes nos régions. Et les portraits de ces hommes et femmes, quand l'écrivain vient si assidûment aux séances qu'elle connaît par leur nom le responsable de la préfecture, les avocats et le procureur ou la juge, prennent une netteté qui tient seulement à la langue et son usage.
    L'an dernier, Marie Cosnay a fait paraître aux éditions Laurence Teper Entre chagrin et néant. Audiences d'étrangers, déjà une incursion dans la machinerie judiciaire autour des Centres de rétention. La fin des édition Laurence Teper fait que ce livre n'est plus disponible, alors qu'il nous est nécessaire.
    Le titre ici, Quand les mots du récit... on en vérifiera la pertinence à ces histoires qui s'échangent pour éviter l'expulsion humiliante, écrasante. Vous apprendrez au passage la différence entre l'OQTF (obligation de quitter le territoire français), et l'APRF (arrêté préfectoral de reconduite à la frontière) - mais les visages qu'ils concernent, vous les oublierez moins vite que les sigles.
    Nous sommes évidemment fier d'accueillir Marie Cosnay (magnifique aussi était son Déplacements, déjà chez Laurence Teper, mais nous accueillons Quand les mots du récit comme une présence nécessaire, une respiration pour nous-mêmes salubre. Cela s'appelle résister. Faites lire ce texte, largement, aidez-nous.

    FB

  •  L'engagement dans la langue, même dans le travail le plus contemporain, s'enracine dans ses strates profondes. Elles sont assez nombreuses pour chacun y trouve ses affinités, ses ateliers.
    Marie Cosnay, outre d'être l'écrivain qu'on connaît, traduit du grec et du latin. C'est là probablement que sa langue prend force, dans ces heures  où on se confronte aux vieux rythmes, aux grands mythes.
    A preuve qu'ici, il ne s'agit pas de proposer une ou des traductions. Le texte qui s'ancre dans "Les Phéniciennes" d'Euripide a pour titre "Pour du discours manqué". Le texte qui s'ancre dans "L'Énéide" de Virgine a pour titre "Pour du discours amoureux". Et le fragment traduit du "Roi Lear" de Shakespeare a pour titre "Pour le discours des fous".
    Alors, en présentant une traduction exigeante, commentée, d'Euripide, Virgile et Shakespeare, Marie Cosnay y inclut sa propre lecture. Ce qu'elle y cherche, ce qu'elle y trouve, et comment cela s'articule ou cogne au présent.  Dans Euripide, de prendre une ville et d'y imposr des lois. Dans Virgile, ce récit mère/fils, et ce qui s'y dit de la ville et des rêves. Et dans Shakespeare, l'ombre de la guerre.
    Ainsi la littérature semble un instant dévoiler, dans ce travail sur ces racines, les grandes directions et les grands rêves qui lui confèrent son excès pour le présent, nous ouvrent à notre propre écriture.
    FB  

  • « La question des frontières et de l'exil est la question cardinale de notre temps. »M. Potte-Bonneville
    « Il y a comme une addiction de l'accueil. Tu commences, tu ne peux plus arrêter. Parce que c'est immense, ce qu'il y a à faire. Parce que c'est une des conditions de l'hospitalité, l'inconditionnalité, l'immensité, l'illimité. »M. Cosnay
    Cette correspondance entre deux auteurs impliqués à titre personnel depuis plusieurs années dans l'accueil de migrants chez eux (à Paris et à Bayonne) est habitée par le pressentiment que nous sommes en train de vivre une catastrophe : celle d'une Europe « devenue criminelle », déployant une politique aussi absurde que cruelle en matière d'immigration, et laissant mourir des milliers de personnes dans l'indifférence quotidienne.
    Une politique hostile qui semble en contradiction avec les élans de celles et ceux qui, un peu partout, accueillent les personnes exilées sans conditionner leur hospitalité, et finissent par former des réseaux de liens et d'entraide. Une résistance dont il s'agirait aujourd'hui de faire entendre la voix.
    S'il alterne développements philosophiques et discussions politiques avec des passages poétiques et lyriques, ce texte est profondément ancré dans le réel. Les auteurs évoquent le parcours du combattant et les situations administratives kafkaïennes des nouveaux arrivants, mais également les aspects très concrets et pratiques de l'accueil de tous les jours. Y abondent récits, épisodes et anecdotes permettant d'entrevoir le quotidien (les difficultés, les découragements, mais aussi les joies) des accueillants et des accueillis.

  • Aquero

    Cosnay Marie

    "L'amie à qui j'ai dit : dis donc, je crois bien que j'ai vu quelque chose.
    Quelque chose ? Elle faisait semblant, comme ça. En fait elle comprenait.
    L'amie de confiance a dit : moi aussi j'ai vu, c'était beau.
    C'était qui chez toi ? Le Christ.Mais je suis myope.
    Si ça se trouve,c'était sa mère."

    Marie Cosnay vit à Bayonne dans le pays basque, elle est écrivaine et traductrice de texte antique. Elle a récemment publié Vie de HB, Sanza Lettere, et Le Fils de Judith. Les éditions de l'Ogre ont également publié Cordelia la Guerre en 2015.

  • Nous sommes parties au mois de juillet 2014 à Athènes dans le cadre d´une mission Stendhal. Pour Myrto, un retour au pays non natal. Nous avons arpenté la ville, nous avons saisi des images et quelques récits. Nous avons écrit à notre rythme, dans la grande chaleur qui m´allait bien. Au milieu des moustiques de la soirée, sur le balcon. Nous avions un titre en tête, au début : les doigts dans la crise. Myrto a dessiné. Nous avons marché dans les quartiers où les rideaux de fer sont baissés, à louer. Nous sommes allées voir la mer, nous avons lu dans une crique. Nous avons rencontré un épicier pakistanais qui ne connaissait ni week-end ni dimanche. Nous avons parlé à ceux qui ont voulu nous parler, psychiatres, psychologues, enseignants, informaticiens, bibliothécaires, journalistes, poètes. Parfois les langues se nouaient. Nous avons joint nos écrits et les dessins de Myrto. M. C.

  • C'est sans préméditation que les textes du présent numéro s'articulent autour d'un pôle d'attraction qui leur confère une certaine unité malgré leur grande diversité. Ainsi, le voyage initiatique, la transmutation et le déplacement identitaire sont présents dans les récits de Louis Hamelin et de Roland Bourneuf, sensibles dans les réflexions poétiques de Dominguo Cisneros, Guillaume Asselin, Roger Des Roches ou Cédric Demangeot ainsi que dans les proses de Marie Cosnay, Emmanuel Kattan et Jean-Claude Brochu, pour ne nommer que ceux-ci. La revue propose aussi un hommage à Robert Lepage en publiant son discours d'acceptation de la Médaille de l'Académie des lettres du Québec reçue l'automne dernier, texte précédé d'une synthèse de son oeuvre par André Ricard, directeur adjoint de la revue.

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